Sept interpellations en Haute-Loire et dans le Puy-de-Dôme après un guet-apens tendu à des jeunes du bassin du Puy
C’est un véritable guet-apens qui a été tendu à trois jeunes domiciliés dans le bassin ponot, dimanche 19 novembre. Ce jour-là, ils se rendent à Beaulieu, une petite commune près de Brassac-les-Mines (Puy-de-Dôme). Loïc (*) a rendez-vous à 15 h 30 pour voir une moto qu’il envisage d’acheter.
Visés par au moins deux coups de feuCela fait plusieurs semaines qu’il est en contact avec le vendeur auprès de qui il avait acheté un premier engin à Brioude, deux mois plus tôt. Le mis en cause et la victime se sont entendus sur le prix de vente de 1.100 euros, à payer en espèces. Loic prend la route, accompagné d’un copain et de sa petite amie. Le trio est bien loin de s’imaginer ce qui les attend sur place.
Le lieu de la transaction, indiqué par coordonnées GPS, est isolé, en bordure de l’Alagnon. « Quand nous sommes arrivés, il y avait quatre ou cinq hommes cagoulés qui nous attendaient. Deux étaient armés, l’un d’un revolver et l’autre d’un fusil de chasse. Ils nous ont dit de leur donner l’argent, sinon, ils allaient tirer. »
Loïc répond qu’il n’a rien sur lui. « Ils ont commencé à nous frapper, moi et mon ami. Je suis tombé au sol où j’ai reçu des coups de poing. » Les deux victimes parviennent à se relever et courent vers la voiture. Mais les individus cagoulés les poursuivent, les extirpent et les frappent à nouveau. Un premier coup de feu aurait été tiré dès ce moment-là.
La jeune femme, qui était restée dans la voiture, finit par s’enfermer à l’intérieur du véhicule avant de passer au volant et d’essayer de faire demi-tour. « Mon copain et moi, nous sommes partis en courant vers une maison pour trouver de l’aide, raconte Loïc. Un homme est sorti avec un fusil et a tiré en l’air pour tenter de les effrayer. »La roue de la voiture atteinte par un tir.Ce tir dissuasif a eu l’effet escompté, ou presque. Les agresseurs se sont éloignés en direction d’une passerelle qui enjambe la rivière. Mais l’un d’entre eux décide de faire à nouveau usage du fusil et aurait tiré au moins un coup de feu supplémentaire avant de quitter les lieux. « Ils étaient à environ 300 mètres de nous quand ils nous ont tirés dessus. » Une vitre arrière de la voiture a explosé et des impacts de plombs ont touché une jante. Les trois Altiligériens se sont vite retrouvés dans la voiture pour s’enfuir. Ils ont prévenu les gendarmes sur la route.
« Il faut être malade pour se comporter comme ça pour 1.000 euros »Les militaires n’ont pas perdu de temps et une heure après le guet-apens, plusieurs personnes ont été placées en garde à vue avant d’être remises en liberté. L’enquête conduite par la brigade de recherche d’Issoire, s’est ensuite élargie à d’autres personnes susceptibles d’être impliquées, à différents degrés de complicité.
Sept ont été interpellées ce jeudi 30 novembre entre 6 heures et 9 h 30 dans quatre communes différentes entre le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire, à l’occasion d’une vaste opération orchestrée par la compagnie de gendarmerie d’Issoire, impliquant une cinquantaine de militaires (dont un groupe du GIGN de Dijon, trois pelotons de surveillance et d’intervention du Puy-de-Dôme - Issoire, La Bourboule et Clermont-Ferrand -, deux équipes cynophiles, ainsi que des enquêteurs de la brigade de recherches d’Issoire et de plusieurs brigades territoriales). Le GIGN est intervenu à Sainte-Florine pour interpeller un couple. Les cinq autres suspects ont été arrêtés à Brassac-les-Mines, Lamontgie et Saint-Germain-Lembron. Ces personnes, âgées de 17 à 35 ans, ont toutes été placées en garde à vue. « Il s’agit à présent d’établir le rôle de chacun », indique le chef d’escadron Renaud Garcin, commandant de la compagnie de gendarmerie d’Issoire.
Les victimes se sont vues prescrire un arrêt de travail de 10 jours, pour les coups reçus mais aussi pour l’état de choc dans lequel elles se sont retrouvées. « Il faut être malade pour se comporter comme ça pour 1.000 euros. »
Céline Demars
(*) Le prénom a été changé afin de garantir l’anonymat des victimes.
