"Je rêve encore que j'ai oublié mes crampons !" : Dominique Rocheteau à cœur ouvert
Il en a fait la promesse dans la préface de son livre, nous “conter ses petites et grandes histoires, ces émotions partagées” qui demeurent une fois sa carrière de footballeur terminée. C’est donc sans ballon mais à cœur ouvert que Dominique Rocheteau s’est présenté à nous pour une interview “sentiments”.
Quelle a été votre plus grande joie sportive et personnelle ?
"La finale de Coupe d’Europe Saint-Etienne-Kiev, à 20 ans. On perd 2-0 à l’aller. Au retour, ont été les seuls à y croire, on fait 3-0. Je marque le troisième but. J’étais au bout du rouleau, blessé, je ne pouvais plus courir. Avec le but, j’ai oublié la douleur. Je me suis mis à galoper comme un lapin. Dans ma vie personnelle, je dirais la naissance de mes 4 enfants."
Votre plus grosse colère ?
"Je ne suis pas colérique. Sur le terrain, j’avais cette réputation de ne jamais répondre. Je crois que je me suis inspiré de mon père qui était d’un calme extrême. D’ailleurs, je trouve que le judo est une excellente école de la maîtrise. Je suis très admiratif de mes amis Thierry Rey et David Douillet.
Hors du terrain, à 15 ans, j'ai cassé le nez de mon meilleur ami lors d’une bagarre, je me suis juré de ne plus jamais me battre."
Votre coup de cœur ?
"Ce qui reste de ma carrière et de cette amitié indéfectible qui m’uni avec les anciens verts. Depuis 40 ans, on se réunit. On a tous été formés au club, c’est ce qui a fait notre force. On a vécu des choses extraordinaires avec l’amour du public. Tout était authentique. Plus intimement, j’ai beaucoup d’admiration pour ma maman qui a créé avec courage une équipe de foot féminine dans les années 60. Elles jouaient parfois contre des hommes et n’étaient pas très respectées. C'étaient des précurseuses."
Votre plus grande peur ?
"Mon cauchemar, c’est de ne pas pouvoir rentrer sur le terrain pour un grand match car j’ai oublié mes crampons. Je le fais encore aujourd’hui… (il rit) À la maison, je peux être chiant avec mes enfants, c’est le sujet qui m’angoisse le plus."
Votre plus grande surprise ?
"Zinedine Zidane entraîneur. C’est un timide comme moi et je ne le voyais pas aboyer sur les joueurs. C’est un leader sur le terrain mais un taiseux. J’ai été surpris qu’il fasse une aussi belle carrière de coach. Ma surprise plus personnelle, ça a été de vaincre mon stress, moi qui n’étais pas à l’aise devant les médias et de faire un film avec Maurice Pialat. Je me suis surpris. Les hommes évoluent…"
Votre plus grand regret ? "À l’époque, on ne partait pas à l’étranger, j’aurais adoré aller en Angleterre qui est pour moi le pays du foot. J’ai eu l’occasion à 31 ans, mais j’ai laissé passer le train. J’ai aussi le regret de ne pas avoir été musicien. J’ai essayé la batterie, la percu, l’harmonica… Et puis, la musique, on peut en jouer toute sa vie."
La passion de votre vie ?
"Je suis un grand passionné de musique, de cinéma, de peinture… Je suis fan des années 70-80, de rock californien, anglais, de reggae. J’ai eu l’occasion de rencontrer Bob Marley au Gabon. J’aime aussi Bashung, Hallyday que j’ai rencontré trois fois. Je suis autant passionné de foot que de rugby, je n’aime pas trop l’évolution du foot J’attends aussi avec impatience les JO de Paris. J’aimerais aller voir des épreuves."
Un petit mot sur le Clermont-Foot ?
"Je connais bien Pascal Gatien qui est de ma région. Il fait un super boulot avec un petit budget. Et tout cela dans une ville de rugby !"
Carole Eon
Dédicaces. Samedi 2 décembre, de 10 heures à 13 heures, Intermarché du Cendre, de 16 heures à 19 heures au Carrefour de Thiers.
