Aurillac plutôt à l'aise dans les starting blocks, stop ou encore contre Biarritz ?
C'est une constante. En dehors de la désillusion de Vannes que la suite de la saison des Bretons a permis un tantinet de relativiser, Aurillac sécurise ses matches à la maison. Même si le dernier a été (très) laborieux. Alors, le fait d'avoir débuté chacun de ces véritables blocs à domicile (*), a évidemment été un atout.
Pour autant, le fait de recevoir ne fait pas tout. C'est même souvent un aspect redouté par les équipes, qui aiment bien se déplacer quand sonne la reprise, histoire de finir de se régler avec moins de pression sur les épaules.
Alors, c'est peut-être aussi dans l'approche et la préparation de ces matches que le Stade a trouvé la bonne formule.
Avant Aurillac-Biarritz, l'Irlandais Eoghan Masterson sur deux nuages
Un peu plus de fraîcheur, et plus de temps devant soi"Quand on revient après une coupure, on a aussi deux ou trois jours de plus de préparation et un peu de confiance dans la semaine pour bien aborder le match", avance AJ Coertzen.
De fait, ce surplus de temps de travail à la disposition du staff et du groupe a montré ses effets. Particulièrement lorsqu'il a fallu recevoir Agen et Brive, avec une grosse dizaine de jours à chaque fois, alors que, contrairement à ce que le Stade connaît aujourd'hui au moment de recevoir Biarritz, il ne pouvait se prévaloir d'une dynamique aussi favorable que celle en cours (2 victoires et un nul sur le dernier bloc). Est-ce à dire qu'Aurillac est un gros diesel, qui a besoin de plus de temps pour être prêt ? Sur ce point, Tim Daniel se veut prudent.
"Non, je ne pense pas qu'on est en mode diesel. On l'a vu en allant chercher le nul à Provence, alors que c'était un match en milieu de bloc. Mais quand on revient avec de la fraîcheur et de l'enthousiasme après une coupure, ça permet de bosser et de gagner du temps pour travailler sur l'adversaire"
Des plans de jeu adaptés et bien exécutésCe temps long, malgré tout, est véritablement un atout dont le Stade parvient à se servir à fond. Les victoires contre Agen et Brive, où, en plus de l'engagement, Aurillac avait fait montre d'un plan de jeu parfaitement adapté à son adversaire, plaident en ce sens.
Est-ce parce qu'Aurillac a progressé dans sa lecture de ceux qui lui rendent visite à Jean-Alric ? Est-ce aussi parce que le groupe répond mieux et respecte davantage le plan de jeu, ou bien parce que le calendrier gruyère avec "beaucoup de stop and start" durant le Mondial a été bien digéré ? Sûrement un peu des trois.
Avant Aurillac-Brive, les deux clubs avaient opté pour la même stratégie. Mais c'est le Stade qui avait su imposer le tempo souhaité, notamment sur le jeu au pied, mieux maîtrisé. Photo Jérémie Fulleringer
Par ailleurs, comme tous ceux qui croisent sa route, le fait qu'Aurillac ait connu des blocs courts (seul le premier comptait 5 matches), permet d'avoir un précédent enchaînement de matches moins dense et donc plus rapide à analyser sur ce qui peut faire défaut ici ou là. Spécialement quand le chantier n'est pas colossal, mais avec des points précis, bien identifiés et donc plus simple à corriger.
Aurillac a su cibler ce qui lui manquait entre chaque blocPour celui qui débute avec la réception de Biarritz, c'est ainsi le jeu au sol qui a été particulièrement ciblé. "Quand on a deux ou trois jours de plus avant un match, comme c'est le cas ici, ça nous permet de travailler différemment. On a le temps, avec aussi l'historique des matches où on a eu des difficultés", développe Roméo Gontinéac.
À d'autres moments de ce début de saison, Aurillac avait ainsi mis un gros accent sur sa touche, qui a mis du temps à se régler, pour revenir à des standards plus conformes à ce qui était attendu. Ce fut ensuite le cas sur la discipline, un des bons points des trois derniers matches.
Alors que l'ultime bloc de 2023 sera le dernier de la saison à être aussi peu dense (Biarritz et Dax à domicile, entrecoupé du voyage à Montauban), bien attaquer cet enchaînement et rester sur la dynamique du dernier bloc est primordial.
Attention à 2024 qui offrira un autre type de calendrierCar 2024 verra un bloc de quatre matches pour attaquer, suivi de deux blocs de cinq, plus un dernier enchaînement de deux oppositions. Le tout avec une seule réception pour lancer ces paquets de rencontres. Le Stade aura alors moins de temps devant lui, à chaque fois, pour se remettre dans le bain, surtout qu'il aura usé plus d'énergie dans la séquence précédente.
Un écueil à gérer. Même si le fait d'avoir mis des points au chaud sur la première phase, tout en trouvant sa vitesse de croisière, peut permettre de mieux manœuvrer sur la phase retour. Ça commence par une réception de Biarritz bien négociée, vendredi 1er décembre, contre le BO.
Jean-Paul Cohade
(*) Le déplacement à Mont-de-Marsan était un "bloc" en soi, isolé entre deux coupures, et qui avait vu le Stade s'incliner lourdement contre des Montois pourtant pas transcendants, mais plus sobres et efficaces, et, surtout, qui n'avaient pas cumulé les cartons.
