Santé, enfance et économie : quels sont les projets menés par Ambert Livradois Forez à mi-mandat ?
Le 21 juillet 2020, Daniel Forestier devenait le deuxième président d’Ambert Livradois Forez, après la fusion difficile des sept communautés de communes du territoire survenue en 2017. À l’époque de son élection, le maire de Saint-Ferréol-des-Côtes expliquait vouloir "travailler pour le rassemblement, le consensus et avec toutes les collectivités". Alors au mi-mandat, quel bilan fait-il ?
Que retenez-vous de ces trois premières années en tant que président d’ALF ?
Qu’il faut composer avec un grand territoire qui abrite des bassins de populations différents. Il faut reconnaître que cela se passe bien grâce à la volonté d’une équipe dynamique qui porte les projets. Je pense au personnel de l’ensemble de nos structures. Il existe désormais un vrai sentiment d’appartenance à ALF sur le territoire, et finalement, nous nous rendons compte que cette diversité est une vraie richesse.
Parmi vos priorités en début de mandat, il y avait la volonté de réussir à repeupler le territoire. Où en êtes-vous ?
Notre objectif de maintenir et accueillir de nouveaux habitants sur le territoire est atteint. La Covid et la tendance des Français à revenir habiter à la campagne nous ont peut-être aidés, n’empêche qu’en 2018, on perdait 100 habitants par an et qu’aujourd’hui, on en a gagné deux.
Nous avons donc réussi à inverser la tendance en misant sur trois axes de travail pour rendre le territoire attractif : la santé, l’économie et l’enfance-jeunesse.
La garde d’enfants notamment est un véritable enjeu sur un territoire où il y a un gros manque…
Nous avons avancé sur le sujet. La nouvelle crèche de Saint-Anthème, qui compte 12 places, sera inaugurée en début d’année prochaine. Nous avons aussi créé cinq places dans la crèche d’Arlanc et une quinzaine dans l’accueil de loisirs de cette commune de près de 2.000 habitants. D’ici quelque temps, plus d’enfants pourront être accueillis sur le secteur de Marat-Vertolaye qui se développe notamment grâce à l’entreprise Euroapi et ces 1.000 salariés. Pour cela, l’accueil de loisirs sera installé à Marat et la crèche à Vertolaye.
Il a aussi fallu se concentrer sur les assistantes maternelles. Beaucoup sont parties à la retraite sans être remplacées, pourtant elles viennent en complémentarité des crèches grâce à leurs horaires flexibles et leur présence sur des territoires plus isolés. Nous avons déjà fait une campagne de communication, pour essayer d’impulser des vocations, mais ce n’est pas suffisant. Nous souhaitons mettre en place des aides financières au cours de l’année 2025 pour inciter à l’installation.
Vous parliez aussi de santé, tirez-vous un bilan positif de ces premières années ?
Comme partout ailleurs, nous faisons face à un manque de médecins sur notre territoire. Notre politique est donc de les attirer en créant des structures adaptées pour les accueillir dans des conditions idéales. Des espaces où ils peuvent partager, discuter, se sentir moins isolés.Nous avons donc participé à la création des maisons de santé d’Ambert, Olliergues, Arlanc. Nous abritons également un médecin dans notre espace France Services à Viverols et la commune de Cunlhat a aussi en projet de créer sa maison de santé, à laquelle nous contribuerons.À noter que nous avons aussi un Ehpad de proximité à Olliergues. Construit au début des années 2000, il compte 15 places et il faut préciser qu’il n’est pas déficitaire, contrairement à d’autres. Nous souhaitons entreprendre quelques travaux pour améliorer les conditions des résidents, notamment au niveau de l’accès et des salles communes. Nous aimerions aussi donner à la cuisine la possibilité de faire les repas pour l’Ehpad et aussi pour le portage sur la commune. Une initiative qui rejoint le projet "A table", visant à privilégier le "mieux manger" et le circuit court dans les établissements de la communauté de communes.
Voir cette publication sur InstagramSur le plan économique, ALF dispose-t-elle de suffisamment de place pour accueillir de nouvelles entreprises ?
Pour l’instant, les entreprises manquent de foncier. Pendant cette première partie de mandat, nous avons poursuivi notre projet de zone d’activités intercommunale Les Barthes à proximité d’Ambert et l’on pense commercialiser entre huit et neuf hectares de terrain d’ici 2025. Un autre espace sera commercialisé mi-2024 à Cunlhat (1,5 hectare).Nous nous penchons aussi sur les zones d’activités existantes à Saint-Anthème et Arlanc. Pour la dernière, nous avons pris contact avec la mairie, qui gère l’aménagement d’une zone où des entreprises se sont installées pour réorganiser le périmètre.
Où en êtes-vous sur les questions de mobilité ?
Depuis un an, Ambert Livradois Forez accompagne les usagers des routes vers des changements de modes de déplacements pour les trajets du quotidien. Une aide financière pouvant aller jusqu’à 300 € est proposée aux habitants du territoire pour l’acquisition d’un vélo à assistance électrique. C’est un tel succès que nous avons décidé de la prolonger sur l’année 2024.En parallèle, nous avons lancé le réseau ALFàBus en septembre, un transport à la demande de 11 lignes sur 58 communes du territoire desservies.
Une nouvelle solution mobilité sur le territoire d'Ambert
Quel projet souhaitez-vous voir aboutir dans les trois ans ?
Il y a le déménagement du siège de la communauté de communes pour améliorer notre fonctionnement et les conditions de travail de nos agents. Nous avons fait le choix politique d’intégrer l’ancien siège de la CCI. Le plus simple aurait été de construire du neuf, mais nous avons préféré préserver le patrimoine existant et la vitalité du centre-ville. Le bâtiment devrait être livré en septembre 2025.Nous sommes aussi engagés depuis deux ans sur la nouvelle compétence eau et assainissement qui nous reviendra en janvier 2026. C’est donc un enjeu de cette deuxième partie de mandat de travailler avec les communes, de rassembler les élus autour de la question. Nous avons fait appel à un bureau d’études, dans l’optique de proposer de l’eau pour tous et au prix le plus bas possible. Notre volonté est de garder une gestion publique.Enfin, nous poursuivrons la dynamique de territoire sur nos trois axes : la santé, l’économie et l’enfance, tout en continuant d’être une communauté de communes de services.
Budget maîtrisé. "Nous sommes de plus en plus une communauté de services et moins d’investissements."Projet "Mieux manger". "Nous avons monté ce projet avec les agriculteurs, producteurs et cuisiniers de la collectivité pour travailler autour du circuit court."Plus d’agriculteurs. "Nous avons noté l’augmentation de nos installations agricoles. Cela représente une centaine d’emplois supplémentaires par rapport à 2027"
Une communauté de services
Ambert Livradois Forez affiche clairement sa volonté d’être une communauté de communes qui rend service. Une priorité respectée pendant cette première partie de mandat.
Par quel biais rend-on service lorsque l’on est une communauté de communes ?
Par exemple, nous avons largement développé les maisons France Services sur le territoire. Aujourd’hui, il y en a trois : les deux historiques à Viverols et Cunlhat. Cette dernière a développé des antennes à Fournols et Saint-Germain-l’Herm. Il existe aussi un espace France Services itinérant sur la vallée de la Dore.Dans chacune d’elles, deux agents sont là pour accompagner les usagers sur leurs dossiers administratifs et on remarque un vrai besoin sur le territoire puisqu’on note 12.000 actes sur les trois premiers trimestres.À Ambert, nous expérimentons aussi un service d’aide aux démarches administratives depuis six mois. Il est installé au sein du CIAS et nous avons déjà relevé 2.000 actes. Chaque personne qui entre dans ces espaces ressort avec une réponse, on ne lui dira jamais "ce n’est pas nous".
Il y a aussi un service de portage de repas à domicile sur le territoire.
Oui. Nous comptabilisons 351 usagers en 2023, soit une hausse de 50 % en deux ans. Il a fallu harmoniser les services sur chaque territoire. La mise en place a duré un peu plus d’un an, mais nous commençons à trouver notre rythme et cela se passe bien.
Le 12 mai dernier, une station-service intercommunale a ouvert à hauteur de Marat. Jusque-là, il était impossible de faire le plein entre Ambert et Courpière, deux communes distantes de 40 km. Quels sont les premiers retours ? Ils sont positifs, car il y avait un vrai manque à cet endroit du territoire. La station est un service utile pour la population, et là encore, nous tenons nos engagements.
Propos recueillis par Angèle Broquère
