Avant Aurillac-Biarritz, l'Irlandais Eoghan Masterson sur deux nuages
C’est « une petite Frenchie » qui a pointé le bout de son nez, mardi 21 novembre, à l’hôpital d’Aurillac. Une petite « Frenchie » d’ascendance irlandaise, mais qui illumine un peu plus encore la lune de miel d’Eoghan Masterson avec sa ville et son pays d’adoption. « C’est Émilie, avec l’accent sur le “e” et “ie” à la fin », précise le 2e ou 3e ligne aurillacois, tout fier et évidemment encore sur son petit nuage après « le plus beau jour de sa vie ».
Une reprise en accord avec son épouse et le staffUn chamboulement, assurément. Un bonheur majuscule, accompagné « par toute l’équipe de l’hôpital d’Aurillac et des sages-femmes qui ont été incroyables », pour la petite Émilie, donc, et Lisa Masterson, qui laisseront Eoghan à disposition du Stade Aurillacois, après une réflexion conjointe, demain, pour la réception de Biarritz.
"On est rentré chez nous samedi, et j’ai beaucoup parlé avec Lisa, puis avec Roméo (Gontinéac) et Mathieu (Lescure). On a dit que si jamais il y avait le moindre problème, je ne retournais pas avec le groupe. Mais tout va bien."
« Je suis prêt à réintégrer le groupe. Je ne suis pas encore sûr de ce que seront les émotions avant le match, mais je suis super content », souffle l’Aurillacois.
Avant de préparer le rendez-vous sportif de demain, le joueur et le staff ont donc pris soin de ne rien brusquer, avec un retour à l’entraînement uniquement cette semaine, mais Eoghan Masterson l’assure : « Je suis concentré et prêt pour jouer mon meilleur match pour Émilie et Lisa ».
Rapidement devenu un rouage essentiel de l'équipe lors de la première saison, Eoghan Masterson surfe actuellement sur une bonne dynamique sportive. Photo Jérémie Fulleringer
Et un Masterson regonflé à bloc ne peut être que du pain bénit pour le Stade, qui sait ce qu’il doit à l’ancien joueur du Connacht sur le dernier bloc, puisque ce dernier a signé deux des trois seuls essais inscrits ces trois dernières semaines (contre Brive et Valence). Et encore, il avait été exempté du voyage à Aix pour des raisons évidentes vu le timing et la distance entre la Provence et Aurillac. Et c’est Margarit qui avait pris le relais du flanker pour l’essai inscrit à Maurice-David.
Comment Aurillac a évité une déconvenue contre Valence-Romans (11-10)
Un essai de trois-quarts pour deux essais d’avants, c’est plus ou moins le genre de ratio qu’il faut se préparer à connaître dans cet hiver désormais installé, et qui pourrait bien dicter le scénario de demain contre le BO, alors que le froid cantalien doit se mêler à la pluie irlandaise dans les 48 heures qui précèdent ce match. Pour un nouveau numéro de Masterson ?
Le collectif avant tout« Franchement, mes essais c’étaient ceux des avants. Contre Brive, c’est un petit lancement où tout le monde a un job bien spécifique, tout le monde le fait et moi, je suis juste là à la fin. Contre Valence, c’est un ballon porté, c’est grâce aux mecs qui font ce qu’il faut depuis le début et la touche. Moi, je suis juste derrière le maul. Ce n’est pas un essai comme AJ (Coertzen) qui peut effacer deux joueurs et courir sur 50 mètres », se marre le tout jeune père qui se garde bien de promettre des statistiques qui s’envoleraient soudainement.
Moi, je veux faire mon boulot pour l’équipe. Je ne marque pas beaucoup d’essais. L’an dernier, il n’y en avait eu qu’un. Peut-être être que là, c’est tout pour la saison. Mais je n’espère pas, hein (rires).
Eoghan Masterson n’aura pas besoin de marquer demain pour faire de cette fin novembre une sorte de Noël avant l’heure. Mais, probablement que porté par cette euphorie, l’Irlandais peut emmener derrière lui ses partenaires vers un succès qui rapprocherait le Stade d’un Noël au chaud. Ensuite, il pourra laisser ces derniers célébrer la troisième mi-temps sans lui. Pour aller se plonger dans les yeux d’Émilie.
Jean-Paul Cohade
