L'innocence revendiquée de la Cantalienne Malika M. dans son nouvel album
Double retour pour Malika Messaouidi. Sur sa terre natale, et dans les bacs, avec un nouvel album, Aventure. Originaire de Riom-ès-Montagnes, où elle avait « les clés de l’école de musique dans les années 1970 », l’artiste avait délaissé le Cantal pour la Belgique, ces quinze dernières années. Elle l’a redécouvert à la faveur d’une résidence d’artiste avec Euroculture en Pays Gentiane, voilà deux ans, à Saint-Etienne de Chomeil. « C’est là que j’ai mûri mon retour pour la France, et pour mon pays, je voulais revenir autour de mon puy Mary ».
RetrouvaillesCe sera à Murat, dont elle apprécie « la vie, l’ouverture », et où elle parachèvera son nouvel album, y écrivant son dernier titre, « Epris de toi ». Un disque tout en retrouvailles, donc, puisqu’il a été écrit « en collaboration avec une amie perdue de vue depuis longtemps, Nadia Abès. » Ensemble, elles ont construit un disque qui revendique son innocence, à tel point que sa pochette fait retomber en enfance.
Je m’attendais à ce qu’on le prenne pour un disque jeunesse, et peu importe. Je m’adresse aux parents mais aussi aux enfants, j’aimerais toucher les deux, et les enfants qui sommeillent dans les adultes. Comme faire comprendre aux plus jeunes qu’il faut qu’ils aient le courage d’être eux-mêmes. Alors on y est allé fond dans cet univers enfant, avec comme credo “même pas peur”. Je scande mon âme d’enfant même avec mes cheveux blancs.
RecherchesPour finir d’appuyer cet univers, cette artiste qui a plus d’un support à son arc a réalisé un clip en stop motion pour la chanson « Aventure ». Mais tout n’est pas qu’innocence, il y a aussi de la recherche dans ces sept titres. En particulier au niveau de la fréquence choisie. « Depuis le dix-neuvième siècle, la musique se joue à 440 hertz. Mais l’ordre des choses, la vraie fréquence naturelle, c’est 432 hertz. J’y suis revenu. C’est déstabilisant, pour les musiciens, pour moi, on a l’impression d’être un peu faux. Mais à l’écoute, il se passe quelque chose, un effet vibratoire, une chaleur, une ouverture, comme si elle nous reconnectait à la nature. »
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DiffusionUn pari audacieux mais cohérent pour celle qui croit aux muses comme au pouvoir de guérison de la musique, et de l’art en général. Musique dans laquelle elle cherche « un aspect méditatif. » Qu’elle entend propager au plus grand nombre. Via ce disque, en le partageant sur scène, comme avec des ateliers sur le stop motion qu’elle prépare avec le Fablab de Murat pour la médiathèque de Massiac. Ou des concerts en appartement, qu’elle aimerait développer. Entre autres projets qui vont fleurir. Avec patience car, comme elle le dit, « il faut s’accorder du temps pour trouver son idéal, comme pour s’accorder sur son idéal. » Le sien passe par la musique. Ici, désormais. Pour commander le disque : hopecreation.association@gmail.com.
Yann Bayssat
