Ce que d'anciens joueurs de Pierre-Henry Broncan (CA Brive) pensent de ses méthodes
Une dizaine de jours après avoir pris ses fonctions, Pierre-Henry Broncan va diriger son premier match sur le banc du CA Brive, ce vendredi soir face à Mont-de-Marsan. Comment fonctionne le nouveau manager sportif du CAB ? Pour le savoir, nous avons demandé à ceux qui l’ont pratiqué en tant que joueur.
Alexandre Barozzi l’a connu à ses débuts comme entraîneur. C’était du côté d’Auch, de 2007 à 2009. Et même si cela commence à dater, “Baro” se rappelle encore parfaitement de "l’entraîneur qui l’a marqué. C’est le meilleur tacticien et technicien que j’ai connu au cours de ma carrière", pose d’emblée l’ancien pilier, installé à Anglet.
"Sa spécificité ? Tout connaître sur l’adversaire, dans les moindres détails. Il nous donnait les clés pour tout anticiper aux quatre coins du terrain et cela se produisait. A l’entraînement, il entrait dans les détails, poussait le truc au maximum tout en parvenant à amener du ludique."
Et l’ancien joueur du CAB de souligner, aussi, les qualités humaines de Pierre-Henry Broncan. "Entre la descente en Pro D2 en 2008 et la saison compliquée qui a suivi, avec notamment des soucis financiers, on n’a jamais senti une pression démesurée de sa part. Il était proche du vestiaire et apprécié de nous."
Le Corrézien Thomas Combezou a, lui, vécu sous les ordres de “PHB” la renaissance du Castres Olympique entre 2020 et 2022. Pierre-Henry Broncan était dans le staff du CO depuis l’été 2020, quand il a été propulsé entraîneur principal en décembre de la même année.
"Quand il a pris le leadership, le jeu au pied de pression a vraiment été mis en avant""On était treizième quand il a pris les commandes. Pierre-Henry a amené un cadre rigoureux, de l’exigence. Il a remis le facteur sur le vélo. Il a été très clair dans ses choix, dans son style de jeu. Quand c’est clair, c’est efficace derrière" se remémore Thomas Combezou.
En quoi a consisté la patte Brocan au CO ? "On s’appuyait beaucoup sur le jeu de pression, le jeu d’occupation. On le faisait déjà avant lui, mais on avait tendance à perdre le fil à mesure qu’on avançait dans les matchs. Quand il a pris le leadership, le jeu au pied de pression a vraiment été mis en avant. On a réussi à avoir une bonne organisation parce qu’il avait des joueurs efficaces dans ce jeu de pression."
Un coach qui dit les choses sans détoursLe CO passera cette saison-là de la treizième à la septième place, ratant de peu la qualification à la dernière journée au profit du Stade Français. Un tremplin pour la saison suivante qui verra les Tarnais dominer la phase régulière avant de se hisser jusqu’en finale.
"Le plan de jeu était clair. Tout roulait. A partir du moment où tout le monde est à l’écoute et va de l’avant, tout devient simple. Dès le début de saison, nous étions allés gagner à Clermont. Cela nous avait donné une dynamique." Thomas Combezou, qui dit "n’avoir eu que de très bons entraîneurs (*), avec tous un point fort dans leur caractère", se souvient de Pierre-Henry Broncan comme d’un coach "qui sait ce qu’il veut, où il veut aller et qui n’a pas peur de dire les choses. Quel que soit le CV du joueur, il dit les choses. Il ne fait pas semblant."
Si après cette finale perdue, l’idylle entre le CO et son manager a tourné court (il a été remercié en février 2023, remplacé par Jeremy Davidson), ce n’est pas, selon Thomas Combezou, de la seule responsabilité de Pierre-Henry Broncan. Mais plutôt de s’être approché du Bouclier de Brennus, sans le soulever, la finale 2022 tombant dans l’escarcelle du MHR.
"Quand tu perds une finale de Top 14, c’est très compliqué de repartir de l’avant. Tu le vois avec Montpellier qui a du mal depuis deux ans. C’est dur pour le coach, comme pour les joueurs. Une saison, c’est plus que douze mois. C’est beaucoup de sacrifices. Tu vas chercher au plus loin de toi-même. Quand tu perds au bout, c’est un coup de massue."
(*) Il cite Fabien Galthié (au MHR), Christophe Urios (à Castres) ou encore Vern Cotter (à l’ASM).
Pascal Goumy et Benjamin Pommier
