Machine à sous clandestines : l'adjointe au maire de Terrasson mise en cause a démissionné
L'affaire a fait l'effet d'une petite bombe à Terrasson-Lavilledieu, cette ville de Dordogne limitrophe de la Corrèze. Ce vendredi 29 septembre, à la suite d'un coup de filet réalisé contre un réseau présumé de machines à sous clandestines, une des adjointes au maire de cette commune de 6.400 habitants a été mise en examen.
Sur les quatorze personnes interpelées, deux autres, dont son compagnon, qui est soupçonné d'être à la tête de cette association de malfaiteurs, ont également été mises en examen, avant d'être remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Un réseau illégal de machines à sous démantelé en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie grâce à un contrôle effectué à Limoges
Plus d'1,5 million de gains illicitesIl leur est reproché "l'importation, la détention, la mise à disposition, l'installation et l'exploitation en bande organisée d’appareils de jeux de hasard", mais aussi des faits de "blanchiment aggravé", selon les informations communiquées, vendredi, par le Parquet de Bordeaux.
En effet, les gains engendrés par ces machines à sous illégales, implantées en Nouvelle-Aquitaine (notamment en Corrèze et en Haute-Vienne) et en Occitanie, seraient supérieurs à 1,5 million d'euros.
Démission avec "effet immédiat"Ce samedi matin, Jean Bousquet, le maire de Terrasson, a fait savoir, via un communiqué, que l'adjointe en question, Sabine Malard (*), âgée de 51 ans, avait "décidé de solliciter M. le préfet de la Dordogne pour accepter sa démission de son poste d'adjointe et de conseillère municipale avec effet immédiat".
"Même si la présomption d'innocence est de mise dans toute affaire judiciaire, l'action municipale ne peut être entachée par des affaires personnelles", peut-on lire dans ce même communiqué.
Contacté par La Montagne, le maire indique que c'est "la décision qui s'imposait. Il n'y avait pas d'autre solution".
Une élue "très impliquée"À Terrasson, beaucoup sont "tombés des nues" en apprenant la mise en examen de cette élue de très longue date, "très connue, très impliquée et plutôt très appréciée", indique une habitante de cette ville limitrophe de la Corrèze. Pour le mandat en cours, elle était notamment en charge de la culture, du commerce et de l'artisanat.
Une enquête lancée, il y a plus d'un anPour rappel, les arrestations opérées, mardi 26 septembre, intervenaient au terme d'une enquête de plus d'un an, initiée après la découverte de machines à sous dans un bar associatif de Limoges. Les machines étaient dissimulées dans des bornes internet, les joueurs introduisant de l’argent et pouvant gagner des cartes-cadeaux ou des espèces.
Compte tenu de la complexité des faits, le parquet de la JIRS de Bordeaux s’est saisi de l’affaire le 21 juin 2022 et a ouvert une information judiciaire auprès d’un juge d’instruction de la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée dans la lutte contre la criminalité et la délinquance organisées).
Les perquisitions menées en France ont permis de saisir quatre véhicules, 320.500 euros sur des comptes bancaires, 97.700 euros en numéraire et 17 machines à sous.
(*) Nous publions l'identité de l'adjointe mise en examen conformément à notre charte des faits divers.
Michaël Nicolas
