La comédienne Françoise Rosay avait des racines familiales en Creuse
Les cinéphiles connaissent le nom de Françoise Rosay, dont la carrière d’actrice s’étendit de 1910 à 1973, au théâtre, au cinéma et à la télévision.On sait moins qu’elle avait des racines creusoises, étant la fille du comte Gilbert Bandy de Nalèche, né le 26 décembre 1863 à Moutier-Rozeille et mort à Paris le 26 février 1849. Il était le fils de Louis Bandy de Nalèche (1828-1879), né à Aubusson, avocat, maire du Monteil-au-Vicomte, conseiller général et député de la Creuse, auteur d’une étude sur les causes de l’émigration des maçons creusois.
Fille d’un Creusois né à Moutier-RozeilleFrançoise Rosay, naît à Paris le 19 avril 1891 des amours de Marie-Thérèse Chauvin, d’origine bordelaise, actrice et auteure sous le pseudonyme de Sylviac, et de Gilbert Bandy de Nalèche, officier dans un régiment de dragons.Celui-ci ne la reconnut qu’en 1939. Ayant jusque-là porté le nom de sa mère, elle devient pour l’état-civil Françoise Gilberte Bandy de Nalèche. Selon Amédée Carriat (Dictionnaire bio-bibliographique des auteurs Creusois), elle prend au début des années 1910 le pseudonyme de « Rosay », du nom d’un des personnages féminins de la comédie Amants, de Maurice Donnay, son parrain de théâtre, car elle est une enfant de la balle.
Après des études au lycée de Versailles, en Angleterre et en Allemagne, Françoise Rosay entre au Conservatoire de Paris. Elève de Paul Mounet, elle y apprend la comédie et le chant, avant de débuter en 1908 en jouant Le Crin, de Sacha Guitry aux Fantaisies parisiennes et d’enchaîner les rôles dans des pièces de J. Romains, de Flers et Caillavet, P. Veber, F. de Croisset.
Au retour d’une saison théâtrale à Saint-Petersbourg (Russie) (1912-1913), elle interprète en 1913, à Lyon, une pièce de Goethe, Egmont, avec Jacques Frédérix un acteur d’origine belge, qu’elle épouse le 10 juillet 1917.
Pendant la guerre, Françoise Rosay revient au Conservatoire, obtenant un premier prix de déclamation lyrique avec Iphigénie en Tauride qui lui vaut un engagement à l’Opéra de Paris pour jouer Castor et Pollux, Salammbô, Thaïs.
Une filmographie de plus de 120 filmsAbandonnant les « planches », Jacques Frédérix se lance dans la réalisation cinématographique sous le nom de Jacques Feyder, tournant dès 1916 des courts et moyens métrages où joue Françoise Rosay. Son mari lui donnera des rôles dans la plupart de ses longs métrages : Crainquebille (1922), Gribiche (1925), Si l’empereur savait ça (1930), Le Grand Jeu (1934), La Kermesse héroïque (1935), Pension Mimosas (1935), Les Gens du voyage (1938), Une femme disparaît (1942), Macadam (1946).
Sur le tournage de Visages d’enfants (1922) Françoise Rosay est même l’assistante de J. Feyder qu’elle lorsqu’il est malade, sur le plateau de Carmen (1926). Parler couramment anglais et allemand aide F. Rosay à travailler à Hollywood où J. Feyder a été engagé en 1929. Le couple y reste jusqu’en 1931.
À son retour en France, Françoise Rosay joue sous la direction d’autres réalisateurs dans des films qui, comme ceux de Feyder, marqueront l’histoire du cinéma français : Le Rosier de Mme Husson, de Bernard-Deschamps (1932) ; Jenny (1936) et Drôle de drame (1936), de M. Carné ; Carnet de bal, de J. Duvivier (1932).
Des films marqués par « sa pénétrante intelligence du cœur humain »Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale qu’elle a passée à Genève, Alger et Londres, Françoise Rosay reprend sa carrière cinématographique : L’Auberge rouge, de Claude Autant-Lara ; La Reine Margot, de J. Dréville (1954) ; Le Cave se rebiffe, de G. Grangier (1961) ; La Métamorphose des cloportes, de P. Granier-Deferre (1965) ; Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages, de Michel Audiard (1968).
Lorsqu’elle s’éteignit le 28 mars 1974 à 82 ans, elle avait derrière elle plus de 120 films, sans compter les pièces de théâtre et les œuvres télévisées.A. Carriat écrit que les films où Françoise Rosay a joué « ne sont pas tous des chefs-d’œuvre ; du moins les a-t-elle marqués, qu’ils aient été tournés en France, aux U.S.A., en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, en Italie ou en Belgique, de sa pénétrante intelligence du cœur humain ».
