Coupe du monde : la deuxième vie de Juan Martin Hernandez avant Argentine-Chili
Ici en France, personne n’a oublié la classe à l’état pur de Juan Martin Hernandez. Ses exploits sous le maillot du Stade Français ou celui du Racing lui avaient valu le surnom d’« El mago » (*). Après l’arrêt de sa carrière en 2018, Juan Martin Hernandez est devenu consultant pour ESPN Scrum en Amérique du Sud. Pour la Coupe du monde, l’Argentin est revenu sur ses terres d’adoption pour livrer son analyse sur la compétition. Sur les bords des terrains du Mondial, l’ancien Pumas promène sa silhouette encore très athlétique pour livrer ses analyses sur la chaîne sud-américaine. Un rôle qu’il prend très au sérieux.
Que devenez-vous depuis l’arrêt de votre carrière ?
Quand j’ai arrêté le rugby, je suis retourné vivre à Buenos Aires. En Argentine, je suis devenu entrepreneur. Je possède plusieurs affaires dont un café et une salle de musculation. Ce sont de petits investissements pour lesquels je passe pas mal de temps. Je développe également des applications pour les institutions sportives. Mais mon occupation principale est mon rôle de consultant pour ESPN Scrum en Amérique du Sud.
Depuis quand êtes-vous consultant ?
J’ai commencé lors de la Coupe du monde 2019 au Japon. C’est un rôle qui me plaît car je parle de jeu. Je fais partie du dispositif des matchs en direct. Pas comme simple commentateur mais plus comme analyste. Je prends mon temps, je vois ce qu’il se passe et après je parle de ce que j’ai pu remarquer sur le terrain.
"Je veux essayer de toucher beaucoup plus de gens"Est-ce une manière pour vous de prolonger un peu votre carrière dans le rugby ?
Oui, le rugby me manquait un peu. Mais pour moi, c’est surtout la communication qui est importante. La manière de diffuser le rugby. Je veux essayer de toucher beaucoup plus de gens. Quelques fois, je trouve qu’à la télévision on parle de manière trop technique. Il s’agit déjà d’un sport compliqué avec des règles qui ne sont notamment pas acquises par tout le monde. Il faut faire les choses de manière plus didactique pour que le téléspectateur ne soit pas perdu et comprenne bien ce qu’il se passe vraiment sur le terrain.
Votre rôle est donc de démocratiser un peu plus votre sport…
Ma volonté première est de rendre les choses faciles. Tant pour les gens qui regardent le rugby pour la première fois que pour ceux qui pensent connaître parfaitement ce sport. Bien souvent, ce qu’il se passe sur le terrain est totalement différent de ce que l’on imaginait au départ. Je veux donc expliquer au mieux ce que je vois depuis l’extérieur et anticiper aussi ce qui pourrait se produire.
Que pensez-vous de cette équipe d’Argentine ?
La sélection est arrivée pour cette Coupe du monde dans un moment d’équilibre entre les joueurs les plus anciens et les nouveaux qui poussent beaucoup. Les Pumas n’ont pas vécu une bonne Coupe du monde 2019. Malgré les difficultés, les joueurs plus aguerris doivent prendre conscience qu’ils ne vivront pas une autre Coupe du monde. Ils doivent transmettre leur expérience pour mettre l’équipe sur la bonne voie et mettre les jeunes dans les meilleures conditions.
Est-ce que l’on vous appelle encore par votre surnom d’El Mago ?
(Rires) Non, il n’y a qu’ici en France que l’on m’appelle encore de la sorte. C’est un surnom qui est né ici. Mais cela n’arrive jamais en Argentine.
(*) Le magicien en espagnol
Arnaud Clergue
