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Сентябрь
2023

Trafic d'armes, saisies : face aux fusillades en série, les réponses du patron de la lutte contre le crime organisé

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"Une mort qui nous touche tous". En déplacement à Marseille ce mardi, Gérald Darmanin a rendu hommage à la jeune femme de 24 ans atteinte à la tête par une rafale de kalachnikov tirée à l’aveugle près d’un point de deal, dimanche soir, alors qu’elle se trouvait dans l’appartement de sa mère, au troisième étage d’un immeuble. Lundi soir, toujours à Marseille, un quinquagénaire a été abattu par deux hommes à moto.

Ces deux décès viennent allonger un peu plus la longue liste de vies – parfois totalement innocentes – fauchées par les balles ces derniers mois, et renforcent l’inquiétude autour du recours croissant aux armes à feu en France.

Sans nier la tendance générale, le commissaire divisionnaire Yann Sourisseau, qui dirige l’Office central de lutte contre le crime organisé (Oclco), apporte plusieurs nuances et précisions éclairantes.

Les fusillades se multiplient, y compris dans des villes moyennes que l’on pensait à l’abri de ce type de faits (Evreux, Amiens...). Est-ce le signe d’une prolifération d’armes à feu dans le pays ?

Au vu du nombre de violences criminelles qui se succèdent, je comprends que l’on puisse avoir cette impression. Mais je ne suis pas persuadé que cela corresponde à la réalité.

Depuis plusieurs années, nous saisissons en France un nombre assez constant d’armes. Ce chiffre tourne autour de 6.000, tous services confondus. Dans ce total, il y a environ 200 armes de guerre – on parle là des fusils et des pistolets-mitrailleurs, qui tirent en mode automatique. Cette catégorie ne représente donc au global qu’une petite minorité des saisies, à l’inverse des armes de chasse, qui sont de loin celles que nous retrouvons le plus régulièrement.

Cela dit, c’est vrai que le chiffre global a sensiblement augmenté en 2022. Nous sommes passés à 8.027 armes saisies, dont 297 armes de guerre. L’année 2023 n’est pas terminée, mais je pense que nous serons dans les mêmes standards.

Un arsenal saisi par la police à Marseille en 2021. Photo d'archives AFP

A quoi cette hausse est-elle due alors selon vous ?

L’infraction à la législation sur les armes est toujours le résultat d’un travail pro-actif des forces de sécurité intérieure, qu’il s’agisse de perquisitions, de fouilles dans les parties communes de cités sensibles ou de contrôles de véhicules sur la voie publique. Or, depuis deux ans, les opérations d’initiative se sont vraiment accentuées, que ce soit dans le cadre du démantèlement de points de deal ou de la surveillance de malfaiteurs. Cette action très résolue des policiers et des gendarmes explique, de mon point de vue, une grande partie de l’augmentation des saisies.

Un autre élément tend à démontrer que la circulation d’armes n’est pas si importante que cela en France : les rapprochements balistiques permettent d’établir qu’une même arme, lorsqu’elle est utilisée à plusieurs reprises, l’est dans un rayon de 25-30 kilomètres en moyenne. On reste donc le plus souvent dans un périmètre restreint.

La deuxième impression forte qui se dégage, c’est que le recours aux armes devient de plus en plus décomplexé, presque ordinaire…

Je ne pense pas que ce soit vrai au sommet de la criminalité organisée. A ce niveau-là, il y a peu de changement. En revanche, chez les acteurs de la "moyenne délinquance", ceux qui se disputent notamment l’emprise sur les points de deal, on observe en effet une sorte de banalisation progressive de l’usage de l’arme. On le constate statistiquement par l’augmentation de certains types de faits.

Comment expliquez-vous cette forme de dérive ?

Il y a quelques années encore, l’usage d’une arme dans le cadre d’un assassinat était caractéristique de la grande criminalité organisée. Il semblerait que ce mode opératoire s’étende désormais aux délinquants plus locaux, ceux qui organisent la revente de produits stupéfiants.

La concurrence dans ce milieu n’est pas nouvelle. Mais dix ou quinze ans en arrière, elle se traduisait par des affrontements entre bandes sur la voie publique, par des exhibitions d’armes pour menacer et impressionner l’adversaire ou par des mitraillages d’intimidation. On tirait en l’air, sur des bâtiments, voire dans les jambes, pour blesser sans tuer.

Même s’il faut rester très prudent, on peut dire que se dessine aujourd’hui une forme d’escalade dans le niveau de violence criminelle autour du contrôle de territoires.

Un quart des saisies d’armes effectuées l’an dernier l’ont été dans le cadre d’enquêtes sur des affaires de stupéfiants. Sans surprise, les deux vont souvent de pair ?

Le trafic d’armes en tant que tel n’est pas une activité rentable. Même un fusil d’assaut de type kalachnikov ne coûte que 3.000 ou 3.500 euros l’unité sur le marché criminel. On est très loin des tarifs du trafic de stupéfiants, avec par exemple un kilo de cocaïne à 25 ou 30.000 euros. D’autant que les armes ne sont pas des produits consommables… Ce trafic-là est donc forcément une activité criminelle complémentaire, adossée à d’autres.

Photo d'archives AFP

Ces armes qui circulent en France, d’où viennent-elles ?

La filière des Balkans au sens large existe toujours. Mais une part significative provient également des vols commis au préjudice d’armureries et surtout de particuliers. Environ 5 millions d’armes sont détenues légalement dans le pays, et 10.000 d’entre elles sont officiellement volées chaque année.

Sur ce point, il y a très certainement un chiffre noir : on constate régulièrement que les détenteurs légaux possèdent aussi un stock illégal. Quand ces gens-là sont victimes d’un cambriolage, forcément, ils ne déclarent que la partie légalement détenue, pas le reste... Au final, le produit de ces vols alimente largement la moyenne délinquance, via des reventes.

Et le dark web ?

C’est un marché qui existe, pour lequel nous recevons des signalements de la plateforme Pharos, mais qui n’est pas massif.

Comment les armes acheminées de l’étranger entrent-elles en France ?

Principalement par la route, en étant dissimulées dans du fret légal ou dans des véhicules avec des caches aménagées. Les transports se font le plus souvent en petite quantité, avec entre deux et cinq armes par chargement, rarement plus.

A votre niveau, comment s’organise la lutte contre un phénomène aussi protéiforme et transversal ?

Ces dernières années, plusieurs avancées importantes sont venues faciliter notre travail. L’un des principaux progrès concerne l’harmonisation des législations européennes, effective depuis 2015 pour les critères de neutralisation des armes et depuis 2017 pour les règles d’acquisition et de détention des armes. Tout le monde est désormais aligné sur le même cadre.

A l’échelle nationale cette fois, la simplification de la classification des armes, actée en 2012, a été une très bonne chose. Autre avancée notable : depuis 2015, les infractions à la législation sur les armes font partie de celles pour lesquelles les techniques spéciales d’enquête sont applicables. Cela concerne par exemple les sonorisations, les infiltrations, bref, tout ce qui permet de lutter au mieux contre la criminalité organisée.

Nous disposons aussi, depuis 2016, d’un fichier modernisé qui permet d’établir un nombre croissant de rapprochements balistiques entre plusieurs faits commis avec la même arme. Là aussi, c’est un vrai pas en avant.

Vous n’avez donc pas le sentiment d’être débordés ?

Non. Certes, l’usage des armes est une réalité, on le constate sur le terrain. Néanmoins, on en saisit également beaucoup. Je serais plus pessimiste si on n’en découvrait que 1.500 par an… Là, on est au-dessus de 8.000. C’est la preuve que les forces de sécurité intérieure font un travail considérable et efficace.

Propos recueillis par Stéphane Barnoin






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