Un des responsables de l'incendie de Solutia, lors des émeutes de Montluçon, condamné à trois ans de prison ferme
Un des responsables de l’incendie de Solutia, le 2 juillet dernier, lors des émeutes de Montluçon, avenue de la République, a écopé de quatre ans de prison, dont un avec sursis probatoire de deux ans (*), mercredi 13 septembre, devant le tribunal correctionnel. Celui-ci a ordonné son maintien en détention.
Identifié par une dizaine d'autres individusLes enquêteurs ont identifié Ahmed Rzin, 30 ans, sur les images de vidéosurveillance. Un parmi une dizaine d’autres, cagoulés et visages dissimulés. "J’ai brûlé des papiers, oui", reconnaît l’intéressé :
Mais je ne savais pas que c’est un truc d’aide à la personne. Je ne voyais qu’un gars avec un ordinateur. Je croyais que c’était un truc d’affaires.
Une dent envers la policeCette nuit-là, il a participé après avoir été ajouté à un groupe sur les réseaux sociaux, appelant à la "guérilla", après la mort de Nahel, à Nanterre. "Je voulais dégommer des schmitts (sic), leur jeter des mortiers", enchaîne le prévenu. Il a une dent envers la police.
En 2010, alors qu’il tentait d’échapper à des policiers qui l’auraient frappé, selon lui, il s’est réfugié sur un train, en garde du Nord, à Paris. Électrocuté par une décharge de 25.000 volts, il a été brûlé à 80 %. Son corps garde les stigmates de cet accident, une "bavure qui n’est toujours pas réglée. Il n’y a jamais aucune justice pour moi".
Une dent envers l'institution psychiatriqueIl en veut aussi à l’institution psychiatrique :
On a dit que j’étais maniaque, bipolaire, schizophrène. Moi j’ai rien de tout ça. J’ai juste de la colère.
Toujours est-il qu’il est suivi depuis plusieurs années, suit un traitement lourd. Le 2 juillet dernier, il n’était pas adapté, dit-il. "Je n’étais pas conscient de ce que je faisais. Je n’étais pas conscient des conséquences."
« Conscient et responsable de ses actes » selon l'expertL’expert psychiatrique, à qui Ahmed Rzin a refusé de parler, évoque "une dangerosité criminelle certaine et constante" : "Il est conscient et responsable de ses actes". "C’est un rapport indigent, oppose Me Thibault Cléret, avocat du prévenu. On peut légitimement s’interroger sur le discernement de mon client."
Il demande aux juges de réduire le quantum requis par le parquet. Ces derniers ne l’ont pas suivi. Ils ont renvoyé l’affaire sur intérêts civils au 12 décembre prochain. Du côté des victimes, il y a l’entreprise Solutia et son gérant, ainsi que le syndicat de copropriété, qui doivent encore évaluer leurs préjudices.
Seher Turkmen
