Les piscines d'Aurillac et de Saint-Flour sont en pleine vidange... Mais auront-elles le droit de remplir leur bassin ?
Aurillac Placée le 7 septembre en situation d'"alerte renforcée" sur la carte cantalienne des mesures de restriction d'eau, Aurillac avait programmé la vidange annuelle de sa piscine communautaire (elle est gérée par l'Agglomération) du 4 au 17 septembre.
Pour la zone de gestion du sous-bassin de la Dordogne, dont dépend Aurillac, l'arrêté préfectoral du 7 septembre indique que "le remplissage de piscines accueillant du public" est interdit, même pour les collectivités, "sauf impératif sanitaire soumis à validation de l'ARS".
"Une demande d’autorisation de remplissage a été faite à la préfecture du Cantal afin de pouvoir répondre rapidement aux besoins des usagers et procéder à la réouverture du centre aquatique dans les meilleurs délais", explique l'Agglo d'Aurillac. Contactée, la Direction départementale des territoires (DDT) indique que cette demande de dérogation est "en cours de traitement".
Mais selon nos informations, les cours scolaires de natation programmés durant la semaine du lundi 18 septembre ont d'ores et déjà été annulés. "Il n'y aura natation pour aucun élève cette semaine-là", a par exemple averti un collège aurillacois.
Saint-Flour La piscine communautaire de Saint-Flour a, elle aussi, entamé sa vidange le 4 septembre : elle devait rouvrir ce samedi 16 septembre. Néanmoins, la cité du vent a été placée le 31 août en situation de "crise", plus haut niveau de vigilance.
L'Alagnon et l'Ander en "crise" : le nord-est du Cantal vire au rouge sur la carte des restrictions d'eau
Pour la zone de gestion du sous-bassin du Lot, dont dépend Saint-Flour, l'arrêté indique que la "vidange de piscines" est soumise à une "interdiction totale", même pour les collectivités. Sauf que le 4 septembre, le centre aqualudique de Saint-Flour a commencé sa vidange, alors qu'il n'en avait pas l'autorisation. Il s'expose donc à une amende. Contactée, la Direction départementale des territoires confirme bien avoir reçu une "demande de dérogation", mais "a posteriori". Celle-ci est également "en cours de traitement".
Céline Charriaud, présidente de Saint-Flour Communauté, a envoyé une demande "pour remplir les bassins en prélevant le volume d’eau sur le réseau que nous consommons quotidiennement quand la piscine est ouverte." Et Florent Marjou, directeur de la piscine, de détailler : "En été, on utilise 80 à 90 mètres cubes d’eau par jour. Avec cette consommation, on peut remplir le grand bassin en quatre à cinq jours, sans utiliser plus d’eau qu’à l’accoutumée." En attendant la réponse de l'État, seule la rouverture des espaces bien-être et remise en forme est assurée ce samedi 16 septembre.
Pourquoi vidanger maintenant ? Certes, la vidange d'une piscine est une opération obligatoire. Mais pourquoi la programmer en septembre, quand les niveaux des cours d'eau sont au plus bas ? La forte sécheresse qui s'est abattue sur le Cantal à l'été 2022 n'a-t-elle pas suffisamment marqué les esprits ?
À Aurillac, ce sera bientôt de l'histoire ancienne. "Le choix de vidanger les bassins du centre aquatique du bassin d’Aurillac début septembre correspond aux périodes les plus propices en termes de baisse de fréquentation des usagers et de disponibilité des entreprises mandatées dans ce cadre", justifie l'Agglo. Toutefois, "dans le contexte climatique actuel, les prochaines vidanges techniques seront programmées en priorisant la disponibilité de la ressource en eau et celle des entreprises", ajoute la collectivité, bien décidée à faire bouger son agenda.
À Saint-Flour, la dernière vidange date de juin 2022. "S’il avait fallu attendre la prochaine période possible, Noël, on n’aurait pas été dans les clous au niveau sanitaire", commente le directeur Florent Marjou. Lui promet aussi de s'adapter. "La sécheresse de septembre commence à être chronique, ajoute-t-il. Cette année, on ne pouvait pas décaler la vidange, mais à l’avenir, il nous faudra anticiper, et sûrement choisir une autre période. D’autant qu’il est très important d’être ouvert pour les scolaires, c’est un enjeu de santé publique selon le ministère."
Romain Blanc et Yann Bayssat
