Punaises de lit : pourquoi les interventions sont de plus en plus nombreuses dans la Creuse ?
Parmi les souvenirs que l’on peut ramener d’un voyage à l’étranger, il en est un moins agréable que les autres : les punaises de lit. Cet insecte parasite de 4 à 8 mm de long, aux mœurs nocturnes, se nourrit de sang humain. Ses piqûres sont souvent indolores, mais peuvent provoquer de fortes démangeaisons. Leurs endroits favoris pour se cacher ? Sous les tapis, entre les lattes des parquets, dans les canapés et la literie, au plus près de ses victimes... Ce sympathique animal avait quasiment disparu en France depuis les années 50, mais il y fait un retour en force depuis quelques années. Un phénomène que beaucoup d’observateurs associent à la multiplication des échanges internationaux, en particulier ceux avec les pays chauds dont le climat est propice au développement des punaises de lit.
Intervenir le plus tôt possibleLa contamination peut se faire très simplement : il ne faut pas plus qu’un bagage posé sur le sol d’une chambre d’hôtel ou des vêtements rangés sur l’étagère d’un bungalow pour que des punaises de lit s’y glissent subrepticement, direction la France. Pas besoin, même, de s’envoler à l’autre bout du monde : la contamination peut très bien s’opérer en France, par exemple dans une chambre d’hôtel ou un logement déjà infesté par un client précédent. En France, les logements chauffés offrent aux punaises de lit un cadre de vie tout à fait approprié. « Elles sont actives la nuit. Le jour, elles se cachent, mais on peut repérer leurs déjections - de petites taches noirâtres – et les traces de sang que leurs piqûres laissent dans le lit », souligne Boris Boubet, directeur du Groupement de défense sanitaire (GDS) de la Creuse et de sa filiale Farago, spécialisée dans la lutte contre les parasites. Le problème, c’est qu’une fois que le ver est dans le fruit, il est très compliqué de l’en déloger. « Les punaises de lit aiment les endroits chauds. On les trouve dans les armoires, dans les prises électriques, entre les pieds de lits et les murs... Plus tôt on intervient, plus c’est efficace, mais on nous appelle souvent très tard », souligne Aurélien Legrand, responsable technique et commercial de Farago Creuse.
"C’est une lutte complexe pour laquelle nos huit techniciens ont été spécialement formés. Nous sommes labellisés et référencés au niveau national comme entreprise qualifiée contre les punaises de lit".
Trois types de traitements sont possibles : le traitement insecticide avec deux séances de pulvérisations à deux semaines d’intervalle ; thermique, avec un canon à chaleur qui porte la température de la pièce à 60°C ; et le traitement à la vapeur sèche avec des produits naturels.
Démonter les plinthes, détruire la literie...Chaque méthode comporte cependant ses limites : la vapeur sèche doit être utilisée en tout début d’infestation ; les larves ont tendance à résister au traitement thermique, qui peut en outre détériorer certains meubles et papier-peints.
Punaises de lit / photo agence IssoireLes insecticides présentent l’avantage d’être efficaces à la fois contre les adultes et les larves ainsi que de rester efficaces plusieurs jours. Mais leur utilisation n’est pas sans contrainte : le résultat étant directement lié à la possibilité de pulvériser le produit directement sur les endroits infestés, les propriétaires sont-ils prêts à démonter leurs plinthes, enlever leurs moquettes ou détruire leur literie ? En outre, l’efficacité et la rémanence du produit dépendent du temps pendant lequel on le laisse agir, sans utiliser la pièce ; idéalement pendant les 15 jours entre les deux pulvérisations.
Avant même d’intervenir, Farago Creuse demande au client de mettre les sommiers et matelas en appui sur les murs ou de les détruire si l’infestation est trop importante, de déplacer les meubles en les décalant des murs, nettoyer et aspirer l’ensemble des zones à traiter, déposer le moins de choses possible au sol... Des mesures pas toujours respectées qui compliquent l’intervention et réduisent là encore son efficacité. Au final, « nous faisons davantage de la régulation que de l’éradication », souligne Boris Boubet. Le sujet est suffisamment sérieux pour que le gouvernement décide de déclencher, en mars 2022, un plan interministériel contre les punaises de lit, littéralement qualifiées de “fléau”. Objectif : informer et sensibiliser pour adopter les bons réflexes de prévention et combattre les infestations. La lutte contre les punaises de lit promet d’être longue et difficile, mais l’application systématique des bons gestes permettra d’en venir à bout, peut-être...
Nicolas Barraud
Le gouvernement a ouvert un numéro de téléphone pour répondre à toutes les questions sur les punaises de lit : 0806 706 806 (prix d’un appel local).
