Les parents, la cheville ouvrière des scouts du Pays d'Issoire
Alors que les parents se réunissent à la maison paroissiale de Champeix pour évoquer les aspects à la fois administratifs et symboliques de l’adhésion de leurs enfants aux scouts du Pays d’Issoire, ces derniers ont déjà grimpé les escaliers du Marchidial sur les hauteurs du village, pour participer à un grand jeu sur le thème des chevaliers de la Table ronde.
L'entraide pour socleCette première journée a pour but de "renforcer la cohésion et d’accueillir les nouveaux venus", explique Claudine Falcon, responsable du groupe, et cela, sur des terrains bien différents. "Les enfants viennent au scoutisme pour vivre des choses dehors, être dans l’imaginaire et se faire des amis. Alors on ne va pas leur parler finance et rendez-vous", sourit-elle.
"Être scout, ce n’est pas qu’une activité, c’est un esprit familial."
De leur côté, les parents échangent avec les encadrants sur les valeurs diffusées et partagées au sein des scouts. Parmi elle, l’entraide. "Nous favorisons la coéducation. Le but est de faire progresser les enfants et de les aider à devenir adultes", explique la responsable aux parents attentifs. Tout en incitant les scouts à l’autonomie, les chefs s’assurent une communication fluide avec les parents. "Être scout, ce n’est pas qu’une activité, c’est un esprit familial", prône Claudine Falcon.
Rouage essentielCette connivence encourage les parents à prendre activement part à l’organisation de l’association. En cette rentrée, ils sont sollicités, en vue de trouver un nouveau terrain "pour faire les réunions et permettre aux jeunes de vadrouiller ailleurs", lance Pierre Frisch, ancien responsable du groupe du Pays d’Issoire, durant trois ans. "Il faudrait qu’il y ait un abri, de l’eau, un point d’électricité et de la verdure", poursuit-il. Des commodités souvent entretenues par les parents eux-mêmes. Depuis trois ans, un collectif s’est créé pour réaliser ces travaux. "Nous souhaitons poncer et relasurer un chalet par an", explique un père de famille. "Cette année, il faudra réparer l’abri à tondeuse", ajoute Claudine Falcon. Puis, une mère de famille se lève, à la recherche de "volontaires avec des aptitudes en couture".
Durant le temps alloué aux inscriptions, les échanges sont nombreux et la cohésion est non seulement forte entre les enfants, mais aussi entre les parents.En "cette journée pas tout à fait habituelle", comme la décrit Claudine Falcon, a lieu la montée des chemises, une cérémonie pendant laquelle les enfants changeant de groupe d’âge enfilent la chemise de couleur correspondant au groupe supérieur.
"Ce passage est un moment symbolique pour les familles."
C’est pourquoi, à l’image d’une procession, les parents rejoignent les jeunes sur le Marchidial, un plateau surplombant Champeix, au pied d’une forteresse médiévale.
Une grande familleAttentifs aux enfants, les adultes leur apportent le goûter, jerricans d’eau, sirop de fruits et brioches aux pépites de chocolat à la main. Un temps de partage intergénérationnel, particulièrement chéri par Danielle, insistant sur son sobriquet affectif, Tatie Danielle. "Je suis là depuis 21 ans, et c’est un vrai bonheur d’être avec eux !", s’exclame-t-elle. "J’ai bientôt 80 ans", murmure Tatie Danielle. "Alors, si je viens depuis Clermont-Ferrand à mon âge, c’est que ce groupe d’Issoire a vraiment quelque chose de spécial", s’émeut-elle.
Un attachement palpable parmi la centaine d’adhérents, dont une quarantaine d’adultes, fruit de la reconnaissance de leur investissement. Ce jour-là, la cérémonie de la montée des chemises débute par un remerciement unanime à Pierre Frisch, que Claudine Falcon salue pour "sa générosité, son enthousiasme et sa joie de vivre". Malgré son départ, il conservera un lien immuable avec les scouts du Pays d’Issoire, à travers le pêcher qu’il reçoit en cadeau.
Céline Via
