Marc Palmier, avant Aurillac-Grenoble : "Il faut savoir gérer ses émotions et rester froid"
Pas sur pré, mais pas loin. Six jours avant de retrouver la compétition avec Aurillac contre Grenoble, ce mercredi 13 septembre, Marc Palmier avait pu faire le voyage à Colomiers, lors de la 4e journée.
Un manque de maîtrise et de maturité à corrigerUn déplacement qui a permis à l'ouvreur, cette fois aligné à un poste d'arrière qu'il a déjà occupé ponctuellement avec réussite, de poser un certain regard sur la prestation de ses coéquipiers.
Et d'apporter un petit quelque chose, un plus qui dépasse ce qu'il peut proposer ballon en main ou par son jeu au pied. Particulièrement sur cet aspect mental, qui n'est pas anodin dans les prestations décevantes du Stade contre Angoulême puis Vannes.
Blessé pour les matches contre Vannes et Colomiers, Marc Palmier fait son retour, mais à l'arrière. Le trois-quarts était malgré tout du déplacement en Haute-Garonne, jeudi.
"Dans l'agressivité et l'état d'esprit, il nous avait manqué quelque chose, au niveau des mentalités aussi, avec une belle équipe de Vannes, il faut le reconnaître", pointe le trois-quarts, quelques jours après qu'Aurillac a redressé la barre sur ce plan, avec un premier acte abouti à Colomiers, mais gâché par une deuxième période où son pécule a fondu à Bendichou.
"En deuxième mi-temps, de l'extérieur, je dirais qu'on a eu un peu de manque de maîtrise, un peu de manque de maturité aussi dans la gestion du jeu", avance l'Aurillacois, qui relève malgré tout des choses "très positives au niveau de l'état d'esprit et des mentalités", dans la manière d'attaquer le match.
La préparation mentale, un outil qui se développeCet aspect psychologique sera encore primordial, ce soir, contre Grenoble, dans un sport qui s'est ouvert davantage ces dernières années à la notion de préparation mentale. Pas seulement dans le monde pro, d'ailleurs, puisque même le RC Saint-Cernin (Fédérale 3) s'est penché là-dessus pour la saison qui s'ouvre dimanche. Tout comme le RC Saint-Simon, dans la même poule que les Doriens, l'avait fait l'an passé, justement en faisant appel au père de Marc Palmier, Stéphane, qui a mis en place une structure dédiée.
Le club dispose même en son sein d'un membre du staff formé pour cela, puisque Sébastien Delpirou, le préparateur physique du Stade, a également développé cette activité par ailleurs après avoir suivi une formation universitaire à Clermont.
Pour Marc Palmier, disposer d'un tel apport dans son entourage n'est d'ailleurs pas négligeable, même si – ou peut-être justement – parce qu'il fait partie des cadres de l'équipe. Saint-Cernin, par exemple, a décidé de proposer ce suivi à "des joueurs clés de l'équipe", comme nous l'a confié le président du Racing.
"Avec mon père, on est très souvent et même quotidiennement au téléphone. On débriefe pas mal de choses, que ce soit sur mes performances sportives - même s'il a un peu moins de rôle sur ça - mais surtout au niveau du langage corporel sur le terrain, au niveau du type de discours que j'ai à proposer par rapport au groupe, parce que les discours sont très importants."
"La façon de parler et de motiver les gars, c'est aussi important que ça. Et le management, maintenant, prend une place importante dans un groupe. C'est important au niveau de ma communication, qu'elle soit verbale ou non verbale", détaille Marc Palmier.
"C'est primordial maintenant dans le monde professionnel"Un discours qui fait écho à des propos récents de son entraîneur, Roméo Gontinéac, qui avait ciblé le langage corporel de ses troupes lors de la défaite cantalienne contre Vannes au terme d'une prestation décevante.
"Dans les moments durs ou les moments faciles, il faut savoir gérer ses émotions et rester froid. C'est primordial maintenant dans le monde professionnel où on peut avoir des hauts et des bas sur les matches : gérer les moments de down et les moments de haut, c'est important, surtout quand on fait partie d'un groupe et qu'on doit montrer l'exemple", poursuit Marc Palmier.
Dans la position qui sera la sienne, ce soir, au fond du terrain, le trois-quarts ne sera pas autant au cœur du jeu qu'il peut l'être quand il évolue à l'ouverture. Cet aspect-là sera donc plus compliqué à diffuser au fil de la rencontre, même s'il y a de fortes chances qu'en cours de partie, il puisse remonter d'un cran comme sa polyvalence peut le lui permettre.
"On est tous dans le même groupe, dans le même bateau"Néanmoins, au moins autant que durant les 80 minutes de jeu, le souci du détail apporté à cet aspect mental, au discours à porter auprès de ses partenaires, est censé peser en amont en du match. Sans attendre le coup d'envoi, mais durant la semaine. C'est probablement le sens de ce voyage effectué avec le groupe, jeudi dernier, à Colomiers, où l'arrière a pu rester au contact du groupe. Un voyage que l'Aurillacois avait demandé à faire "parce qu'on est tous dans le même groupe, dans le même bateau".
Texte et vidéo : Jean-Paul Cohade
