À Lavaudieu, une costumière pour le Roi de l’Oiseau
Les Brivadois l’ont peut-être croisée sur le marché nocturne de Brioude durant l’été. Nadine Villetelle vendait ses créations textiles, des accessoires zéro déchet confectionné sous sa marque Atelier entre les fils. Cette ancienne institutrice en région parisienne s’est installée avec son mari à Lavaudieu en 2020. Reconvertie en couturière professionnelle dans la foulée. Depuis juin, elle arbore une seconde casquette, celle de costumière.
La magie du costumeLa couture, pour Nadine Villetelle, c’est un héritage familial. "On m’a offert ma première machine à coudre à l’âge de 6 ans pour faire des habits de poupées Barbie, se rappelle la quadragénaire. C’est ma mère et ma grand-mère qui m’ont appris à coudre."
Nadine Villetelle a passé plus de soixante heures à coudre ce costume.
L’art de concevoir un costume stimule la créativité. "J’aime laisser libre cours à mon imagination. Visualiser le costume et me défier pour arriver au bout de mon idée, explique-t-elle. Pour moi, la mode n’est pas assez féerique et poétique. J’adore les fêtes médiévales depuis ma première fois au Roi de l’oiseau. Je suis tombée amoureuse de l’univers, de la Haute-Loire… Et de mon mari."
Se costumer, c’est devenir quelqu’un d’autre, c’est un besoin d’évasion et c’est une envie d’évoquer l’histoire
Pas question de parler de déguisement. "Se costumer, c’est devenir quelqu’un d’autre, c’est un besoin d’évasion et c’est une envie d’évoquer l’histoire", estime la professionnelle. Depuis juin, Nadine Villetelle conçoit un costume pour un participant du festival Le Roi de l’Oiseau. Recherche de tissus, devis, choix des matières, dessin, patron, toile, essais et confection font partie des étapes nécessaires à sa création. Nadine Villetelle a passé plus de soixante heures à concevoir le costume composé d’une cape, d’un pourpoint, et d’un pantalon haut-de-chausses.
Nadine Villetelle expose sur la place aux Herbes.
L'art du fait-mainL’activité de costumière a son lot de difficultés. Parmi elles : trouver les matières semblables à celles d’époque telles que le lin, le chanvre, ou la laine. Écologiques et de bonne qualité, les vieux draps en lin chinés étoffent la palette de tissus.Le recours au synthétique permet de faire baisser les coûts. "J’aimerais travailler avec des producteurs et des artisans locaux et Français, mais on se rend compte que le savoir-faire s’est perdu et que c’est difficile de trouver des partenaires comme des accessoiristes. Il faudrait créer un réseau d’artisans", déclare la costumière.
Nadine Villetelle s'appuie sur des ouvrages de conception de costumes d'époque.
Pour aller plus loin dans sa démarche, elle envisage de créer des teintures végétales et naturelles "comme à l’époque". En plus du sur-mesure, la couturière vend aussi des costumes imaginés par ses soins. Le tout estampillé Renard de lune, sa deuxième marque dédiée à l’univers du costume.
Nadine Villetelle utilise une machine mais ne raille pas la possibilité de faire du 100 % main. Qualité, durabilité et authenticité, les piliers de l’activité de Nadine Villetelle en accord avec sa ligne rouge : une production raisonnée loin "de l’industrie textile polluante".
Contact : 06.08.18.42.05
Morgane Eymin
