J'ai vécu l'étape du Tour de France Vulcania-Issoire dans la caravane Cochonou
Damien m’avait prévenue, alors que, doucement, la limousine Cochonou s’élançait du parking de Saint-Ours-les-Roches. "La caravane, cela ne se raconte pas. Ça se vit." Et il avait raison, Daminou. Celui que tout le monde connaît – puisque 18 Tours de France à son actif comme conducteur – avait vraiment raison. La caravane, c’est un moment unique.
Avant le départEt cela commence par l’ambiance avant même le départ. Près de 150 véhicules colorés réunis, à l’effigie des bonbons Haribo, du café Senseo ou encore des produits Le Gaulois. Et puis tous ceux qui participent à cette aventure, se retrouvant pour la grande choré des caravaniers, orchestrée de main de maître par Krys. Les téléphones n’arrêtent pas de filmer, de prendre des photos. Des souvenirs gravés à jamais.
Le départVient le moment de partir. Enfiler le baudrier, s’attacher pour rester solidement debout durant les près de 170 kilomètres de l’étape entre Vulcania et Issoire. Autour de moi, Quentin, l’animateur de la Charcutière, la première voiture du cortège Cochonou, mais aussi Coraline qui participe à sa quatrième édition et qui va distribuer des petits sachets de saucissons et surtout les fameux bobs aux carreaux vichy rouge et blanc…Quelques kilomètres nous séparent du départ officiel. Mais déjà les spectateurs sont nombreux, leur visage s’illuminant quand ils reçoivent un cadeau. "Ils nous donnent tellement la banane", sourit Daminou. C’est bien pour cela qu’il rempile tous les ans. Travaillant pour le Conseil départemental de Dordogne, il prend trois semaines de vacances pour le Tour. "Le jour où cela s’arrêtera… Tu sais, quand on revient à la vie normale, on déprime un peu. C’est tellement intense."
Le voyageJe le crois sur parole. Alors que les kilomètres défilent, que les paysages du Sancy se dévoilent, les lancers de sachets de saucissons se répètent. "Un bob ! Un bob !" Des cœurs se forment avec les mains pour remercier. D’un seul coup, des spectateurs envoient un paquet à l’intérieur de la 2CV Cochonou. À la radio, Daminou demande ce qu’il y a dedans. "Du fromage ! Tu te rends compte ? C’est ça qui est magique. Une année, on nous a offert des gâteaux en forme de 2CV. On les a mangés tous ensemble, le soir. Je crois que c’est mon plus beau souvenir."
L'arrivéeBon, au pays de la Caravane, il y a aussi les déçus. Ceux qui, parce qu’installés dans une zone naturelle protégée, n’ont rien pu recevoir. Les autres qui ont loupé le mythique bob, attrapé par leur voisin.
Mais en arrivant vers la ligne d’arrivée, ce ne sont que les sourires que je retiens. Ceux des spectateurs, ceux des caravaniers dont on ne peut que saluer la bonne humeur, mais aussi les magnifiques paysages traversés, la communion avec le public, le… Stop. Je vais arrêter là. Car la caravane, oui, définitivement, "ça se vit".
En chiffres. La caravane Cochonou, sur les trois semaines du Tour, c'est : 500.000 sachets de saucisson, 100.000 bobs, 7 tonnes de saucisson (avec les présences au départ et à l'arrivée et les bars à saucisson), 7 véhicules, 14 personnes mobilisées.Ferveur. Pour Patrick Bombart, chef de groupe Aoste-Cochonou, si la caravane est aussi mythique, "c'est qu'il y a une excellente adéquation entre l'image du Tour de France, qui est un événement iconique français, et Cochonou, qui est une marque iconique du saucisson. Les deux, depuis 25 ans, fonctionnent très bien et se répondent mutuellement".
Texte et photos : Marion Chavot
