Cérémonie de naturalisation en Creuse : « Rendre à cette Nation ce qu’elle a pu nous donner »
Les visages arboraient de grands sourires et parfois, quelques larmes de joie ont pu couler. Jeudi dernier, la cérémonie de naturalisation organisée à la préfecture de la Creuse a été un grand moment d’émotion.
Adhésion aux valeursQuarante-sept personnes de 21 nationalités différentes (*) se sont ainsi vues remettre un décret de naturalisation après le visionnage d’un film de promotion de la France, de son histoire et de ses valeurs et des discours de la préfète, Anne Frackowiak-Jacobs et de quelques nouveaux naturalisés. À l’image d’Oneille Maganga M’Bina, une ressortissante gabonaise officiellement naturalisée française jeudi.
« J’adhère pleinement aux valeurs de la République, aux valeurs de la France. C’est vraiment un privilège pour moi et ma famille », a déclaré cette mère de famille arrivée en France en 2006 et en Creuse en 2012. Pour elle, la naturalisation représente un aboutissement logique.
Mon mari est français, mes enfants sont français. J’aime l’idée d’avoir cette forme d’équilibre.
Il lui tenait à cœur aussi d’exercer un des droits attachés à la nationalité française : le droit de vote et la possibilité d’intégrer la fonction publique. « Je veux rendre à cette Nation ce qu’elle a pu nous donner. Participer en votant. » Surtout elle, qui a pu voir son mari tenir des bureaux de vote, sans qu’elle puisse elle-même prendre part au processus.
Vie sociale et politiqueParticiper davantage à la « vie sociale et politique » de son pays d’adoption, c’est aussi ce qui a motivé Adam Jurczuk à demander la naturalisation française. Ce kinésithérapeute installé à la maison de santé de Dun-le-Palestel est arrivé en mai 2014 en France. « Une entreprise en Pologne m’a fait plusieurs propositions. Parmi elles, il y avait la Creuse. Je me suis dit : “C’est au milieu de la carte, c’est pas loin pour aller à Paris ou dans le Sud” », se souvient le professionnel de santé.Depuis, il a fait construire à La Souterraine, s’est fait « plein d’amis là-bas » et n’attend plus qu’une chose : que son fils qui mène ses études de kinésithérapie en Pologne le rejoigne d’ici à trois ans.
Une « force » pour la CreuseSi cette cérémonie de naturalisation est « un moment important pour tous les préfets », selon Anne Frackowiak-Jacobs, elle revêtait cette année une symbolique particulière pour la préfète.
Cela fait 100 ans cette année que mon grand-père est arrivé de Pologne pour travailler dans les mines du Nord-Pas-de-Calais, a-t-elle révélé. Il a été naturalisé une quinzaine d’années plus tard.
Autant dire que l’émotion était partagée par toutes et tous lors de ce moment solennel. « La naturalisation, ce n’est pas juste un acte administratif, a continué Anne Frackowiak-Jacobs. C’est le fruit d’un long parcours. Et c’est normal, car ce n’est pas anodin d’acquérir la nationalité française. Tous ces gens sont parfaitement intégrés, ils nous apportent un savoir-faire, des compétences. C’est une force pour la Creuse. »
(*) Nationalités : algérienne (2), arménienne (1), béninoise (1), britannique (17), bulgare (1), camerounaise (4), colombienne (1), gabonaise (1), italienne (1), malgache (2), marocaine (1), philippine (1), polonaise (1), roumaine (4), sénégalaise (1), syrienne (1), thaïlandaise (1) togolaise (1), tunisienne (1), turque (1) et vietnamienne (2).
Daniel Lauretdaniel.lauret@centrefrance.com
