Ces 80 parlementaires qui ont dit non le 10 juillet 1940 à Vichy
Ils ont dit non.
Soit en embarquant à bord du Massilia, pour rejoindre l’Afrique du Nord et tenter de créer un gouvernement de Résistance ; soit en votant contre la fin de la IIIe République au profit de l’État français du maréchal Pétain, le 10 juillet 1940 à Vichy.
83 ans plus tard, un hommage était rendu à ces 80 parlementaires, devant la plaque qui leur est dédiée à l’Opéra, et sur la scène où s’est tenu le vote.
Catherine Martin-Zay, fille de Jean Zay, passager du bateau, était présente aux côtés de nombreux élus locaux et représentants de l’État (*).
Des voix minoritairesJoseph Blethon, Président du « Comité d’honneur des 80 parlementaires du 10 juillet 1940 et des passagers du Massilia » a rappelé dans son discours que ces résistants institutionnels étaient pourtant minoritaires, la nouvelle constitution ayant été promulguée au milieu des acclamations de joie, dans un Opéra nouvellement transformé en hémicycle, avant de poser une question essentielle : « Pourquoi cette majorité écrasante pour Pétain ? ».
Il a ainsi dépeint la plupart des élus de l’époque comme « déconnectés des réalités des citoyens », et en admiration pour un régime autoritaire : « C’était des conservateurs, qui aimaient l’ordre, et avaient en horreur le programme du Front Populaire, qui selon eux avait apporté le désordre en France. »
Il a ensuite appelé les actuels représentants de la Nation à se montrer « les dignes descendants des 80 », en faisant preuve de solidarité et de responsabilité, « afin que les Français d’aujourd’hui rejoignent les urnes ».
L’actualité politique commentéeDu côté des élus Républicains ayant pris la parole, l’héritage des 80 a également été interprété à la lumière de l’actualité, avec toutefois un autre regard.
Selon Frédéric Aguilera, maire de Vichy, « notre République est fragilisée par les populistes qui alimentent le désordre dans notre société » ; et pour Bruno Rojouan, sénateur de l’Allier : « Les jeunes ne tirent plus aucune leçon de ce vécu historique ; ils vont à l’émeute, portés par des groupuscules extrêmes pour renverser la République. Montrons qu’une majorité silencieuse ne s’exprime pas en braillant ni en cassant. »
Sandrine Gras
Photos Renaud Baldassin
(*) Pascale Trimbach, préfète de l’Allier, et Nicolas Ray, député, ont également pris la parole.
