Après sa grève de la faim, un maire de Normandie lance son mouvement politique à Clermont-Ferrand
Il a fait une tournée des départements, 29 ont répondu présent pour participer à la création d’un mouvement politique sur la thématique de la dépendance, du handicap et donc des aidants familiaux. La première section départementale est née à Clermont-Ferrand lundi 10 juillet. La seconde mardi 11 juillet à Roanne.
La réunion de ce mardi 11 juillet à Roanne sera retransmise en direct sur les réseaux sociaux du collectif La voix du handicap 63
À l’invitation d’un tout nouveau collectif de soutien aux aidants, la voix du handicap 63, Georgio Loiseau, maire de Pose, en Normandie et père d’un jeune autiste de 11 ans, était donc dans le Puy-de-Dôme lundi 10 juillet. Il a répondu à nos questions.
Vous avez fait une grève de la faim en mai, pourquoi ?
"J’avais créé une école pour mon fils autiste en 2017. Il arrivait en fin de cursus et nous avons été confrontés, comme de nombreuses familles, au manque de places en structure d’accueil. Malgré toutes mes démarches, il n’y avait pas de réponse, sauf une députée, et pas de solutions. J’ai choisi ce mode d’action un peu radical pour tenter de me faire entendre."
Cela a fonctionné ?
"Un maire, même d'un village de 1.200 habitants, est tout de même le symbole de la République. Et oui, un maire qui dénonce les carences de l’État, cela a dérangé. Neuf jours de grève de la faim et un pépin de santé… J’ai obtenu une solution pour mon fils et pour neuf autres situations que j’avais signalées. Mais aussi la création de places en structures adultes, d’unités d’inclusion scolaire, d’un observatoire du handicap… dans ma région, principalement dans l’Eure et la Seine-Maritime."
Depuis vous avez décidé de poursuivre et de créer un mouvement politique...
"Oui, car j’ai aussi reçu des dizaines de milliers de témoignages pendant ma grève de la faim. De familles, de soignants, d’aidants… Je ne pouvais pas raisonner égoïstement. Il faut continuer. J'ai pensé à une association, une fédération... Finalement, je pense qu'il faut peser au moment des élections, représenter une force électorale. Tous ces témoignages, que l'on parle d'enfants en situation de handicap, d'adultes ou de la dépendance de personnes vieillissantes touchés par des maladies comme l'Alzheimer... Nous sommes nombreux, nous avons des choses à dire, des revendications à porter et nous mettons un bulletin dans l'urne."
Votre objectif est d’être prêt pour les élections européennes ?
"Tout à fait. J’ai reçu des témoignages d’élus sans étiquette comme moi qui sont prêts à s’engager. Des collectifs, comme à Clermont-Ferrand, de familles sont volontaires pour créer des sections départementales pour animer le débat et organiser les listes. Le Conseil de l’Europe a épinglé la France, en février, sur la question du handicap. Ce sera un bon début pour le mouvement."
Cécile Bergougnoux
