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Июль
2023

Faudrait-il moins de vaches en Creuse ?

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Avec plus de 412.000 bêtes recensées fin 2021, la Creuse figure parmi les 15 départements français les plus importants concernant l’élevage bovin (1). Et c'est peu dire que les belles robes rousses des limousines et les blanches charolaises font partie intégrante du paysage local. Pourtant, ces emblématiques troupeaux devraient débarrasser une partie de leur plancher, si l’on en croit un rapport de la Cour des comptes publié le 22 mai dernier (2).

Le document préconise notamment de « définir et rendre publique une stratégie de réduction du cheptel bovin cohérente avec les objectifs climatiques du “Global MethanePledge” signé par la France.

Les bovins responsables de « 11,8 % » des émissions explique la Cour des comptes 

Cet accord international prévoit en effet une réduction des émissions de méthane, puissant gaz à effet de serre (GES), de 30 % en 2030 par rapport aux émissions de 2020. Or, la Cour des comptes, observe que l’élevage bovin en France serait responsable de 11,8 % des émissions nationales de GES, le tout majoritairement lié à la digestion des animaux.

La suggestion des sages de la rue Cambon laisse les représentants du monde agricole creusois plutôt sceptiques. D’autant que le cheptel creusois risque de baisser mécaniquement. Comme l’assure Christian Arvis, président de la Fédération départementale des exploitants agricoles (FDSEA 23) :

 

L’effectif devrait beaucoup diminuer, car, en Creuse, plus de la moitié de nos exploitants ont plus de 55 ans et il n’y aura pas assez de jeunes candidats pour reprendre les fermes. 

Mais celui qui élève 160 bêtes en Gaec avec son frère dans la commune de Saint-Frion, estime qu’il faut se battre pour maintenir un maximum d’exploitations et répondre à la demande des consommateurs. « Un tiers des Français consomme plus de 500 g de viande par semaine. Or, déjà 30 % de la viande consommée en France vient de l’étranger. Si l’on baisse notre cheptel, nous serons obligés d’importer de la viande du Canada ou du Brésil, engraissée au soja OGM, bourrée d’antibiotiques et d’activateurs de croissance », annonce le syndicaliste.

Accords de libre échange 

Ces perspectives, comme les conclusions de la Cour des comptes, font hurler Jean-Christophe Dufour, président de la Celmar, l’une des deux coopératives d’éleveurs de Creuse. « C’est une honte !, s’exclame celui qui est également exploitant agricole.

Aujourd’hui, je fais presque 140 vêlages par an. Admettons que d’ici cinq ou dix ans, je n’en fasse plus que cinquante, je devrais faire passer le prix de ma viande au kilo de 6 euros actuellement à 10 ou 12 euros pour pouvoir en vivre. La viande française deviendra un produit de luxe réservé à une élite, alors que les gens qui ont moins de moyens consommeront des produits peu chers, mais n’offrant aucune garantie de qualité.

Mais revenons à nos émissions de gaz à effet de serre. En la matière, les éleveurs français et creusois mettent tous en avant le même argument : les prairies pâturées sont des puits de carbone dont il serait bien dommage de se priver. Pas suffisant pour les sages, car, notent-ils, « l’augmentation des surfaces de prairies ne conduit pas à réduire les émissions de GES, si elle s’accompagne d’un cheptel supplémentaire émettant toujours davantage de GES que sa prairie n’en stocke. » Pas le choix pour la haute juridiction financière : il faut réduire le nombre de têtes.

Une analyse trop globalisante, pour Éric Robin-Lamotte, éleveur de vaches laitières en bio à Nouzerines, et porte-parole de la Confédération paysanne Creuse. « On ne peut pas mettre toutes les vaches dans le même panier et mélanger les élevages industriels fermés avec le système creusois et ses animaux qui ne mangent que de l’herbe des pâturages et du foin. Ils consomment peut-être plus de carbone qu’ils n’en émettent », avance-t-il.

Tout en pointant, lui aussi, les angles morts induits par une hausse des importations de viande. « Nous signons des accords de libre-échange avec le Canada et le Mercosur (3). Il nous faudra aussi évaluer les impacts carbone des importations qui en découlent », poursuit le représentant de la “Conf”.

Promouvoir "l'autonomie" des exploitations agricoles 

Au-delà de la question du nombre de bêtes, le syndicat altermondialiste estime qu’il faut également aborder celle de l’ “autonomie des exploitations” qui, pour lui, serait l’une des clés de la maîtrise des émissions liées aux élevages. Et, pour Éric Robin-Lamotte, la Creuse serait exemplaire en la matière :

 La plupart de nos fermes sont autonomes, là où, dans d’autres territoires, les éleveurs font venir du soja de l’autre bout du monde pour nourrir leurs bêtes. 

L’agriculteur prend l’exemple de sa propre ferme : « J’achète un peu de foin, de luzerne et de paille dans l’Indre. Mais je nourris surtout mes animaux avec ma propre production de méteil : un mélange de céréales et de légumineuses contenant 16 à 18 % de protéines. Je n’ai donc pas besoin d’acheter du soja. »

 

L'élevage creusois, garant d'une riche biodiversité pour FNE Creuse 

Pierre Chartron, référent “agriculture” de l’association de protection de l’environnement France Nature Environnement Creuse (FNE 23), et lui-même ancien éleveur bovin en bio à Évaux-les-Bains, met, quant à lui, l’accent sur les impacts que pourrait avoir une diminution de la part de l’élevage sur la biodiversité locale :

Un recul de l’élevage suppose une expansion de la forêt et de laisser le paysage se refermer. Or, le bocage arboré creusois, avec ses prairies sèches et humides, est d’une grande richesse en matière de biodiversité. Ce sont des espaces qui, avec les grands arbres, possèdent les qualités de la forêt, avec toute une flore et de nombreux insectes que l’on ne rencontre pas en milieu forestier. 

Troupeau de vaches charolaises en Creuse durant la sécheresse de 2019. Photo : Bruno Barlier

 

Encore de l'élevage en Creuse avec +4° C ?

Une autre question se pose cependant : le maintien de ce bucolique paysage bocager, et tout simplement de l’élevage, sera-t-il encore possible à la fin du siècle, alors que les températures pourraient augmenter de 4 °C d’ici à 2100 ? Vincent Cailliez, chargé de mission Climat auprès la Chambre d’agriculture de la Creuse, se montrait particulièrement inquiet à ce propos dans nos colonnes, début juillet  : « En espace ouvert, le climat va devenir de moins en moins compatible avec les bovins », soulignait l’expert. Car ces animaux « souffrent à partir de 25 °C, comme nous à 40 °C. »

Avec la hausse des températures, les bovins « vont forcément moins produire puisqu’ils vont passer leur temps… à survivre », annonce Vincent Cailliez. Tout en insistant sur l’importante consommation d’eau des bêtes, qui peuvent boire jusqu’à 100 litres d’eau lorsqu’il fait chaud. »

Malgré les projections préoccupantes de son climatologue, Pascal Lerousseau, président de la Chambre d’agriculture de la Creuse, se veut tout de même optimiste :

Il ne faut pas nier le changement climatique. La situation nous inquiète. Mais le pire n’est jamais certain. Je ne pense pas qu’il n’y aura plus d’élevage en Creuse dans 50 ou 60 ans. Il faudra cependant s’adapter.

« S’adapter » consiste notamment pour les éleveurs à envisager différemment leur travail en fonction des saisons. « Les animaux pâtureront sans doute plus longtemps en automne, au printemps et même l’hiver. L’été, comme il fera trop sec, ils seront peut-être dehors avec du foin » envisage Éric Robin-Lamotte.

De son côté, Pascal Lerousseau envisage que les bovins soient à l'avenir plus fréquemment rentrés l’été à cause des trop fortes chaleurs, dans des « bâtiments isolés et ventilés.  » Il en appelle donc à la Région Nouvelle-Aquitaine, compétente sur ce dossier, pour financer un « grand plan de modernisation des bâtiments d’élevage ». De quoi concevoir des étables bioclimatiques pour nos vaches ? 

François Delotte 

 

(1) Insee, Cheptel présent dans les exploitations agricoles en fin d’année 2021 Comparaisons régionales et départementales(2) Cour des comptes, Les soutiens publics aux éleveurs de bovins, 2023(3) L’Union européenne a signé un accord de libre-échange avec le Canada en 2016. Un autre accord de libre échange entre l’Union et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela) pourrait être signé en 2023 






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