Le vrai combat
Une ligne rouge pourrait être franchie si la décision était prise de couper l’accès aux réseaux sociaux sous prétexte de juguler une émeute. Le principe de liberté d’expression ? Bafoué. L’hypocrisie des politiques ? À son sommet, tant ils en sont ultra-dépendants. Force est de constater, par ailleurs, que les réseaux ont certes contribué à l’embrasement rapide de la situation, mais que celle-ci a été nettement plus courte qu’en 2005. Les demandes d’apaisement portées via les mêmes réseaux n’y sont pas étrangères. Le problème, donc, n’est pas le support du message, qui ne fait qu’accélérer la vie d’un mouvement, d’une idée. Non, le problème, c’est l’idée, précisément. Et sa violence. Désormais institutionnalisée. Le « toujours plus », l’élargissement du dicible, de l’acceptable dans le débat public et médiatique ouvre la porte à toutes les extrémités nées d’une paupérisation de l’intellect. Plutôt que d’interdire, il est plutôt urgent de proposer mieux à lire, écouter et regarder. Élever les esprits, donner à réfléchir, cultiver le libre arbitre, plutôt que de suivre aveuglément le mouvement. Là réside le combat.
l’éditorial
Charles Vigier
