Qui sont ces filles qui, chaque jour, précèdent les coureurs du Tour de France sur leur propre parcours ?
Ces filles-là en ont sous la selle ! Un jour avant le départ du Tour de France, à Bilbao, le 1er juillet, un peloton de neuf coureuses, accompagné d’un groupe de suiveurs à l’effectif quelque peu variant, même s’il s’établit, en moyenne autour de 70 courageuses et courageux, s’est élancé sur les routes de France, à la force du pédalier.
Au départ de Vulcania, ce lundi 10 juillet, les coureuses de Donnons des Elles au vélo étaient prêtes à en découdre.
Cela vous rappelle quelque chose ? Normal ! Le challenge "Donnons des Elles au vélo J-1" emprunte une très grande partie de ce qui fait le Tour de France. Comprendre : le Tour professionnel et pour les messieurs, que dominent des épaules et des mollets les Vingegaard, Pogacar, Yates et van Aert. En tout cas elle reprend son tracé au pied de la lettre.
Elles, ce sont des passionnées de cyclisme, qui ont toutes une profession à côté. C’est dire si "leur" Tour à elles nécessite encore plus d’abnégation, de préparation… et d’organisation !
Toutes amatrices mais mordues de cyclismeL’un est directrice administrative et financière dans une mutuelle et maman de trois enfants, l’autre est étudiante, une autre encore est ingénieure produit pour une grande marque de sport. Toutes sont mordues de vélo. D’effort. Et de dépassement.
Il y a quelques années de ça, le Tour féminin n’étant pas encore un projet et surtout pas un tracé, le Club Omnisports de Courcouronnes, section Cyclisme Féminin, imagine un événement sportif visant à réorganiser une épreuve cycliste féminine par étapes, en France, pour l’élite professionnelle ainsi que le développement et la promotion du cyclisme féminin dans les territoires. Le Tour féminin était dans les rails… et le challenge Donnons des elles au vélo, sa première manifestation visible du grand public.
Le parcours proposé affiche un dénivelé positif de 3.158mètres. Soit 2.075 mètres D+ sur la demi-étape du matin, et 1.083 mètres D+ après la pause déjeuner.
"L’effet groupe est très porteur"Car chaque jour, les filles enfourchent leur vélo, obstinément à 8 heures le matin, pour un départ à 8 h 30, pétantes, à l’endroit même où ces messieurs, pros, s’élanceront le lendemain escortés par la caravane publicitaire, hélicoptères et commentateurs TV.
Voir cette publication sur InstagramUn jour avant le peloton masculin, l’équipe de neuf cyclistes féminines réalise l’intégralité du même parcours et se frotte, la première, aux obstacles, murs et terribles rampes dressés par les organisateurs d’ASO. Ces intrépides-là ont un objectif : démocratiser la pratique du cyclisme en mixité et agir pour sa féminisation, contribuer à la promotion et à la visibilité du cyclisme féminin au niveau local, national et international en sensibilisant le grand public à la place des femmes dans le sport et créer des dynamiques locales durables en fédérant des groupes de femmes cyclistes ou éloignées de la pratique du vélo, par l’action territoriale d’ambassadrices.
Sur chaque étape, l'équipe de neuf cyclistes est rejoint par environ 70 amateurs, et là, les rangs sont ouverts aux homme. Sur chaque étape, la parité est à peu près respectée, soit 35 coureuses pour 35 coureurs.
Une locale de l’étape pour mener l’élan généralParmi elles, sur l’étape Vulcania-Issoire, Chrystelle Le Calvez, ambassadrice locale et habitante de Ceyssat, dont le terrain de jeu (et de sortie !) est précisément le pied du puy de Dôme.
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Si elle ne prévoyait pas du tout une promenade de santé en imaginant cette étape (*), elle sait d’ores et déjà qu’elle y prendra beaucoup de plaisir ! "Mais ça roule ! L’année dernière, j’ai participé à une étape dans les Alpes, avec le groupe. Les 130 premiers kilomètres, avec du dénivelé, on était à 27,5 km/h de moyenne. Toute seule, je suis en dessous. Mais l’effet groupe est très porteur !"
"C’est motivant de rouler ensemble : c’est chouette de faire les étapes comme ça. Il n’y a pas de chrono, pour la fin, mais ça roule ! Et on se prend au jeu"
,apprécie cette sportive, infirmière sitôt qu’elle a remisé son vélo et son cuissard.
Des panoramas somptueuxLa ceyssatoise Chrystelle sait déjà que les routes et les panoramas auvergnats, qu’elle connaît comme sa poche, vont en mettre plein la vue aux coureurs internationaux, mais aussi aux téléspectateurs : "la croix Saint-Robert, le Guéry, le Cézallier : ça va être magnifique !" juge-t-elle.Après les échappées du jour, le gros du peloton a franchi la ligne, à 17 h 41. Record à battre par la bande à Vingegaard.
Chrystelle Le Calvez était surtout très contente d’arriver à Issoire hier "Grâce à Solène Marquet, ambassadrice nationale 2020 et 2021, et aux autres filles de Donnons des Elles au vélo, j’ai eu connaissance de ce projet. Et c’est une expérience incroyable d’y participer de l’intérieur. C’est une grande satisfaction et une fierté d’y avoir pris part".
— Marie-Edwige Hebrard (@medwigeh) July 10, 2023(*) L’entretien a eu lieu la semaine dernière, quelques jours avant l’étape Vulcania-Issoire, qui a eu lieu, pour le groupe Donnons des Elles au vélo J-1, hier.
Marie-Edwige Hebrard
