À Montmarault, les passagers de la foire du Tacot remontent le temps
Hier matin, 6 h 30, la locomotive Coupet Louvet, produite en 1923, est à l’arrêt devant l’ancienne gare de Montmarault. Christophe Boisseau, le chauffeur, ouvre le gueulard, allume le feu avec du bois. L’eau chauffe. Régulièrement, il jette des pelletées de charbon pour l’alimenter. "Juste ce qu’il faut." La température monte.
À 10 heures, les passagers embarquent dans la voiture De Dion-Bouton, de 1935. Fred, le chef de gare, siffle. La voie est libre. Denis Aubert, le mécanicien, tire sur le sifflet de la locomotive. Tchou-tchou ! Il tourne le volant. Marche arrière. Marche vers le passé.
Il tire le régulateur vers lui. Le piston pousse la bielle et les roues bougent. Elles font couiner les rails. "Nous allons là-bas, annonce Christophe. Dans un autre monde." Trois cents mètres plus loin, au bout du Tacot, la ligne de chemin de fer reconstituée pour l’occasion.
De l'aventure et du rêveDans la voiture, trois femmes : Martine Chenuet, Cathy Hugonnet, et Mélissa Lami Desbuisson. Des Fées chiffon et une Amazone de France. Elles portent des vêtements du début du XXe siècle.
"Notre truc, c’est les costumes, commentent-elles. Nous sommes amoureuses de ce qui appartient au passé." Elles aiment les voyages, l’aventure et le rêve.
Ces passagères saluent les personnes restées sur le quai du présent. Trois minutes plus tard, Cathy saisit son arme "achetée trente minutes plus tôt à un brocanteur installé sur le site de la foire du Tacot". "Je vais braquer une banque avant de faire les boutiques", s’amuse-t-elle.
"Mimile" et le musée du chemin de fer de Montmarault
Pratique. La foire du Tacot continue aujourd’hui, de 9 heures à 20 heures. Entrée libre. Restauration et buvette à l’espace Claude Capdevielle.
Magalie Lépinoux
