A l’heure du maillot de bain, les Français avouent leurs complexes
La semaine dernière vous avez acheté ce petit maillot trop chouette en taille 38 dans l’espoir de voir fondre votre honorable 42 parce que vous êtes passé au régime lapin (carottes-laitue) depuis une semaine ? Refilez-le à votre copine qui jeûne comme un escargot depuis six mois. C’est trop tard. Vous n’aurez pas le summer body dont tout le monde sous influence -les filles surtout - rêvent pour l’été. Et, faites-vous en un mantra : ce n’est pas grave.À lire l’étude de l’Ifop pour Voyage avec nous (*), il y a du pain sur la planche pour que les Français renouent avec leur image. « Six Françaises sur dix » avouent ne pas aimer leur corps et ce qui est inquiétant, c’est que cela va de mal en pis : contre les 60 % d’aujourd’hui, elles n’étaient que 46 % il y a dix ans… Parmi elles, « près de la moitié (47 %) des 18-24 ans et 76 % des plus de 65 ans. »Du côté des hommes, c’est moins pire : 33 % d’entre eux ne sont pas pleinement satisfaits de leur apparence physique.
Pression médiatiqueDans la globalité, « 67 % des femmes » et « 39 % des hommes », se disent gênés de se montrer en maillot de bain.À l’origine de ces complexes, l’étude pointe : « la pression médiatique à faire des régimes et du sport pour avoir un corps (prétendument) parfait pour 46 % des femmes ». Du côté masculin, il est question avant tout de pouvoir de séduction (« 81 % » des hommes) et dans « 76 % » des cas, c’est « la comparaison » avec autrui qui sape le moral des troupes.Dans le panel des personnes interrogées, la quasi-totalité des femmes (93 %) et « 78 % des hommes » ont avoué préparer leur summer body. Dans le détail, « 59 % des femmes et 65 % des hommes » ont déclaré s’adonner au sport et à la musculation pour peaufiner l’entreprise. Et « 59 % des femmes et 46 % des hommes » ont adopté un régime pré-plage dans l’espoir de se montrer sous leur jour le plus attrayant.
Bronzage et épilationÀ noter que si près de la moitié des femmes (« 47 % ») s’attardent sur la préparation de leur bronzage, la même proportion d’hommes se penche avec une acuité toute particulière sur leur pilosité et il semble qu’éviter les aléas liés à la chaleur ne soit pas la seule motivation.Parmi les stratégies d’évitement pour passer inaperçu, l’étude cite le subterfuge du paréo pour 84 % des femmes et du short pour 48 % des hommes. Enfin, dans le même registre mais en plus sportif : 62 % des femmes reconnaissent rentrer le ventre face aux embruns (même s’il n’y a pas de lien) et seulement 36 % des hommes se la jouent comme Aldo (Maccione, incontournable référence cinématographique).
Parfaits mais retouchésIl y a encore pire dans ce portrait récurrent mais saisi à l’instant T de sous-estimation estivale : « 49 % des femmes et 29 % des hommes » mentionnent se trouver « dans un état de stress voire d’anxiété à l’approche de l’été ».Comment y remédier ? Tous les spécialistes, psychologues, sociologues, vous le diront : cessez de céder aux injonctions saisonnières illustrées par des mannequins aux corps aussi parfaits que retouchés en couverture des magazines. Car il y a un grand écart flagrant entre les corps montrés sur papier glacé et la réalité et qu’ainsi, il est illusoire de penser que pour se montrer à l’aise dans son shorty, il faut impérativement avoir le physique avantageux de Gigi Hadid ou les tablettes de chocolat de Baptiste Giabiconi.
La sexualité sans tabou
S’il faut travailler sur quelque chose, c’est sur l’estime de soi, ce à quoi que la seule pratique des squats, même intensive, ne suffit pas. En gardant à l’esprit que tous les corps sont, heureusement, différents et qu’avant toute démonstration futile, ils permettent d’abord de vivre.Donc sur la plage, venez comme vous êtes, le menton haut et le pas assuré et profitez du bonheur d’être là. Sans complexe.
Sophie Leclanchésophie.leclanche@centrefrance.com(*) Réalisée début juin sur un échantillon représentatif de 1006 personnes de 15 ans et plus.
