Le Plateau de Millevaches, mille sources de fraîcheur et trésor du Limousin
On le surnomme le château d’eau de France ou encore le pays des milles sources. L’eau, l’or précieux du Plateau de Millevaches. Reluisante, claire et limpide, elle stagne dans de grandes étendues et se faufile parfois entre les roches de grands sous-bois de pins sylvestres, d’épicéas ou de douglas.
En quête de fraicheurL’eau est présente dans toutes les plaines ou jamais bien loin, dans les failles granitiques et les zones plus humides autour de lacs et de cascades. Toutes sillonnent ces paysages de carte postale. La Vienne, la Creuse, le Taurion, la Vézère et la Corrèze s’y invitent. Mais alors où trouver la fraîcheur de ce parc sans frontières ? Déjà transporté loin du quotidien, ayez l’âme un peu plus légère. Elle est partout ! L’escapade au vert tient toutes ses promesses.
Lac de Viam, un bol d’air en altitudeDans cet environnement désertique, loin des tours et du béton des villes, la flore se dégage parfois tendrement pour laisser apparaître d’amples points d’eau. Parfois étroits, petits, quelques-uns coupent singulièrement le souffle. Le lac de Viam, profite de près de 200 hectares préservés. Il est l’essence de ce sentiment de perfection, de sérénité. Mais aussi de plénitude certaine. Si le matin la brume habille la surface, le soleil la jalouse et laisse les vaguelettes du lac miroiter au fil de la journée.
1946-1951 : le barrage de Vassivière, une histoire d’hommes, d’eau et d'électricité
Lumières envoûtantes sur le lac de Viam (@benoît Charles – OT Terres de Corrèze)
Une barque pour flotter, une serviette de plage pour retrouver la terre ferme. Le voyage transpire la fraicheur à 695 mètres d’altitude. Sa plage a le même goût. Amarrés aux berges à l’aide de petits flotteurs ou de cordes, les petites embarcations de fortune invitent une nouvelle fois à rejoindre les eaux plus profondes.
« Les beaux cadres, c’est le Limousin, le vrai ! »Chacun choisi sa façon de flotter, mais les baigneurs autour du lac fleurissent les paysages dès qu’arrive l’été. Sur la plage aménagée, ou au contraire, dans les renfoncements les plus sauvages et les coins les moins connus de tous les curieux. « Dépaysement assuré », « endroit très sauvage, il est tellement propice à trouver la fraîcheur », « le beau cadre, c’est le vrai Limousin », « une belle parenthèse ». On pourrait continuer longtemps sur les retours de chaque touriste. Le lieu semble faire l’unanimité dans ce coin de verdure, et cela n’a rien de vraiment étonnant. Vue sur la plage du lac (Archives La Montagne)Un peu plus en hauteur, l’étendue d’eau donne une image encore plus spectaculaire. Dans ce lac mis en eau en 1946, après l’apparition du barrage, l’eau s’est engouffrée dans les plaines, naturellement. Laissant apparaître de petites îles après avoir trouvé son lit dans le paysage. Ce qui donne au lac une forme originale et toute serpentée. Pour la plupart boisés, les îlots ont épousé l’eau pour former des contours tous aussi particuliers. Certains assurent même en voir un en forme de cœur au milieu des eaux.
Des points de vue panoramiquesAprès la fraicheur, le reste des paysages autour du lac en vaut clairement le détour. Des baskets bien lacées, une petite gourde d’eau, et si jamais la chaleur devient vite insupportable, la baignade est à portée de main. La randonnée, de 17 kilomètres, permet de redécouvrir un panel de paysages, tout aussi changeants au gré des saisons. Des recoins plus secrets, des panoramas somptueux. « Regarder, c’est se souvenir », écrivait Richard Millet, un écrivain natif de Viam. Se souvenir, c’est un passage obligatoire sur le belvédère du lac, pour s’offrir une vue plongeante sur la retenue. Il vous faudra une belle après-midi, voire une journée pour les plus contemplatifs et boucler la boucle. Pour les autres, les sports nautiques, la voile et la ribambelle d’activités font de ce lac, un petit havre de paix. Au cœur d’une campagne aux mille facettes… Et aux mille sources. Le pont de Sénoueix sur le Thaurion : un des symboles du plateau de Millevaches (Floris Bressy)
A lire dans notre magazine Pays du Limousin
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Cascades et petits ruisseaux dévalent le paysage aux alentours du bourg de Pradines. Entre le plateau de Millevaches et le Massif des Monédières, les roches pleines de mousse gardent l’humidité et la fraîcheur. Prêt pour une randonnée ? Toute une vie autour de l’eau. Ainsi se nomme la randonnée du petit bourg corrézien, à Pradines. Dans ces parties ombragées qui vous tendent les bras, coule un ruisseau, le Mazaleyrat. Il fait la beauté de l’endroit depuis des centaines d’années. S’offre alors un site fantastique.
La cascade de Tine, source dans une étonnante légende !
Légendes et natureÀ travers les légendes qu’il conte, mais aussi par son cadre naturel unique. On raconte alors, il y a de ça plusieurs siècles, qu’une jeune fille, Martine, aimait se promener au bord de l’eau. Le seigneur Vénéjoux, propriétaire des lieux, tomba amoureux. Un amour malheureusement loin d’être réciproque. Le seigneur touché dans son estime, et fou de rage, fit alors appel au diable afin de se venger. Quelques temps plus tard, Martine glissa sur les rochers humides des petites cascades. Puis, elle tomba dans le ruisseau et se noya. Les cascades de la Tine portent alors son prénom à la naissance de cette légende.
Une chute de 87 mètres du ruisseauDepuis, le calme et le cours d’eau bercent randonneurs et touristes. Mais la légende maintient le mystère. Les dénivelés ont alors formé un paysage accidenté et de belles cascades dans les forêts. La raison ? La chute du petit ruisseau, de 87 mètres, de Sénéjoux jusqu’à la commune de Pradines. Ainsi, une petite enfilade de cassures naturelles ont fait naître plusieurs endroits admirables. La nature dans toute sa splendeur (Floris Bressy)
Des roches recouvertes par la mousse, des sentiers étroits, des rambardes et de jolis pontons en bois et quelques cordes pour remonter les pentes. Revêtir l’âme d’un aventurier ne vous décevra pas, bien au contraire. Il faut alors partir de la place de la mairie de Pradines en direction de l’église juste avant de rejoindre le fameux cours d’eau de Mazaleyrat. Un petit papy, avec un chapeau traditionnel du Limousin annonce le départ sur une des nombreuses balises. Libre à vous de remonter le ruisseau en passant devant les cascades, somptueuses et douces de leur mélodie, avant de finir leur course sur les roches en contre-bas.
Les pieds dans l’eauAprès le belvédère, le petit chemin quitte la berge pour rejoindre un pré et atteindre une nouvelle route. Là, plusieurs balises évoquent l’histoire des lieux, et l’importance de l’eau pour l’économie locale d’antan. Arrivé au panneau numéro six, le petit chemin nous mène au point de vue de l’ancienne tourbière. Dirigeons-nous à présent en direction du hameau de Sénéjoux pour atteindre un nouveau panorama. Celui du Puy-Redon sur le massif des Monédières. Un trajet long de cinq kilomètres, où il vous faudra compter presque trois heures de marche. Mais vous vous en doutez, le temps passe si vite. Tellement, que les cascades de la Tine vous feront une nouvelle fois de l’œil. Cette fois-ci, pour y tremper un pied ou deux ?
Pacôme Bienvenu
