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Май
2023

Notation de la France : la rencontre de Bruno Le Maire avec Standard and Poor’s

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Douze heures. Douze heures pour gérer la crise et contrôler la communication. Le vendredi 13 (forcément) janvier 2012, le secrétaire général de l’Elysée, Xavier Musca entre dans le bureau de Nicolas Sarkozy pendant que le ministre de l’Economie François Baroin reçoit un SMS du directeur du Trésor, Ramon Fernandez : "Rappelez-moi de toute urgence." Tempête au sommet de l’Etat. A 22h30, Standard and Poor’s va annoncer qu’elle abaisse d’un cran la note attribuée aux titres souverains de neuf pays de la zone euro, dont la France. Le triple A, c’est fini. "L’info ne sera officielle que dans douze heures, le délai imparti entre l’annonce par une agence d’une dégradation à un Etat et la communication publique de cette nouvelle, écrit François Baroin dans Journal de crise (2012). Nous avons donc eu douze heures pour nous préparer aux éventuelles retombées de cette décision."

Au cours des semaines précédentes, François Baroin a multiplié les rencontres avec les responsables de l’agence France Trésor et avec le gouverneur de la Banque de France, il a même vu les dirigeants des agences de notation. En vain. Ce vendredi, le ministre de l’Economie décide de casser l’embargo pour rester maître de la communication. Après un détour par l’Elysée, pour définir la stratégie de contre-attaque avec Nicolas Sarkozy, il se rend au journal de 20 heures de France 2 pour annoncer lui-même la dégradation. Dans sa voiture, il met au point une formule : "La perte du triple A, c’est un élève qui a eu 20 toute sa vie et qui vient d’avoir 19. C’est moins bien mais ce n’est pas une catastrophe." A peine a-t-il quitté le plateau qu’il reçoit un coup de fil de Nicolas Sarkozy : "Je suis fier de toi."

Le président, qui s’apprête à entrer en campagne le mois suivant pour tenter d’être réélu, est évidemment furieux de la décision, il attendra le lundi suivant pour s’exprimer. Lors d’une conférence de presse à Madrid, il commence par rembarrer un journaliste qui l’interroge sur le sujet, avant de répondre : "Ce ne sont pas les agences de notation qui doivent définir les politiques économiques." L’Express écrit : "Les conséquences politiques sont immédiates. Depuis trois ans, le chef de l’Etat fondait son action économique sur le maintien du triple A. Il en avait fait une affaire personnelle, un test de son volontarisme. Il tombe dans le piège qu’il s’est tendu à lui-même."

"On est dans une situation très différente de celle de Sarkozy"

C’est exactement la même chose sauf que c’est le contraire, selon la fine analyse du capitaine Haddock. Le 28 avril, l’agence de notation financière Fitch Ratings a fait passer la note de la France de AA sous perspective négative à AA−, sous perspective stable : "L’impasse politique et les mouvements sociaux (parfois violents) constituent un risque pour le programme de réformes de Macron et pourraient créer des pressions en faveur d’une politique budgétaire plus expansionniste ou d’un renversement des réformes précédentes." Le 2 juin, c’est Standard and Poor’s qui livrera son verdict. Cette agence, qui évalue la dette française à AA avec perspective négative, est d’autant plus surveillée que son influence est plus importante que celle de Fitch, convient-on à l’Elysée.

Cette fois (contrairement à 2012), le président ne peut pas être candidat à sa réélection. Mais Emmanuel Macron, s’il a voulu annoncer une baisse des impôts de deux milliards pour les classes moyennes d’ici la fin de son quinquennat, tient - "en même temps", comme dirait quelqu’un - à son image internationale comme à la prunelle de ses yeux. Or un doute ne cesse de planer sur la volonté réelle et durable de ce chef de l’Etat d’assainir les comptes. Dit pudiquement par un proche : "Emmanuel Macron en a moins fait un marqueur de son quinquennat, on est dans une situation très différente de celle de Nicolas Sarkozy." Mais cette ambiguïté peut par ricochet alimenter un reproche majeur. "Politiquement, si la note est dégradée, c’est embêtant, pointe un ministre parmi les proches d’Emmanuel Macron, car ça va donner un argument tout cuit au RN : 'Ah, vous nous donnez des leçons en compétence, alors que vous n’êtes pas capable de garder votre note ?'"

Et cette même ambiguïté a semblé empêcher de tenir un discours d’une parfaite limpidité. Un macroniste historique : "Nous aurions dû assumer que nous étions face à des difficultés financières et dire qu’on dépendait des marchés financiers pour financer notre service public et notre modèle social et expliquer que pour ne pas dépendre de ces marchés, il fallait travailler davantage, donc prendre la question sous l’angle de la souveraineté."

Comment le gouvernement veut convaincre Standard and Poor’s

Si le contexte n’est pas celui d’une campagne présidentielle, les considérations politiques ne sont pas absentes pour autant. Bruno Le Maire n’a pas du tout envie d’être marqué au fer rouge d’une dégradation, lui qui veut faire de la crédibilité, celle de la France et donc la sienne, un atout pour ses ambitions futures. Le ministre de l’Economie et des Finances souligne à toute occasion la nécessité d’"accélérer le désendettement" - il l’a répété devant le bureau exécutif de Renaissance lundi soir, rappelant que "nous sommes le parti de la responsabilité". "Il faut retrouver l’ADN de la majorité, qui passe par une bonne tenue des finances publiques", insiste un proche du ministre de l’Economie. Ce n’est pas un hasard de calendrier non plus si ce dernier a annoncé à l’AFP, mardi, le gel de 1 % supplémentaire des crédits du budget 2023 pour rester dans les clous de la trajectoire budgétaire. Quels arguments doit faire valoir la France pour maintenir son statut ? "On peut dénombrer quatre critères d’évaluation, décrit Pierre Cailleteau, spécialiste du conseil aux gouvernements chez Lazard et qui a officié au sein de l’agence Moody’s dans une précédente vie : la puissance économique, mesurée par la richesse par habitant, la qualité et la prévisibilité des institutions, la solidité financière de l’Etat et la capacité de résistance à des chocs exceptionnels".

Selon les informations de L’Express, Bruno Le Maire a rencontré les dirigeants de Standard and Poor’s ; son cabinet, ainsi que la direction du Trésor, sont également en contact avec l’agence. Avec une mission : convaincre que les prévisions de croissance sont réalistes, souligner la capacité de remboursement de la dette et la volonté de la ramener à 108 % du PIB en 2027, montrer que l’objectif de ramener le déficit public sous les 3 % à la même date est viable. Au-delà du poids de la dette, les agences sont attentives au rapport des charges d’intérêt sur les revenus… a fortiori dans une période de remontée des taux. "Imaginons que les charges financières doublent – ce qui est tout à fait plausible – il faudra alors trouver de l’ordre de 50 milliards d’euros tous les ans, c’est considérable ! Les analystes chercheront à estimer si le consensus social et politique est suffisant dans la société pour faire le choix de rembourser la dette au détriment d’autres objectifs de politique publique, comme les dépenses en faveur de l’école ou des hôpitaux", alerte Pierre Cailleteau.

"On ne fait pas les choses pour les agences de notation, et d’ailleurs, quelle que soit la décision, il faudra tenir nos objectifs", martèle Bercy, où l’on note que les autres partis dits de gouvernement, à commencer par LR, ont multiplié les amendements augmentant les dépenses lors du débat sur la réforme des retraites : "Sur l’ensemble de l’échiquier, personne ne semble vraiment se soucier de la question." Pourtant, "il faut être vigilant", estime le conseiller de Lazard, qui rappelle l’exemple récent du Royaume-Uni, dont le budget "jugé déraisonnable" de l’automne dernier avait conduit à une perte de confiance des investisseurs et à une flambée des taux d’intérêt sur la dette souveraine. "Même pour un pays noté AA, il peut y avoir des réactions en chaîne, amplifiées par les volumes de dette en question, ajoute-t-il. Mieux vaut avoir une histoire robuste à raconter, arrimée sur un ancrage financier crédible."






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