Dix ans de réclusion criminelle pour l'octogénaire reconnu coupable d'avoir violé une fillette dans l'Allier
Jusqu’au bout, il aura maintenu sa version. Continué d’affirmer, en regardant juges et jurés dans les yeux, que « c’est elle qui venait le chercher et qui baissait sa culotte. Moi, je ne l’ai jamais forcée ». Des pénétrations ? « Il y en a eu deux, pas plus », n’a eu de cesse de répéter, depuis lundi, l’homme de 80 ans accusé d’avoir violé la fillette de ses voisins, dans les années 1990, dans les environs de Gannat. Mais la justice a tranché : elle a déclaré l’octogénaire coupable de viols sur mineure de moins de 15 ans et l’a condamné à dix ans de réclusion criminelle.
Une victime "qui a toujours dit la vérité"La fin d’un procès et d’un long chemin, surtout pour une victime aujourd’hui âgée de 37 ans qui n’avait déposé plainte que plus de vingt ans après les faits, en 2019, parce qu’elle avait longtemps cru pouvoir vivre avec la douleur. Un vain espoir. La jeune femme avait fini par dénoncer « des dizaines, peut-être des centaines » de faits d’attouchements, de caresses et de viols commis dans son enfance par ce voisin qui semblait pourtant si sympathique, avec ses façons d’offrir l’apéritif aux parents et de proposer à la fillette et à son frère de venir profiter de sa piscine.
"Ce procès était la pierre finale d’un long temps de reconstruction"
Des manières « de prédateur », d’après l’avocat de la partie civile, Me Chateau, qui s’est fait fort de rappeler que sa cliente « avait toujours dit la vérité et que ce procès était la pierre finale d’un long temps de reconstruction ».
Une reconstruction pour une victime « détruite » par l’accusé, mais aussi pour ses proches, venus témoigner de leur culpabilité « de ne rien avoir vu » des agissements d’un homme décrit à l’audience comme « manipulateur, pervers et incapable d’intégrer la notion de transgression ».
« Tendances pédophiles »Mais pour l’ensemble des parties, il n’existe bien qu’une seule culpabilité : celle de cet octogénaire déjà condamné à un an de prison ferme pour l’agression sexuelle incestueuse de sa petite-fille en 2019 et qui, d’après le ministère public, a clairement « des tendances pédophiles ». « Il a agi par surprise et contrainte, faisant vivre un calvaire à sa victime », a souligné l’avocat général, Marie-Laure Gauliard, requérant douze ans de réclusion criminelle.
Tout juste majeur, il avait agressé sexuellement une adolescente lors d'une soirée familiale à Lezoux
« C’est en tout cas un homme qui n’a pas le matériel cognitif pour se remettre en question et qui n’a pas conscience de l’interdit », a, de son côté, plaidé Me Etard-Gallot, avocate de l’accusé. Un homme malade et affaibli, qui a semblé accueillir le verdict avec fatalité, lui qui n’aura consenti qu’à de timides regrets à l’endroit d’une jeune femme qui n’aspire plus qu’à une chose : « Avancer, profiter de la vie et être heureuse ».
Pierre Geraudie
