Les ventes de piscine en Creuse entre deux eaux
Les éléments de comparaison donnés par Rémi Saez semblent imparables. « En 2021, j’avais trois ou quatre rendez-vous par jour. Aujourd’hui, c’est deux ou trois par semaine. » Pour le commercial d’Aquilus Piscines et spas, implanté à Guéret, la période faste de ventes de piscines en Creuse (et en France) de ces deux dernières années serait bientôt terminée.
Des ventes entre maintien et légère décrue« On a l’impression d’une chute vertigineuse, mais c’est juste qu’on revient à des niveaux d’avant-Covid », confirme Delphine Vidal, la gérante du magasin.Du côté de Jérémy Contarin, de l’enseigne Desjoyaux à Guéret, le constat n’est pas tout à fait le même. Avec une quarantaine de piscines vendues encore cette année, « ça reste une bonne année », se satisfait l’entrepreneur. Même son de cloche chez Aqua Loisirs 23. « Ça se maintient pas trop mal », indique son gérant Frédéric Lemaigre. « Au mois de mai, il y a une décrue, mais c’est parce que les clients savent qu’ils ne pourront pas avoir leur piscine pour l’été. » Les mois à prendre en considération sont davantage les premiers de l’année, de janvier à avril. Et sur cette période, l’activité reste largement positive.
Et si d’aventure les ventes de piscines venaient à diminuer, elles devraient être en partie compensées en termes de chiffre d’affaires, explique Jérémy Contarin. Car à chaque nouvelle piscine construite ou installée en Creuse, c’est un nouveau client pour les accessoires et équipements complémentaires comme les filtres, les bâches, les produits d’entretien. Globalement, ce dernier estime qu’en 2023, « on est encore au-dessus d’un retour à la normale ». Qui pourrait selon lui advenir l’année prochaine.
Pas forcément en raison de l’inflation. Elle n’épargne pourtant pas les piscines, qui ont vu leur prix bondir de 25 à 30 % ces derniers mois. En particulier en raison des matériaux qui la composent comme l’acier ou le béton. L’augmentation du prix des carburants renchérit aussi son prix complet d’acquisition puisqu’« on est passés de 500 à 700 euros pour la livraison d’une petite piscine », indique Rémy Saez à titre d’exemple.
Inquiétudes face aux restrictions d'eauLes ventes de piscines pourraient davantage connaître un repli du fait que les Creusoises et les Creusois s’inquiètent des éventuelles restrictions d’eau, voire pire (*) en raison de la sécheresse.
« Les gens ont peur de ne pas pouvoir remplir leur piscine, alors que le remplissage d’une piscine, c’est qu’une fois. » Et le professionnel de rappeler qu’il existe, une fois sa piscine remplie, des outils pour économiser l’eau. Les bâches ou couvertures limitent non seulement le développement des bactéries – et donc l’utilisation de produits – mais aussi l’évaporation de l’eau de la piscine. Les filtres à sable laissent de plus en plus place à des filtres à cartouche, bien plus économes en eau. Les professionnels insistent pour que les clients pratiquent l’hivernage sans baisser le niveau d’eau. Pour les besoins de remplissage ponctuel, « vous pouvez installer une cuve de récupération d’eau », ajoute Rémy Saez. « On essaie d’éduquer les clients pour qu’ils gaspillent le moins possible. » Delphine Vidal abonde : « Ça fait partie de notre devoir de conseil. »
(*) Dans les Pyrénées-Orientales, le maire de la commune d’Elne a pris un arrêté en mars pour interdire la construction de nouvelles piscines. À Callian, dans le Var, plus aucun permis pour la construction de piscines ne sera délivré pendant cinq ans.
Daniel Lauretdaniel.lauret@centrefrance.com
