Le piédestal des hussards
Cela n’est plus ni une surprise, ni une découverte. Juste l’accélération d’une tendance qui se confirme d’année en année. Le service public ne fait plus recette. Si cette désaffection est multi-factorielle, à commencer par l’aspect financier, elle n’est que la partie émergée d’un malaise plus global et plus profond. À l’heure de l’individualisme forcené, l’idée d’œuvrer pour l’intérêt général apparaît plus que désuète. Elle est en complet décalage avec une époque qui a élevé les influenceurs exilés à Dubaï en exemples ultimes de réussite. Cette fascination pour la superficialité bling-bling de ces rois des réseaux sociaux, qui ne sont pas à la veille de prendre l’avion direction Stockholm afin d’y recevoir un Nobel, résume tout de la perte de sens et de valeurs de notre société. Il n’est donc finalement pas étonnant que l’éducation, cœur du réacteur du contrat social, à la fois vecteur d’élévation et d’émancipation par le savoir, soit à ce point dévaluée et boudée. Il y a pourtant urgence à refaire de l’École le sanctuaire de la République, une et indivisible, et de remettre ses hussards sur le piédestal qu’ils n’auraient jamais dû quitter.
l’éditorial
Dominique Diogon
