Yohann Magnin avant Brest-Clermont Foot : "Croquer les trois derniers matchs"
S’il a moins joué au cœur du printemps, laissant la part belle au duo Gastien-Gonalons, Yohann Magnin a retrouvé temps de jeu et sourire. Avant le déplacement à Brest ce dimanche 21 mai (15 heures), pour lequel il ne cache pas les ambitions de l’équipe, il fait le point - comme toujours avec recul et précision - sur une saison déjà exceptionnelle.
On vous a moins vu pendant deux mois. Comment l’avez-vous vécu ?
"On n’est jamais très heureux quand on ne débute pas même si je suis rentré à chaque match. D’autant plus que je sortais d’une période où j’avais énormément joué. Mais ce sont des choix du coach. Il faut se mettre au service du collectif. Quand on fait appel à moi, je réponds. J’ai même évolué au poste de piston. Là, je viens de jouer les deux derniers matchs, je suis récompensé et tout va bien (sourire). Cela fait partie de la vie d’un footballeur, et d’une saison aussi."
Qu’en avez-vous retiré ?
"Cela a été une période un peu formatrice car depuis que je suis en pro, c’est vrai que c’est la période la plus longue où je reste sans trop jouer. La première semaine, je me suis posé quelques questions mais il a fallu basculer. Ce n’est jamais simple. On ne sait pas combien de temps cela peut durer. Et puis, il y a Max (Gonalons) qui revenait et qui a fait des bons matchs. Il faut savoir basculer psychologiquement, ne pas accepter d’être remplaçant mais tout faire pour revenir et être au service du coach. Et à un moment donné, la roue finit par tourner."
Un chiffre : 3C’est le nombre de matchs restant à disputer pour clôturer la saison de Ligue 1. Pour Clermont, ce sera 2 déplacements (Brest, ce dimanche à 15 heures et Paris, samedi 3 juin) pour 1 réception (Lorient), samedi 27 mai, à 21 heures. "On aimerait étendre notre actuelle invincibilité jusqu’au bout et atteindre les 10 matchs", avance Yohann Magnin.
Sans lui faire offense, on sait que Gonalons ne peut pas enchaîner tous les matchs. Il va prendre un an de plus, tout comme Gastien. Finalement, votre ménage à trois, n’est-ce pas l’idéal ? (*)
"(Il se marre). Il faut de la concurrence à tous les postes et notre job, c’est de causer “des problèmes” au coach en lui donnant beaucoup d’alternatives. Cela stimule tout le monde. On a, c’est vrai, des profils et des trajectoires de carrière qui sont différentes mais au final, quand on fait le bilan, on a été de bons compléments les uns pour les autres et tout le monde y a trouvé son compte. Même si Max, j’imagine, aurait aimé avoir moins de pépins physiques. On s’entend bien aussi sur et en dehors du terrain."
Clermont Foot : une tendance à inverser face à Brest, où il a souvent été en rade
Ce qui nous arrive, c'est presque limite trop non ? Non, c’est jamais trop !
Ce grand ciel bleu sur le Clermont Foot, vous le vivez comment ?
"(Il affiche la banane). C’est incroyable ! C’est presque limite trop non ? Non c’est jamais trop ! Il faut profiter, croquer les trois derniers matchs qui nous restent. Si on nous avait dit que nous jouerions libérés cette fin de championnat pour finir entre la 7e et la 11e place… C’est super pour tout le monde : les joueurs, le club, le staff, les supporters, la ville, la région."
Pensez-vous que vous "sur-performez"» en ce moment ?
"Si on fait le ratio classement-budget, et avec nos infrastructures, c’est clair qu’on « sur-performe ». Personne ne peut dire le contraire. Et même plus que ça ! Tout le monde vous voyait finir 19e ou 20e en début de saison. Mais sur le terrain c’est autre chose… Sur 35 matchs, il ne peut pas y avoir de hasard. C’est impossible. On ne mérite pas la Ligue de Champions, mais pas non plus les dernières places."
(*) Pascal Gastien a rappelé ce vendredi qu’il aimerait bien disposer de quatre joueurs pour ces deux postes de sentinelle.
Interview réalisée par Valéry Lefort
