Un an après la déception, le Mauriacois Alexandre Violle n'a pas loupé ses retrouvailles avec la Pastourelle
Depuis l’annonce de sa venue, la veille, Blandine L’Hirondel était attendue voire crainte même par les meilleurs garçons. Pensez-vous, une double championne du monde de trail qui prend un dossard en dernière minute, même si c’est pour « une sortie longue », ça inquiète.
Finalement, à 8 h 15, c’est en tenue de ville qu’elle s’est présentée sur le podium. Coincée par une petite douleur au pied, elle a renoncé en dernière minute, saluant tout de même les 1.500 coureurs inscrits sur les 32 kilomètres pour un parcours qui fait le tour du cirque de Récusset.
À sept minutes du record du parcoursComme pour saluer sa présence, la course a été rapide, très rapide. Au col de Néronne, le glouton Guillaume Tiphene avait avalé les 10 km en 39’29, survolant les 300 mètres de dénivelés positifs comme s’il était sur une vulgaire piste d’athétisme toulousaine. Le jeune homme pénétrait seul dans le brouillard vers la brèche d’Enfloquet, avec quelques jolies références sur son palmarès : 6 victoires en deux ans, dont le 45 km de l’Ecotrail, le 82 km de l’Euskal trails et des podiums sur le 45 km du grand raid des Pyrénées et le 47 km du festival des Templiers…
À ce moment-là, Alexandre Violle est à 1’30, mort de faim. Le Mauriacois connaît son adversaire, et sa pointe de vitesse : « Il court le marathon en 2 h 22, il est sur une autre planète… » Oui, mais le local a une histoire à régler avec cette course qu’il adore, mais qui s’est refusée à lui l’an dernier, à l’occasion des championnats de France.
« La chance qu’on a, c’est qu’on voit loin sur ce parcours. J’avais de supers jambes, j’ai grappillé, je suis revenu au train, petit à petit. Je le double à Saint-Paul-de-Salers (km 29), il me reprend dans la dernière bosse, on l’a faite à bloc et on termine ensemble. »
Le duo termine en 2h20’35, à 7’20 du record de l’épreuve. Alexandre Violle colle 16 minutes à son chrono de l’an passé et efface l’injure de la 48e place restée en travers de la gorge depuis. Il rit : « Mon année est déjà réussie ! » Derrière, le Sanflorain Pierre Reygade termine à 4’, esseulé à la troisième place.
Emilie Boyer n’avait pas de regret concernant la Pastourelle de l’an dernier : enceinte, elle était restée spectatrice. Cette année, elle a été accueillie en vainqueure par les gazouillis de sa petite fille de 9 mois, après avoir réussi à décrocher in extremis la Beaumontoise Marie Hervé. « Je suis partie vite, et elle m’a doublée après le col de Néronne, explique la sociétaire de la section trail de Vie et montagnes. J’ai beaucoup lutté pour arriver à la suivre, et j’ai tout donné dans la dernière bosse. On est restées longtemps au coude à coude. »
La puydômoise ne lui en tenait pas rigueur. À l’aise dans les descentes, technique, elle n’a jamais pu profiter de cet avantage. « On était tout le temps toutes les deux, on pouvait même se parler. Dans la dernière montée, j’arrive à la coller, mais elle se détache sur le dernier faux plat. » L’essentiel était ailleurs. Et si la bataille a été belle jusqu’au bout, elle aurait pu aussi se faire face à Blandine L’Hirondel. Cela aurait été une autre paire de manche…
Pierre Chambaud
