"Ces jeunes migrants vont se retrouver à la rue" : l'angoisse grandit au squat 5 étoiles de Clermont-Ferrand
"Vous n’imaginez pas à quel point l’attente est interminable. Les jeunes vivent dans l’angoisse et la tension depuis l’annonce d’expulsion lancée contre le squat." Ce cri du cœur lancé par Annie Llombart, enseignante à la retraite et présidente du Collectif citoyen 63, reste pour le moment sans réel écho. Pire, une nouvelle étape a été franchie le 10 mai avec le recensement des jeunes que le squat héberge par les services de la préfecture. Qu’est-ce que cela signifie ? "Même si c’est une obligation légale, cela ressemble à une étape de plus vers l’expulsion…" Un acte symbolique qui ajoute de l’incertitude sur ce lieu qui accueille depuis six ans des jeunes arrivés de Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Cameroun ou encore Afrique du sud-Ouest, qui attendent d’être évalués par l’aide sociale à l’enfance.
" Ils ne vont pas disparaître ! "La chef de file du collectif citoyen insiste : " Fermer le squat 5 étoiles serait une erreur. Ces jeunes “en situation de recours juridique” vont se retrouver à la rue. Ils ne vont pas disparaître ! Il faut trouver des solutions. On veut un centre d’hébergement collectif pérenne comme il en existe à Lyon ou à Paris. " Comme le rappelle Annie Llombart, en six ans, près de 300 jeunes ont franchi la porte de ce squat. Épaulés par la Ligue des droits de l’homme et d’autres associations, ceux qui ont été reconnus mineurs ont pu être pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance et rallier les bancs de l’école. Les autres, majeurs, ont achevé leur scolarité, demandé un titre de séjour et parfois décroché un contrat de travail.
" L’an dernier, on a pu offrir des vacances à certains. Aujourd’hui, ils ont leur sac au bout du lit… L’attente est douloureuse ", achève l’Auvergnate, qui a déjà prévu de rencontrer le préfet.
Carole Eon
