Subventions en baisse en Auvergne-Rhône-Alpes : "il faut aussi regarder ce qu'on fait avec la redistribution"
"Décision surréaliste et désolante qui confirme l’obsession de l’éxécutif à faire des économies, quitte à sacrifier de nombreux territoires comme l’Auvergne pourtant si chère à Laurent Wauquiez !" Le PRG et les autres groupes de gauche ne se sont pas privés de souligner les contradictions du président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes au sortir de la commission permanente de ce vendredi 12 mai au cours de laquelle la division par deux de la subvention au festival du court métrage de Clermont-Ferrand a notamment été votée. Le festival du court devra se satisfaire de 100.000 euros au lieu de 210.000 euros, comme nous l'annoncions jeudi soir. La gauche a voté contre la délibération.
Laurent Wauquiez raccourcit de 110.000 € la subvention au festival du court-métrage de Clermont
"C'est un nouveau coup de grêle qui s'abat sur la région en ce printemps. Et comme toujours, la grêle tombe à certains endroits et pas à d'autres, ironise Boris Bouchet (PCF). Sur le festival de court métrage, si le motif officiel, c'est le rééquilibrage, ça ne tient pas car le festival irrigue tout le territoire. Grâce à l'opération l'Ecole va au cinéma, 7.000 jeunes de 3 à 18 ans peuvent voir chaque année des courts métrages alors que la plupart ne seraient jamais allés au festival à Clermont."
Mais l'élu riomois craint que la vraie raison soit officieuse :
"Lors de la remise des prix du festival, le directeur a donné la parole à des syndicalistes qui en ont profité pour critiquer la politique culturelle de Laurent Wauquiez. Ce dernier a été hué. Je ne voudrais pas que la guillotine politique soit tombée sur le court métrage comme elle est tombée sur le théâtre nouvelle génération de Lyon."
La vice-présidente en charge de la culture, Sophie Rotkopf, justifie d'une autre manière la décision de sabrer la subvention au festival de cinéma :
"Certes, l'association effectue un travail tout au long de l'année, mais 210.000 euros pour une semaine de festival nous a paru surdimensionné. Pour les festivals d'envergure nationale, nous allons au-delà de 50.000 euros, et 100.000 c'est quand même beaucoup d'argent. Il faut regarder aussi ce qu'on arrive à faire quand on redistribue. Quand on subventionne un festival à Pierrefort dans le Cantal, cela permet à des personnes éloignées de la culture d'y accéder".
L'élue roannaise assure que la région subventionnera 55 nouveaux festivals et augmentera sa participation dans 120 autres En Auvergne, ce sont 36 structures qui verront leurs aides augmenter ou seront nouvellement accompagnées.(voir par ailleurs).
Près d'un million de subventions en moins, selon les VertsReste que, l'exécutif prenant soin d'annoncer les subventions sans préciser les montants des années précédentes, l'opposition est obligée de faire des recherches pour tenter d'avoir les variations. Selon le groupe écologiste, qui a entrepris ce travail de fourmis, avec cette première série de subventions (la seconde sera votée à la commission permanente de fin juin) ce sont entre 800.000 et un million d'euros qui sont supprimés, après les quatre millions de l'an passé.
Qui sont les gagnants du rééquilibrage ? Sans donner tous les chiffres, Sophie Rotkopf a listé des festivals auvergnats qui verront leurs subventions augmenter et ceux qui sont aidés pour la première fois. Parmi ceux qui voient leurs subventions augmenter, le festival Jazz au fil du Cher à Montluçon (de 15.000 à 23.000 euros), BD en Limagne, Caillou costaud à Pierrefort, Snow jazz festival, La Pamparina à Thiers, Apéros musique de Blesle ou Au cœur de Cosne-d'Allier. Quant à ceux qui seront aidés pour la première fois, figurent la fête du livre de Mauriac, Jazz et villages à Châtel-Montagne, le Gros tonneau à Artonnes, Saint-Flour en jazz ou encore Aurillac en scène.
Laurent Bernard
