Dans le Cantal, il menace sa compagne en insérant un couteau dans la bouche
« Un jour, vous allez finir par la tuer ! » lance Paolo Giambiasi, procureur de la République d’Aurillac. Ce vendredi 12 mai, un homme de 33 ans a été jugé en comparution immédiate pour violences conjugales. Le couple, qui habite une commune du Cantal, a trois enfants, tous placés.
Mardi 9 mai, vers 14 heures, une amie de la victime appelle la gendarmerie. Elle s’inquiète, car son amie vient de lui confier que son compagnon a tenté de l’étrangler dans la nuit. Une patrouille se déplace. La victime est ivre, mais seule : son compagnon exerce alors son droit de visite aux enfants.
Deux entailles, un hématomeAux gendarmes, elle dit subir des violences quasi quotidiennes. L’alcool a toujours été là. Néanmoins, depuis que les enfants ont quitté le domicile et que le père de famille, licencié, a perdu son emploi, les doses atteignent des sommets…
Dans la nuit du 8 au 9 mai ? Une violente dispute a éclaté. Son compagnon l’a menacée avec un couteau qu’il a introduit dans sa bouche, affirme-t-elle aux gendarmes. La victime indique également avoir été touchée par un tir, sur la fesse, de pistolet à plomb. Les examens médicaux ne la contredisent pas. Deux entailles sont relevées sur la commissure de ses lèvres, ainsi qu’un gros hématome au niveau du postérieur.
À la barre, le prévenu retrace le déroulé de la soirée. Il attendait l’appel d’une amie. Sa compagne s’est mise en colère. « Elle m’a tapé. Et au moment où je devais recevoir l’appel, le téléphone était caché. » Il pique une crise. Saisit la mère de ses enfants, l’immobilise.
« J’ai mis les doigts dans ses yeux, j’ai appuyé. Elle ne me répondait toujours pas. »
Il lui insère ensuite un couteau dans la bouche… jusqu’à ce que coulent de petites gouttes de sang. Là, « j’ai jeté le couteau dans l’évier », coupe-t-il.
« J’ai honte »« Et avec le pistolet ? », relance la présidente du tribunal. « Un accident, répond-il. C’est en voulant le prendre que le coup est parti. » Il conteste également avoir tenté de l'étrangler.
L’homme a un casier judiciaire, mais n’a jamais été condamné pour violences conjugales. « C’est l’alcool, la dépression », explique-t-il aux juges. « J’ai honte. »
Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur. Le trentenaire a été condamné à deux ans de prison, dont neuf mois avec sursis probatoire. Sa peine comprend, entre autres, l’interdiction d’entrer en contact avec sa compagne et de se rendre chez elle.
Romain Blanc
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