Le sport adapté veut se faire adopter dans le bassin de Vichy
C’est le nouveau défi du tennis club de Creuzier-le-Vieux et de son président Laurent Colléry. Dans les prochains mois, le club veut pouvoir accueillir et encadrer, comme il se fait déjà avec des pratiquants valides, des joueurs en situation de handicap mental. "C’est un vrai projet de développement du club", explique le président. Par la présence d’IME et d’accueils de jour locaux, ce jeudi 11 mai, au complexe Tuloup de Creuzier-le-Vieux, le club veut accroître sa visibilité.
Rapprocher établissements et clubs sportifs"Ce genre de journée de rencontre est bénéfique pour tout le monde, avance Nicole Léger, présidente des actions sociales et solidaires du comité de tennis de l’Allier. Les personnes en situation de handicap découvrent une discipline, prennent du plaisir à jouer, et dans le même temps, club et instituts spécialisés prennent contact pour développer une relation."
Dans le gymnase transformé en cours de tennis, météo oblige, les tennismen d’un jour ont pris du plaisir, raquette en main. "À l’heure actuelle, nous proposons un cours d’une heure par semaine de paratennis adapté, mais nous en voulons plus", explique Laurent Colléry.Les sourires sur les visages des participants, une victoire pour les organisateurs de cette journée découverte du paratennis.
Depuis deux ans au cœur du projet associatif, le club creuziérois essaye d’attirer ces publics vers la pratique du paratennis, mais la route est encore longue. Selon lui, il s’agit d’un problème d’offre et de demande. "Nous avons simplement du mal à nous faire connaître, c’est une situation un peu paradoxale. Les établissements ne connaissent pas l’offre disponible. Et de notre côté, nous n’avons pas ou peu de contacts avec eux. Se créer un réseau, c’est le plus difficile", estime-t-il.
Fort heureusement, le travail du club commence à porter ses fruits et des premiers contacts se nouent. "Nous faisons office de club support avec des actions de promotion comme cette journée."
L’offre que nous voulons développer est peu répandue sur Vichy et nous voulons y remédier en nous faisant connaître.
Organisée en partenariat avec le comité départemental du sport adapté, la journée a été une belle réussite pour tout le monde. "La mise en contact des établissements et des clubs est très importante pour tisser des liens et développer une pratique plus régulière des personnes en situation de handicap", explique Marina Chassagnol, conseillère technique fédérale pour le comité.
"Il y a des moyens pour faire bouger les choses"Une journée de découverte doit amener les établissements à revenir plus tard vers les clubs pour pérenniser les séances et permettre à ces publics en situation de handicap d’avoir accès à une pratique physique et ludique adaptée. "Nous sommes preneurs de ce genre d’initiatives, cela leur permet de découvrir d’autres personnes tout en se dépensant lors d’une activité faite pour eux", lancent Sandrine Cardoso et Rémy Barrière, aides médico-psychologiques pour l’Adapei et accompagnateurs d’un groupe.
Déterminé, comme d’autres, à se développer dans le sport adapté, le tennis club creuziérois poursuit sa formation en adhérant au projet "club inclusif" (lire ci-dessous). "C’est une volonté à avoir, il y a des moyens pour faire bouger les choses", conclut Laurent Colléry.
Nathan Marliac
