Lettre commune au ministre : le Paris-Clermont et le Paris-Limoges veulent prendre le train de la modernisation
Ce n’est pas la première fois que l’association Objectif Capitales, pour la ligne Paris-Clermont, et l’association POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse) agissent ensemble pour une meilleure desserte ferroviaire de leurs territoires respectifs, ni peut-être pas la dernière. Mais le moment est décisif et les défenseurs de ces lignes Intercités ne veulent pas rater le train de la modernisation.
Un plan à 100 milliardsUn train nommé Plan d’avenir ferroviaire. Ce plan a été annoncé en février par la Première ministre Élisabeth Borne, qui a évoqué une enveloppe de 100 milliards d’euros pour financer les investissements sur le rail dans l’Hexagone à horizon 2040.
100 milliards provenant de l’État mais aussi de l’Europe et des Régions. Autant de parties prenantes qui dicteront les arbitrages entre projets en fonction des intérêts et priorités des unes et des autres. En première ligne figurent les lignes à grande vitesse Lyon-Turin et Bordeaux-Toulouse, ainsi que les fameux RER métropolitains, dont l’idée a été lancée avec le plan.
Et ensuite ? Les lignes structurantes, dont les Intercités ? Le plan devra concerner « tous les Français », dixit la Première ministre, avec « plus de trains, une meilleure ponctualité et des temps de trajet moins longs. »
Régénérations des voies, nouvelles rames, et après ?C’est justement dans cette logique que s’inscrivent les associations Objectif Capitales et POLT, dont les présidents Patrick Wolff et Jean-Claude Sandrier ont cosigné une lettre d’ores et déjà expédiée au ministre des Transports, Clément Beaune. Dans laquelle ils expriment clairement leur volonté de ne pas s’en tenir aux travaux de régénération de voies en cours et à la livraison du nouveau matériel roulant (rames Oxygène sur les deux lignes), ce qui mettra Limoges à 2 h 49 de Paris, à partir de 2026, et Clermont à 3 h 15 en 2028 (seule la ligne vers Clermont fait l’objet d’une étude complémentaire demandée par l’Autorité environnementale, qui ajoute deux ans de délais). « Nous demandons qu’un investissement complémentaire conséquent soit attribué, dès 2023, afin de donner une dimension nouvelle à la modernisation de chacune de nos lignes et répondre ainsi pleinement aux objectifs rappelés par Madame Borne, lors de la présentation de son plan », écrivent-ils.
Et de rappeler que ces deux axes ferroviaires, reconnus comme « structurants » par l’État, « desservent directement et indirectement près du quart du territoire national et cinq régions, dix millions d’habitants avec les correspondances ».
D’où la conviction profonde des deux associations qu’il faudra aller bien plus loin que l’actuel schéma directeur, et mobiliser les moyens de réduire les temps de liaison avec la capitale à 2 h 30. « Ce n’est pas un caprice », martèle Patrick Wolff, en marge de cette lettre, mais bien un effort nécessaire « à la hauteur des besoins de développement économiques de nos territoires ».
Avec en figures de proue Legrand, côté limougeaud, et Michelin, côté clermontois, qui pèsent aussi de tout leur poids dans les coulisses de cette bataille.
Les associations, elles, jouent donc l’interpellation solennelle du gouvernement pour que les deux lignes en question ne soient pas les oubliées du plan annoncé. Après des décennies de déliquescence, dans l’attente du mirage TGV.
Les fameux arbitrages du plan d’avenir ferroviaire sont attendus en juin.
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Patrice Campopatrice.campo@centrefrance.comTwitter : @patricelmt
