Les vans aménagés permettent de voyager en toute liberté : "C’est notre maison de campagne"
Après une journée de pluie, le soleil a réussi à percer les nuages ce dimanche matin. Dans sa maison de Berzet, sur la commune de Saint-Genès-Champanelle, Michel n’a pas encore ouvert la porte du garage où est soigneusement entreposé son Volkswagen T6. Mais cela ne saurait tarder : "Je pars 3-4 jours dans le Cantal."
Polyvalent et très facile à conduireAmateur de sports de plein air, de moto et de voyages, avec son épouse Sylvie cela fait plus de 35 ans qu’ils ont opté pour les séjours nomades afin de parcourir la France et l’Europe. Il se souvient :
On a commencé par des camionnettes aménagées pour les vacances, pour pratiquer du sport ou, certaines fois, comme logement lors de formations
Bricoleur, Michel s’occupant de réaliser les transformations des utilitaires. "J’ai même adapté un Renault Espace", se rappelle-t-il. Avant de basculer sur un van aménagé. "On a eu un Volkswagen California T5 et désormais un T6. Maintenant que je suis à la retraite, et que mon épouse le sera en fin d’année, je pense que l’on va davantage utiliser notre van. Au moins six mois par an", projette-t-il.
Au volant de leur quatre roues, mari et femme éprouvent un sentiment de liberté. "C’est tellement polyvalent que l’on peut tout faire avec. J’ai même télétravaillé." Hervé, habitant d’Issoire, a, lui aussi, le van au cœur. "Notre premier fourgon date de 1991. On peut dire que le van, c’est notre maison de campagne."Les couples sont de plus en plus adeptes de ce mode de déplacements. Le père de trois enfants a, de nombreuses fois, profité de ses véhicules aménagés pour partir sur les routes en famille lors de vacances, mais pas que. "Un van, ça peut même devenir un véhicule de tous les jours. Comme nous sommes cinq, cela nous a permis de nous déplacer en nombre. Je m’en suis même servi pour des déménagements", ajoute Hervé qui a tout de même eu une parenthèse camping-car.
On a tenté [le camping-car]. Et puis finalement, on s’est rendu compte que c’était un véhicule supplémentaire, avec une assurance élevée à payer, un entretien, et puis c’est un véhicule contraignant. Il y a, par exemple, des parkings obligatoires à utiliser, où il est interdit de se rendre dans certaines villes. Alors, on l’a revendu.
"Pour les utilisateurs, un van, c'est comme une voiture. Pour se garer, on n’utilise qu’une place de parking, c’est aussi plus facile de circuler notamment dans les centres-villes, alors que pour l’autoroute, on paye un tarif de catégorie 1. Beaucoup de personnes achetant également un van comme seconde voiture", confirme David Montanari, gérant de l’agence de location Van Away, située à Royat.
Facilité de conduite, polyvalence, liberté sont donc des éléments qui reviennent souvent dans la bouche des utilisateurs. Sans oublier sa souplesse d’utilisation. "Avec un van, on peut mettre rapidement son projet en route. On peut aussi gommer les aléas de la météo : s’il pleut, on change de lieu", abonde Fabrice Chamek, gérant de la concession-garage Van Concept à Aubière.Il est possible de découvrir des points de vue uniques. Photo Franck Boileau
La pratique s’est aussi facilitée avec l’arrivée d’applications comme "Park4night" qui recense des lieux pour stationner son véhicule nomade la nuit. "Cela permet de nous faire gagner du temps", avoue Michel.
Le Covid a eu un effet positif sur la pratiqueUn temps précieux que les clients ont souhaité prendre de plus en plus, notamment à la sortie des confinements. "Le Covid a eu un effet positif sur la pratique. Au moment où les hôtels, restaurants et lieux de loisirs étaient fermés, le van permettait tout cela et en toute autonomie", confirme David Montanari. Pour Fabrice Chamek le van dispose également d’une belle côte de sympathie.
Ce n’est pas rare que lorsque l’on se gare, les gens viennent regarder comment les vans sont aménagés. Ces véhicules font remonter les souvenirs.
Le spécialiste du multivan constate par ailleurs un autre avantage, plus mercantile. "La cote des vans a vachement grimpé. Par exemple, un modèle neuf que je vendais 52.000 € en 2017, est estimé aujourd’hui 74.000 €?! Et c’est pareil pour l’occasion. Un van, cela ne décote pas, c’est même un investissement."Il est même possible de télétravailler dans son van. Photo Florian Salesse.
Le plein de projets en vanHervé et Michel, eux, n’ont pas en tête de revendre leur véhicule. Mieux, ils débordent de projets. "Notre prochaine destination sera Albi", assure l’Issoirien tendant un guide emprunté à la médiathèque.
Michel, lui, s’apprête à réaliser de nouveaux aménagements. "Je vais couvrir le toit de photovoltaïque pour aller au-delà de l’autonomie actuelle des batteries. Je voudrais pouvoir recharger vélos et motos électriques." Un peu de travail avant de prendre la route pour un grand périple : "Notre prochain objectif?? Aller jusqu’en Italie, prendre le bateau jusqu’en Grèce et revenir en Auvergne en van." Mais d’ici là, Michel, Hervé et les nombreux amateurs de vanlife auront plein de séjours de dernière minute à réaliser. C’est ça la liberté.
Jean-Baptiste Botella
