L'entreprise à suivre : Befesa, un expert en recyclage de métaux
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La faiblesse des filières de recyclage dans l’industrie est un point de crispation récurrent dans le débat sur la transition vers une économie moins consommatrice de ressources. Dans l’univers des sociétés cotées, quelques acteurs sont positionnés sur cette thématique. Aux côtés de gros groupes généralistes comme Veolia, on trouve des spécialistes de taille moyenne. Befesa en fait partie.
Cette entreprise cotée en Allemagne est le leader du recyclage des poussières d’acier et des scories salines d’aluminium. Les analystes estiment qu’elle possède quasiment la moitié du marché en Europe et aux Etats-Unis. C’est aussi un acteur clef en Corée du Sud, en Turquie et depuis peu en Chine. Le parcours de Befesa est singulier. La société a été fondée à la fin des années 1980 en Espagne. Son PDG est d’ailleurs espagnol, comme une partie de l’équipe de direction. Elle compte parmi ses principaux actionnaires la fameuse Corporacion Financiera Alba, de la famille March, l’un des plus gros investisseurs privés de la péninsule. Befesa a été cotée à Madrid par le passé, avant de passer entre les mains du groupe Abengoa en 2000 puis d’être vendu à Triton en 2013. C’est ce fonds d’investissement qui a orchestré le retour en bourse en 2017, mais en Allemagne cette fois. Un choix dicté par la proximité de gros clients du groupe et par un vivier d’investisseurs plus fourni qu’en Espagne.
En 2022, la société a réalisé 79 % de ses revenus avec l’acier et 21 % avec l’aluminium. Le modèle d’affaires est relativement simple. La division acier collecte et recycle les poussières et résidus générés lors de la production d’acier brut, inoxydable et galvanisé dans les fours à arc électrique. Befesa en extrait de l’oxyde de zinc, qui est revendu aux fonderies de zinc. La société gagne de l’argent à la fois via ses prestations de collecte et de recyclage, mais aussi en revendant cet oxyde de zinc. De façon plus marginale, elle rétrocède d’autres produits du recyclage à ses clients, comme le nickel et le chrome. La division aluminium collecte et recycle des résidus dangereux issus du cycle de production primaire. Sur le même principe, elle récupère des concentrés et d’aluminium pour les revendre ou produire des alliages d’aluminium secondaires, qui sont ensuite écoulés dans des filières spécifiques, notamment l’automobile.
Un haut niveau de marge
Le marché sur lequel évolue Befesa est en croissance constante, avec pour moteurs internes le renforcement des normes environnementales et les atouts de l’économie circulaire. Les barrières à l’entrée sont relativement élevées, parce que les industriels ont besoin de partenaires fiables et efficaces pour remplir leurs propres obligations réglementaires. Befesa est donc un interlocuteur privilégié, qui dispose de processus éprouvés. La preuve en chiffres avec une activité en progression, qui dégage des marges de haut niveau pour le secteur : 14,5 % de marge d’exploitation et 9,4 % de marge nette l’année dernière. La valorisation est plutôt modérée, même s’il faut se méfier du PER basé sur le bénéfice net, qui rend la mariée un peu trop belle. Si l’on se base sur la génération de cash-flow libre, l’action est moins bon marché, en raison de la vague d’investissements qui a été réalisée dernièrement, notamment en Chine.
En contrepartie, l’endettement est un peu élevé. S’il fallait ajouter un autre bémol, ce serait la cyclicité inhérente de l’activité. La dynamique de Befesa dépend de la santé de ses clients producteurs de métaux. Son activité de revente de produits est animée par les mêmes tendances sous-jacentes, qui dictent les cours sur le marché du négoce. Par conséquent, la visibilité est plutôt bonne, mais le dossier n’est pas aussi défensif que le suggère son enseigne "Recyclage et économie circulaire". Befesa n’en demeure pas moins une entreprise assez rare, à la croisée des tendances majeures de la transition industrielle vers davantage de sobriété.
