Condamné pour la 7e fois pour des coups sur sa conjointe dans le Cantal
Le 25 mars dernier, le fils de la victime, âgé de 17 ans, appelle sa tante pour l’avertir. Son père vient de porter au moins deux coups à sa mère, en présence des trois enfants qui entendent aussi "des hurlements, des cris". À l’arrivée des gendarmes au domicile à Saint-Flour, la victime confirme une gifle et une claque sur la fesse gauche.
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Le prévenu, âgé de 41 ans, n’en est pas à sa première récidive. En couple avec la victime depuis 2006, il a dès lors été reconnu coupable de violences sur conjoint, sur cette même personne, six fois au total. Il a bénéficié de plusieurs sursis jusqu’en 2013, où il est condamné à six mois de prison ferme. "Et oui, à un moment, ça tombe", commente le président du tribunal, Philippe Juillard. Mais les passages à l’acte ne cessent pas : 2016, 2018, 2019, 2020. Et en 2021, des faits d’outrage et de violences sur personne dépositaire de l’autorité publique lui valent sept mois d’emprisonnement.
Votre fils a dit que vous tapiez sa mère, il a dit : "Je voudrais qu'il comprenne qu'il faut arrêter"
Le président a aussi indiqué avoir reçu "une lettre de madame", fait "courant dans ce genre d’affaires", pour dire que le prévenu "n’est pas une mauvaise personne". Ce dernier a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Jusqu’ici, "on était sur une minimisation", note la procureure, Agathe Bord. "Nous sommes toujours face à la même difficulté de passages à l’acte."
Des passages à l'acte inhérents à une personnalité "inquiétante"Violence inhérente à sa personnalité, caractérisée par "des pertes de contrôle quand il consomme de l’alcool", des traits de possessivité, d’impulsivité, et d’intolérance à la frustration. Les huit condamnations pour violences - dont six pour violences conjugales - témoignant d’une "réitération" systématique, l’amènent à qualifier le prévenu de "personnalité inquiétante". Elle a requis trois de prison ferme dont un an avec sursis probatoire renforcé.
De son côté, Me Corinne Sermadiras, a misé sur l’anamnèse du prévenu pour le défendre. "Né d’un mariage qui a duré quatre mois, il a été placé en famille d’accueil jusqu’à 18 ans, âge auquel il est retourné voir sa mère : elle l’a mis dehors ! Entre-temps, elle s’était remariée, avait eu deux enfants qui, eux, n’ont jamais été placés. Donc oui, il a de la colère en lui, mais il accepte le fait qu’il mérite une sanction. La seule chose importante pour lui, ce sont ses enfants."
Avant les délibérations du tribunal, le prévenu a déclaré : "Cela fait 17 ans que je suis avec elle. Nous avons tous les deux des problèmes d’alcool. J’étais abstinent jusqu’en janvier, où elle m’a proposé de l’alcool." Il écope de trois ans de prison ferme dont un an de sursis probatoire renforcé pendant trois ans, avec obligation de soins et de travail, interdiction de contact avec la victime, de se rendre au domicile. Incarcéré depuis sa garde à vue, le tribunal a prononcé le maintien en détention.
Anna Modolo
Tél. 3919. Les femmes victimes de violences peuvent contacter ce numéro d'urgence, gratuit et anonyme, accessible 7 jours sur 7.
