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Май
2023

Géants de la tech : la fin de l’exception irlandaise

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A Dublin, l’hiver a été frais sur les bords de la Liffey. Les salariés des docks ont grelotté à l’abord de chaque résultat trimestriel des grandes multinationales américaines de la tech, où la majorité de leurs sièges européens sont installés depuis une vingtaine d’années. Le ralentissement économique, symbolisé chez Meta par la baisse de 1 % du chiffre d’affaires sur un an, une première, a entraîné des plans sociaux en pagaille. L’Irlande a pris sa part : 350 départs au sein de l’entreprise dirigée par Mark Zuckerberg, 240 pour Google, 140 pour Twitter, 130 pour Intel, 60 pour Microsoft, plus de 200 pour Indeed, 400 chez Accenture ou encore 1 000 pour Stripe, d’origine irlandaise, mais fondée et installée aux Etats-Unis. Sans compter les gels des embauches. La fin du printemps risque de ne pas être plus clémente. L’inflation perdure aux Etats-Unis comme en Europe, affectant à la fois les ventes de ces titans ainsi que leurs revenus publicitaires. Meta, encore lui, aurait 10 000 suppressions de postes supplémentaires dans les tuyaux, avec une nouvelle vague, probable, pour la "Silicon Dock" dublinoise. Le réseau Technology Ireland attend encore 3 000 pertes d’emplois, portant le total à plus de 5 000.

Que représentent concrètement ces licenciements pour l’Irlande ? Deux visions s’affrontent. La confiante, avec de robustes arguments : le récent boom de l’intelligence artificielle apporte de nouvelles perspectives de croissance. Ces licenciements ne constituent, par ailleurs, qu’une modeste part des embauches massives signées lors de la pandémie. Meta, une nouvelle fois, en est un bel exemple, avec un doublement de ses troupes entre 2019 et 2022. Au total, l’Irlande a gagné près de 50 000 postes dans le secteur depuis 2018. "Les risques que le ralentissement des entreprises technologiques fait peser sur le pays sont exagérés. Les facteurs à l’origine de ce ralentissement sont en grande partie liés à une correction de la croissance due à la pandémie", estime Declan Jordan, économiste irlandais à l’université de Cork. Il redoute un autre problème : "La crise du logement, qui augmente le coût de la vie en Irlande et rend plus difficile l’attraction des talents étrangers dont nous avons besoin, me semble un risque beaucoup plus important pour les investissements directs étrangers dans le pays, et pas seulement dans le secteur technologique."

L’économie du Leprechaun

Moins d’emplois dans le numérique, c’est d’abord moins de rentrées fiscales. Le salaire moyen des ingénieurs dans la tech tourne autour de 70 000 euros brut annuels. Chez Google Irlande, il dépasse même les 130 000 euros. Une rémunération bien supérieure aux 45 000 euros en moyenne dans le reste du pays, statistique que le secteur tend déjà à gonfler mécaniquement. Plus encore que les taxes sur les salaires, le Tigre celtique scrute avec attention le montant des impôts qui seront versés prochainement par les puissantes firmes américaines, dont l’Irlande est foncièrement dépendante. L’île appâte depuis les années 1980 les multinationales sur le marché européen avec un taux d’imposition sur les sociétés parmi les plus bas du monde, à 12,5 % (contre 26 % pour la France, par exemple). Avec une situation politique stable, et une langue commune, l’anglais, l’Irlande s’est imposée comme la porte d’entrée idéale pour les firmes désireuses d’attaquer l’immense marché commun du continent.

Outre la tech, le pays accueille également les sièges d’importantes compagnies pharmaceutiques comme Pfizer ou Merck. Si les montants exacts sont confidentiels, il est établi que les firmes étrangères règlent aujourd’hui la majorité des impôts payés par l’ensemble des entreprises basées en Irlande (22,6 milliards d’euros en 2022). Selon un récent rapport de l’agence irlandaise Goodbudy, une dizaine d’entreprises, dont les Gafam, représentent à elles seules 50 % des recettes fiscales. "L’économie du Leprechaun", comme l’a surnommée l’économiste Paul Krugman en référence au lutin vert issu du folklore local, est une incongruité mondiale. Elle a enregistré en 2015 une hausse spectaculaire du PIB de 26,5 %, puis un taux de croissance positif (+ 3,4 %) en 2020, en pleine crise du Covid. Depuis, l’Irlande déploie des efforts pour se diversifier. "La production industrielle dépasse 40 % de la valeur ajoutée du pays", note à ce titre la chercheuse à l’Institut de recherche économique et sociale (Ires), Noélie Delahaie.

Le spectre d’une décélération durable des géants de la tech est tout de même pris très au sérieux. Les agences nationales pour l’emploi ont multiplié les alertes sur les derniers mois de l’année 2022, d’après Bloomberg. La puissante Agence irlandaise pour l’investissement étranger (IDA) a prévenu des perspectives "incertaines" pour 2023. "La dépendance de l’Irlande à l’égard du secteur technologique international présente des risques pour la croissance, l’emploi et les recettes fiscales en cas de ralentissement sévère ou prolongé", a également écrit la Banque centrale irlandaise dans un rapport publié en mars. Au sein de l’Institut de recherche économique et sociale (Esri), on évalue les enjeux d’un tel bouleversement à 34 milliards d’euros. Contacté par L’Express, Conor O’Toole, économiste au sein de cet institut, juge primordial de "développer les secteurs indigènes", y compris dans la tech, en aidant les entreprises locales à prendre de la valeur. En bref, de se préparer à la fin d’un modèle. C’est le sens des dernières évolutions stratégiques prises par les autorités irlandaises, qui espèrent augmenter de 20 % le nombre de start-up d’ici à 2024, et de 50 % le nombre de grandes entreprises exportatrices d’ici à 2030.

Dublin, ami des Gafam

Entre-temps, d’autres vents contraires pourraient souffler. L’impact de la mise en place de l’impôt minimal de 15 % sur les multinationales porté par l’OCDE et voté fin 2021, et qui devrait être mis en place d’ici à 2024, est pour le moment inconnu. Les optimistes soulignent la faible augmentation par rapport au taux actuel et le fait qu’il ne sera applicable qu’aux compagnies affichant un chiffre d’affaires de plus de 750 millions d’euros. Au moment de l’adoption de ce nouveau taux, le gouvernement évaluait à environ 2 milliards d’euros de pertes l’impact de cette fin de statut de "paradis fiscal pour entreprises". "Cela signifiera probablement une nouvelle phase de ralentissement. L’économie irlandaise en pâtira sans aucun doute", juge Matthew Lesh, de l’Institut des affaires économiques (IEA) britannique.

Ce dernier pointe également une autre embûche de taille. L’Europe n’est plus l’eldorado qu’elle était pour les géants de la tech. La réglementation de l’Union européenne devrait prochainement se durcir avec l’entrée en vigueur des Digital Services and Market Act (DSA et DMA) dans le courant de l’année. Dublin a longtemps joué le rôle de pare-feu entre l’UE et les Gafam. Quitte à écorner son image. "Les régulateurs irlandais sont pieds et poings liés à l’industrie irlandaise", regrettait l’activiste autrichien Max Schrems dans nos colonnes, en janvier, reprochant à la fois le manque d’agressivité et la lenteur des procédures locales. Bruxelles a semblé reprendre la main, en prononçant davantage de sanctions. En 2022, leur montant a approché les 3 milliards d’euros, du jamais-vu. La fragmentation de l’espace géopolitique touche plus que jamais les entreprises technologiques. "Comment vont-elles s’aligner, demain, face aux différents blocs américains, chinois ou européens ?", s’interroge Conor O’Toole. Voilà un autre élément d’incertitude.

La dernière limite à l’essor irlandais de la Big Tech tient peut-être, enfin, à la question environnementale. En plus de sa fiscalité attrayante, l’Irlande a l’avantage de disposer d’un climat frais et de bonnes ressources en eau. Idéal, sur le papier, pour alimenter et refroidir les immenses centres de données devenus indispensables à leurs activités. "Les datas sont de l’or", a lui-même admis le Premier ministre irlandais, et ancien ministre chargé des entreprises, Leo Varadkar. Mais, face au réchauffement climatique et à la raréfaction des ressources, des voix appellent à en limiter l’installation. Selon un rapport de la Commission sur l’eau et l’énergie irlandaise (CRU), publié l’an passé, la consommation électrique de ces centres de données absorbera 27 % de la consommation nationale d’ici 2028, contre 11 % aujourd’hui, si la situation n’évolue pas. Les multinationales doivent d’ores et déjà envoyer leurs données hors de Dublin. Et demain, hors de l’île ?






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