Getinge : l’expert des appareils critiques en milieu hospitalier
La valeur de demain est réalisée en partenariat avec Zonebourse.com
En Suède, Getinge est à la fois un village du comté de Halland et la société du même nom. C’est là qu’elle a été fondée en 1904 afin de produire des équipements de stockage pour les laiteries. Au fil du temps, l’activité s’est lentement déplacée vers le secteur de la désinfection en milieu médical. Il y a plus d’un demi-siècle, l’entreprise a assis sa réputation sur des laveurs-désinfecteurs automatisés pour les hôpitaux. Désormais, elle opère sur trois segments principaux. D’abord, les systèmes médicaux destinés aux salles d’opération et aux soins intensifs qui représentent 54 % du chiffre d’affaires en 2022 et couvrent les respirateurs, les moniteurs de surveillance ou les systèmes d’assistance cardiaque. La seconde division, qui pèse pour 32 % du chiffre d’affaires, concerne les flux de travail en chirurgie, comme les tables d’opération et les stérilisateurs d’instruments. Enfin, la branche sciences de la vie (13 % des revenus) propose des solutions stériles et de désinfection pour les laboratoires et la recherche médicale.
Getinge sort d’un effort de restructuration laborieux mais plutôt réussi, qui visait à se concentrer sur ses métiers les plus prometteurs, c’est-à-dire les plus dynamiques et les plus rentables. Le reste du portefeuille a été scindé et placé en Bourse sous la bannière Arjo. Ce recentrage a coïncidé, fortuitement, avec l’explosion des besoins en équipements médicaux provoquée par la pandémie de Covid-19. Les acteurs possédant un tant soit peu de savoir-faire dans le domaine du matériel médical évolué se sont retrouvés dans une forme d’économie de guerre, avec des commandes urgentes passées à n’importe quel prix, au sens propre, par les autorités. Cette situation a bien sûr dopé les ventes et les bénéfices.
Comme les autres fournisseurs de matériel médical, Getinge est monté au zénith en Bourse tant que le monde avait peur du virus. Avant de chuter en 2022, lorsque le Covid a rétrogradé dans l’échelle des préoccupations. Au crédit de l’entreprise suédoise, il faut malgré tout inscrire une assez bonne gestion du pic d’activité et du retour à un rythme plus conforme aux standards de l’industrie. D’autres acteurs sont montés très haut avant de connaître un sérieux trou d’air. Le chiffre d’affaires de Getinge devrait ainsi revenir dès cette année aux niveaux du record inscrit en 2020 : environ 29,9 milliards de couronnes suédoises, soit quelque 2,6 milliards d’euros. Quant à la marge d’exploitation, elle est toujours inférieure à celle de 2020 (18,3 %), mais elle reste durablement plus élevée qu’avant la pandémie. Elle devrait passer de 14,5 % en 2022 à 16,7 % en 2025, si les anticipations des analystes se confirment.
A l’avenir, les ventes devraient croître de 2 à 5 % par an pendant que les marges progresseront en pente douce. La comptabilité est facilement lisible, signe qu’il n’y a pas d’artifices sur les résultats. La génération de cash-flow libre est élevée et le bilan robuste. Ce sont de bons points dans un contexte économique incertain. Autre atout de l’entreprise, les revenus récurrents représentent un peu plus de la moitié du chiffre d’affaires. On parle là de ventes relativement captives parce qu’elles portent sur des consommables, des prestations de maintenance ou des interventions sur du matériel déjà installé. Plus globalement, les multiples de valorisation sont revenus à des niveaux acceptables après les excès liés à la pandémie. Le secteur des technologies médicales bénéficie toujours d’une prime substantielle sur la moyenne du marché, mais Getinge est plutôt en queue de peloton.
Seul bémol, le management est victime ces dernières années d’une certaine instabilité, qui explique sans doute en partie la décote dont pâtit l’action vis-à-vis de ses pairs. Les perspectives de court terme sont relativement prudentes, puisque les dirigeants ont prévenu que la pression sur les marges, constatée fin 2022, allait sans doute perdurer au premier semestre 2023. Cela ne retire pas à cette valeur ses qualités fondamentales, qui en font une bonne option défensive dans un portefeuille.
