2,3 millions de manifestants selon la CGT, violences, suite du mouvement : ce qu'il faut retenir de ce 1er mai
Du monde, mais pas de "raz de marée"
"C'est un gros 1er mai. Ce n'est pas un baroud d'honneur, c'est la contestation du monde du travail de cette réforme", s'est réjoui le leader de la CFDT Laurent Berger.
"Ce 1er mai est un des plus forts du mouvement social", a renchéri la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, dont l'organisation a revendiqué en fin d'après-midi "2,3 millions de manifestants dans toute la France".
Les chiffres étaient de fait bien au-delà d'un 1er mai classique, même si ce n'était pas le "raz de marée" espéré des syndicats.
La police a ainsi compté 16.300 manifestants à Caen (40.000 selon la CGT), 11.000 à Marseille (130.000), 13.500 à Toulouse (100.000), 15.000 à Brest (33.000), 14.000 à Clermont-Ferrand (25.000), 2.000 à Charleville-Mézières (4.500)...
À Paris où la CGT a dénombré 550.000 personnes, le chiffre de la préfecture de police n'était pas encore connu à 17 heures.
— Laurent Berger (@CfdtBerger) May 1, 2023Plusieurs incidents, un policier serait grièvement brûléDes affrontements et des dégradations se sont produits en tête du cortège du 1er-Mai, avec notamment des jets de projectiles contre les forces de l'ordre et des vitrines caillassées, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Les premiers incidents ont eu lieu dès le départ de la manifestation intersyndicale vers 14 h 15 de la place de la République, sous une forte pluie.
De gros pétards ainsi que des projectiles ont été lancés sur les forces de l'ordre depuis le pré-cortège, composé de plusieurs centaines de manifestants vêtus de noir.
— Mediavenir (@Mediavenir) May 1, 2023Un policier a été atteint par un cocktail Molotov et "souffre de brûlures supposées graves", a indiqué la préfecture de police (PP) de Paris. L'évaluation de ses brûlures, au visage et aux mains, est "en cours", a précisé à l'AFP une source policière.
Plusieurs commerces sur le parcours ont vu leurs vitrines caillassées, notamment des agences bancaires et immobilières, un magasin de photocopies, ainsi que du mobilier urbain.
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a dénoncé sur Twitter la présence à Paris, mais aussi Lyon et Nantes, de "casseurs extrêmement violents venus avec un objectif: tuer du flic et s'en prendre aux biens des autres".
Et maintenant ?Ce 1er mai intervient après la validation de l'essentiel du texte par le Conseil constitutionnel et sa promulgation dans la foulée.
Les syndicats tournent leurs regards vers deux nouvelles dates : le 3 mai, lorsque les "Sages" se prononceront sur une deuxième demande de référendum d'initiative partagée (RIP), et le 8 juin, lorsqu'une proposition de loi du groupe des députés Liot abrogeant la réforme sera au menu de l'Assemblée.
Présente dans les cortèges, la gauche politique encourage aussi les manifestants à "continuer". "La lutte continue jusqu'au retrait. N'écoutez pas la voix mièvre et chevrotante de la résignation, de la capitulation", a tonné Jean-Luc Mélenchon (LFI).
"Ni les Françaises et les Français ni les syndicats ni les partis politiques progressistes ne sont prêts à tourner la page", a renchéri Marine Tondelier (EELV).
— Marine Tondelier (@marinetondelier) May 1, 2023Si la colère reste vive, au gouvernement, certains veulent croire "qu'on a passé le plus gros en termes de contestation".
S. B. avec AFP
