Ces jeunes engagés formés à la caserne de Marat sont les pompiers de demain
Comme chaque samedi d’entraînement en début d’après-midi, la vingtaine de jeunes sapeurs-pompiers (JSP) et leurs sept formateurs ont plaisir à se retrouver à la caserne de Marat. Les jeunes, recrutés à 13 ou 14 ans, ont leurs petites habitudes. Un bref passage au vestiaire et les voilà rapidement en tenue et en ordre resserré pour procéder à l’appel.
Pompiers volontaires en devenirCette année, ils sont répartis en trois groupes de niveau : JSP 1, JSP 2 et JSP 4, soit leur nombre d’années de formation. « L’objectif, c’est de les former pour qu’ils deviennent pompiers volontaires. Pour cela, il faut avoir 16 ans révolus. La formation initiale pour être pompier volontaire est d’un mois. Eux, ils auront une première expérience de quatre ans », explique Quentin Laumond, capitaine de la compagnie des pompiers d’Ambert.
Chaque journée chez les JSP de Marat débute par une évaluation des connaissances. © Thomas Loret
Les journées d’entraînement commencent par une évaluation écrite. « Ça permet de voir ce qui leur manque et d’aller le rechercher dans les cours. L’objectif, c'est de maintenir leur niveau de connaissance », précise Alban Mathias, adjudant-chef responsable des JSP de Marat. Puis, la journée se poursuit avec les cours théoriques, pour acquérir les savoirs indispensables pour être efficace sur le terrain : comment réagit un feu?? Comment fonctionne le matériel incendie?? Mais aussi quelques règles administratives.
Les JSP doivent connaître les différents types de lances d’incendie. © Thomas Loret
Les jeunes à la manœuvreVient ensuite la pratique, avec les différentes manœuvres. Les JSP 1 se réunissent dans le garage de la caserne. Plusieurs modèles de lances à incendie sont répartis sur une table. Les jeunes devront savoir les décrire, connaître leur diamètre, ainsi que la longueur de jet. Ils doivent aussi maîtriser leur utilisation, de leur branchement au camion à leur alimentation, mais aussi leur rangement.
Les JSP 2 de Marat s'entraînent à s'équiper en appareil respiratoire isolant (ARI). © Thomas Loret
De leur côté, les JSP 2 s’entraînent à s’équiper de leur appareil respiratoire isolant (ARI). Cette tenue protège les soldats du feu des particules nocives générées par les incendies. Noah et Matéo se lancent en premier. Il suffit de quelques minutes au binôme pour enfiler leur veste de feu, cagoule, casque, masque et bouteille d’oxygène.
Les JSP de Marat doivent savoir déployer une échelle dite « à main ». © Thomas Loret
Les exercices se poursuivent avec le déploiement d’une échelle dite « à main », le long d’une fenêtre, au premier étage de la caserne. Là encore, la manœuvre se fait en binôme. Les deux garçons s’assurent de la bonne inclinaison de l’échelle. Puis l’un d’eux gravit les échelons, tandis que l’autre tient la base pour sécuriser son ascension.
Un engagement très soutenuChaque geste devra être maîtrisé en vue des examens de fin de cycle. Les manœuvres terminées, la journée se clôture par une heure d’exercices physiques, suivi du nettoyage des locaux, avant un temps de convivialité autour d’une collation bien méritée.
Au-delà de l’acquisition de connaissances et de compétences, les JSP permettent aussi d’acquérir un certain savoir-être (respect de la hiérarchie, entraide ou encore autodiscipline). « Cela permet aussi à chacun de s’affirmer. Au début, ils sont un peu timides, quand ils repartent, ils ont plus confiance en eux », se réjouit l’adjudant-chef Alban Mathias.
Les JSP de Marat sont un véritable engagement pour les jeunes et leurs familles. © Thomas Loret
Ces jeunes marquent aussi par leur implication et leur rigueur. « C’est très soutenu. C’est un vrai engagement pour eux et pour leurs familles qui les emmènent et reviennent les chercher », poursuit le capitaine Laumond. Comme pour les pompiers plus expérimentés, les JSP ont besoin du soutien de leur famille pour que cela fonctionne. Et à en croire chacun d’entre eux, les parents ne manquent pas de les encourager dans cette voie.
Thomas Loret
Je connais bien l’univers des pompiers. Mes parents étant pompiers tous les deux, j’avais déjà eu l’occasion de voir le fonctionnement d’une caserne. En revanche, ils ne m’ont pas poussé là-dedans. C’est moi qui ai eu envie d’essayer et ça m’a plu. Des deux premières années de JSP, je retiens le travail d’équipe. On est tous soudés. Il faut être altruiste et avoir envie d’aider les gens. Plus tard, je pense que j’aurai un travail et je serai pompier volontaire à côté.
Matéo Debouillon, 14 ans, de Lempdes, en JSP 2
J’ai entendu parler des JSP par un ami de la famille. Je suis passionné par l’univers des pompiers depuis tout petit. Je veux être professionnel et cette formation m’a conforté dans mon choix. On forme une très bonne équipe. J’aime beaucoup les manœuvres type binôme d’alimentation et ARI. J’ai hâte de participer à de vraies interventions. C’est un métier qui fait envie, car nous sommes sur le terrain et pas dans un bureau.
RecrutementLe recrutement pour intégrer les JSP 1 est en cours. Vous avez 13 ou 14 ans et êtes intéressé, contactez l’adjudant-chef Mathias au 06.60.08.98.60
