Comment va se dérouler le deuxième exercice de budget participatif à Saint-Flour ?
La Ville de Saint-Flour persiste et signe. L’an dernier, elle était la première commune du Cantal à se lancer dans l’exercice du budget participatif. « Ce premier jet était sympa, analyse Éric Bouldoires, adjoint aux finances. Il y a eu des projets, ils ont été discutés, les membres du comité de pilotage se sont investis. Il fallait donc le faire perdurer, pour augmenter son impact. » Et Annick Mallet, adjointe en charge du cadre de vie, d’ajouter que « les gens ont pu aussi se rendre compte du coût que peuvent avoir certains projets, des normes qui pèsent dessus. Et puis, l’idée était de faire participer les Sanflorains. Dans l’élaboration, dans la sélection comme dans le suivi. On a essuyé les plâtres, mais on peut se satisfaire de l’investissement qu’on a pu voir. » Cédric Chardayre, directeur du Centre social estime, lui, que « cela a aussi permis aux gens d’en apprendre sur la chose publique, de comprendre ce qui est de la compétence de la commune, et ce qui n’est pas de son ressort »
Avec plus de communicationL’expérience est donc renouvelée, en tentant de chasser les quelques scories remarquées. « On n’avait pas pu communiquer comme on le voulait, reprend Annick Mallet. Déjà, le Covid nous avait empêchés d’organiser des réunions publiques. Ensuite, il nous était difficile d’expliquer aux gens quels types de projets étaient éligibles, sans les influencer. Désormais, on a ceux de la première année pour les aider à comprendre.
Et puis, on s’est rendu compte qu’il fallait aller au contact des gens pour les sensibiliser, on le fera plus cette année. Comme on rendra possible le vote avec des bulletins papiers, en plaçant des urnes au centre social, à la mairie… parce que s’identifier sur le site internet a pu en freiner certains.
Ainsi, élus et agents sont allés au-devant de la population pour communiquer sur ce budget participatif lors des deux derniers marchés, en ville haute samedi et en ville basse mardi. Et deux réunions publiques seront organisées : le 15 mars au centre social, le lendemain au restaurant du troisième âge en ville basse, chaque fois à 18 heures.
Dans la continuitéPour le reste, le système est reconduit à l’identique, comme le comité de sélection, dont la composition, mixte entre élus et citoyens, avait été établie pour deux ans. Avec trois phases. Une de proposition des projets, « qui doivent être pour le bien commun, et non pour un intérêt personnel, et pour ça c’est bien d’en discuter avec ses voisins d’abord, précise Annick Mallet. Ils doivent aussi respecter la législation en vigueur, être proposés par des Sanflorains, sur le territoire de la commune, et dans le ressort des compétences de la municipalité. »
Avec des échangesSuivra la phase d’instruction, qui sera un peu plus longue que l’an dernier, « et qui permet de chiffrer les propositions, de vérifier leur faisabilité, mais aussi de les affiner, via des échanges entre les services de la mairie et les citoyens » explique le directeur général des services, Loïc Imbard. Puis un temps pour le vote, avant que le comité de sélection ne détermine les trois lauréats, confirmés en conseil municipal finalement.
Durant ce laps de temps, au second semestre probablement, les trois projets du premier budget participatif seront réalisés. Soit l’aménagement de la place des fils du docteur Mallet, avec une pergola, une table de pique-nique, un point d’eau et une source d’électricité. La sécurisation d’une voie piétonne entre Montplain et Fraissinet, via un traçage et la pose de panneaux. Et, de la même manière, la création d’une piste cyclable entre le château d’eau de Montplain et les Allées.
Yann Bayssat
