Quel bilan pour la station du Lioran à l'issue des vacances d'hiver ?
C’est là où se joue une grande partie du chiffre d’affaires annuel. Si la station du Lioran ne refermera ses pistes et ses remontées mécaniques que dimanche 19 mars, au soir, l’heure est au premier bilan au sortir des vacances de février, qui se sont achevées le week-end dernier. Et celui que dresse Hervé Pounau, directeur de la SAEM Super Lioran Développement, qui gère le domaine skiable, est « plutôt positif ».
250.000 journées ski et plus de 2,5 millions de passages aux remontées mécaniquesCet hiver, le Lioran a réalisé sa saison en un mois et demi, « grâce aux deux week-ends avant les congés de février et aux quatre semaines de vacances », indique le responsable, en avançant les 250.000 journées ski vendues et les plus de 2,5 millions de passages aux remontées mécaniques comptabilisés à date. Des chiffres qui devront être affinés à l’issue de la saison, mais plutôt corrects vu les conditions délicates dans lesquelles avait commencé la saison.
« C’est vraiment inespéré ; il faut remonter à l’hiver 2018-2019 pour retrouver un chiffre d’affaires similaire sur les quatre semaines de vacances. »
La douceur arrivée à Noël et le temps pluvieux de ce début d’année avaient perturbé l’activité de la station de ski cantalienne, qui avait dû fermer la quasi-totalité de ses pistes faute de neige. Seuls la prairie et son tapis étaient restés ouverts, « ce qui avait permis aux enfants de prendre leurs cours, mais les familles, elles, n’ont pas consommé de ski ». Et puis à la mi-janvier, la station a “touché” 70 cm de neige fraîche, suivi d’une vague de froid qui a permis de lancer à plein régime la production de neige de culture. « Ça nous a permis de sauver la saison, le chef des pistes me le rappelle tous les matins », plaisante Hervé Pounau.
Dans le négatif en raison de la facture énergétiqueCe qui rassure Hervé Pounau, « c’est que nous sommes capables, en un mois et demi, de faire la recette de la saison au lieu de quatre habituellement ». Mais l’inconvénient, c’est que cela ne tient pas à grand-chose. « Si on avait eu une semaine de mauvais temps pendant les vacances, c’était loupé… » Si le chiffre d’affaires devrait dépasser les 6 millions d’euros cette saison, « en retrait de 5 % par rapport à l’hiver dernier », la SAEM n’atteindra pas l’équilibre cette année, en raison du surcoût lié à la hausse des prix de l’énergie.
En 2023, la facture de la station de sports d’hiver cantalienne a triplé, en lien notamment avec sa consommation électrique ; elle est passée de 350.000 euros à près de 1 million d’euros. « Il va nous en manquer un peu », concède Hervé Pounau, qui espère que les skieurs seront encore au rendez-vous jusqu’au 19 mars, malgré les jours de pluie à venir. « Nous maintenons les installations en fonctionnement jusqu’au soir du 19 mars. » Si Prat-de-Bouc est fermé en raison du manque de neige, le secteur du plomb du Cantal, les Alpins, la Remberter, la Familiale et la Traversée ainsi que les Gardes et Massebœuf sont encore accessibles et praticables.
« Il y a encore de bonnes conditions d’enneigement. En revanche, nous allons être contraints de fermer Rombière, par mesure de précaution ; la neige commence à fondre. On espère la rouvrir pour ce week-end. »
La saison a été marquée par deux accidents graves. Le 15 février, un skieur de 38 ans, originaire de Bretagne, qui avait lourdement chuté sur le domaine skiable du Lioran, versant Prat-de-Bouc, avait été grièvement blessé au dos. Les secouristes redoutaient qu’il ne reste paraplégique. Lundi 27 février, c’est un enfant de 11 ans qui était victime d’un grave accident, en percutant un arbre alors qu’il skiait avec son père sur une piste bleue du Stade?; il a succombé à ses blessures vingt-quatre heures plus tard. Ce lundi 6 mars, à 14 heures, les remontées ont été mises à l’arrêt et le personnel de la station a observé une minute de silence à la mémoire de cet enfant. « C’est dramatique », souffle Hervé Pounau, qui, en trente ans de gestion de station, n’avait jamais été confronté à un tel drame.
Emmanuel Tremet
