En quoi le manager de centre-ville d'Ussel peut-il aider à l'installation de commerces ?
Il a quitté son Périgord pour s’occuper du commerce ussellois. Depuis le 19 décembre, Jérémy Monteil, 28 ans, est le nouveau (*) manager de centre-ville de la ville d’Ussel. Une large mission qui vise à conforter le tissu commercial existant et à attirer de nouvelles boutiques. Rencontre avec un homme « attiré par les villes moyennes où tout le monde se connaît ».
Pourquoi avoir postulé à ce poste de manager de centre-ville ?
J’ai un master en développement territorial et je suis attiré par les villes moyennes. Je suis originaire d’une d’entre elles, ce sont des villes à taille humaine, avec un bassin de population important, des gens qui se connaissent tous et cela y rend la vie agréable. J’ai trouvé l’annonce pour ce poste et j’ai tenté ma chance.
Quelles sont vos missions ?
Je suis au contact régulier avec les commerçants qui peuvent me faire remonter des difficultés en matière de sécurité, de stationnement… Dans ce cas, je transmets aux services concernés. Je m’occupe aussi du fonctionnement du dispositif Mon pass commerce, qui fonctionne bien. Je peux répondre aux questions des commerçants, intervenir s’ils ont un problème technique. Mon poste est rattaché au pôle urbanisme et aménagement de la Ville, ce qui me permet de traiter les questions liées aux locaux commerciaux.
La difficulté à trouver un local reste-t-elle l’un des freins à l’installation ?
C’est une problématique. Il y a, à Ussel, des locaux vétustes et trop petits qui ne correspondent pas à la demande des porteurs de projets et qui restent vides. Il faudrait réaliser un remembrement de ces surfaces, c’est un travail à long terme à effectuer avec les propriétaires. Cela demande du temps. Déjà, des aides incitatives existent pour que les propriétaires fassent des travaux.
Vers des boutiques à l'essai
Comment vous y prenez-vous pour attirer de nouveaux commerçants ?
Je suis là pour leur faciliter la tâche, les mettre en contact avec les propriétaires… Le système des boutiques à l’essai sur lequel travaille la Ville sera facilitateur. Cela permettra à des porteurs de projets de se lancer et de voir si l’activité est viable. Un commerce qui ouvre et qui ferme un an plus tard, ce n’est pas bon pour les commerçants voisins et pour l’image de la ville. Donc il faut accompagner, s’assurer que le projet est bien ficelé et viable avant de le lancer. Les boutiques à l’essai seront là pour cela.
Depuis quelques mois, plusieurs boutiques ont été créées et d’autres ont été reprises. C’est plutôt de bons signaux ?
Il y a du mieux et je suis optimiste. En comparaison avec certaines villes de taille identique, Ussel se défend bien. Les boutiques qui ont été reprises (comme la cave à vin Mille et une vignes et la boutique Libre accès, N.D.L.R.) sont des commerces historiques et importants pour la ville, les repreneurs ont travaillé en binôme avec leurs prédécesseurs pour bien connaître la boutique et ses clients. C’est une reprise en confiance et des bons signaux pour les commerçants qui veulent vendre leur commerce et partir à la retraite. Mon rôle est de les aider à passer la main, je peux faire le lien avec des porteurs de projets.
En quoi consistera la cure de jouvence du marché couvert d'Ussel ?
Quel est selon vous le point fort du commerce ussellois ?
Je trouve que les boutiques y sont identifiées, qu’elles vendent des produits que l’on ne trouve pas ailleurs, ce sont donc des locomotives et c’est ce qui participe à la création d’une identité au centre-ville.
Et les points à améliorer ?
Outre la difficulté de trouver des locaux adaptés, il faut continuer à attirer de nouveaux commerçants, redynamiser le centre, qu’il soit commerçant, mais aussi un lieu de vie. Pour cela, le projet de réhabilitation du marché couvert va être un moteur.
Comment le manageur de centre-ville est-il associé à ce projet ?
Je réfléchis avec les commerçants du marché à toutes les problématiques autour des emplacements et de leurs besoins en équipement. On travaille aussi avec eux pour qu’ils continuent à être visibles pendant la période du chantier. Ce marché sera une locomotive de la partie nord du centre-ville comme le seront les deux cafés (Le Paris et le Café Ventadour, N.D.L.R.) pour la rue de la Liberté. Ce marché rénové va répondre à des exigences plus contemporaines, notamment avec son espace de convivialité. Il va faire du bien au centre-ville d’Ussel.
(*) Le manager précédent, Nicolas Escourolle, a rejoint les services de Haute Corrèze communauté.
Estelle Bardelot
