Lors de l’Assemblée du Désert, le 4 septembre 2022, en début d’après-midi, se sont succédé plusieurs allocutions en lien avec le thème de la journée « Commémorer la Saint Barthélemy ». Celles-ci ont été introduites par le pasteur Krieger, président de la Fédération protestante de France. Le professeur Olivier Millet, de l’Université de la Sorbonne, a ensuite prononcé une allocution à caractère historique autour du thème de « la mémoire protestante de la Saint-Barthélemy en France : du témoignage à l’histoire nationale ». « Complexe à expliquer » et « difficile à représenter » et cela depuis les origines, « la Saint-Barthélemy est un épisode problématique de l’histoire nationale et européenne », a-t-il d’emblée prévenu son auditoire. En réalité, a souligné Olivier Millet, « ce massacre a donné lieu à des interprétations diverses, au cours des siècles, chargées d’enjeux idéologiques qui se renouvellent selon les périodes successives de notre histoire nationale ». Lui conférant également le statut de symbole ou de mythe, a-t-il poursuivi, les différentes époques y ont trouvé « le reflet de leurs préoccupations ». Pour le professeur Millet, ce n’est qu’à partir de la deuxième partie du siècle des Lumières (XVIIIe siècle) que « la Saint-Barthélemy est devenue progressivement une référence commune et partagée par la grande majorité de la communauté nationale comme symbole de la tyrannie, ou de l’intolérance, ou du fanatisme religieux… » Pour cette allocution à l’Assemblée du Désert 2022, Olivier Millet a jugé « légitime de se demander comment les protestants, en particulier les huguenots, se sont situés face à ce drame et à sa mémoire ».