Fêter une première année de mariage à 85 ans : Josette et André n'en reviennent pas d'être "si heureux" à Moulins (Allier)
Cela fait une belle année déjà que les amoureux, 85 ans chacun, sont mariés et vivent ensemble dans un T2 du foyer Sainte-Thérèse, à Moulins.
C’était le premier couple de la résidence qui se rencontrait sur place et s’installait ensuite ensemble.
Comme le résume leur amie Colette : « Croisement de cœur dans l’ascenseur, il y a un an, André et Josie se disent oui. Pour de nouveaux vents, sans peine et sans pleurs. En chœur, nous vous disons, bonnes noces de coton ! »Colette lit son texte, photo François-Xavier Gutton
Tout juste mariés, à 84 ans : Josette et André se sont dit "oui" à la mairie de Moulins (Allier)
Depuis la cérémonie orchestrée à la mairie de Moulins samedi 25 septembre 2021, Josette et André poursuivent leur petit chemin de bonheur, le sourire jusqu’aux oreilles, malgré les tracas. Le covid pour les deux, une arythmie et un genou capricieux pour madame. La perte de leur chienne Félia, renversée, et une grosse déprime pour monsieur.
Un bébé de 2 moisPetite mascotte timide et douce, la petite chienne Tina s'est fait adopter par toute la résidence, photo François-Xavier GuttonEt puis, l’arrivée de la toute petite Tina, 2 mois, mignon bichon maltais blanc. Comme si un petit bébé était arrivée chez ce jeune couple, à qui on demande si elle « fait ses nuits » et « comment elle mange ». À tel point que Tina est en passe de devenir « la mascotte de la résidence ».
Le foyer Sainte-Thérèse, qui accueille des seniors autonomes, profite depuis un an de la bonne humeur et de l’énergie communicative des jeunes amoureux, prompts à faire la fête, tant « le temps passe vite quand on est heureux » : « Mon cœur est en flamme, Au soleil couchant, Donne-moi ton âme, Dans un libre chant », fredonnent-ils en se tenant la main.
Les jeunes mariés adorent chanter et ont mis en place une chorale ouverte à tous au sein de la résidence, « Les Amis du samedi », qui devrait recommencer à répéter des chants de Noël d’ici quelques semaines.
« Cent ans ! Cent ans ! Qu’ils vivent, qu’ils nous vivent ! »Photo François-Xavier GuttonDes amis qui le leur rendent bien. En déambulateur, en béquilles, à petits pas comptés ou sous respirateur, ils ont dit « oui » pour ces noces de coton, car « ça fait du bien de sortir » et « ça fait du bien de chanter ». Champagne, cidre, jus de fruit, « boire un petit coup c’est agréable », langues de chat, gaufrettes en éventail, cigarettes russes, tarte à la fraise, mais aussi au chocolat. Le duo avait mis les petits plats dans les grands pour ce goûter d’anniversaire.Avec les salariés de la résidence, photo François-Xavier Gutton
« Cent ans ! Cent ans ! Qu’ils vivent, qu’ils nous vivent ! Cent ans, Cent ans ! Qu’ils vivent, qu’ils nous vivent ! », lance Hélène, chantant cet air traduit du Polonais (Sto Lat). Avant de poursuivre (mais sans réussir à terminer, pudique) : « Si tu touches à mon oiseau, N’oublie pas d’être gentille, Tu verras que mon oiseau, Aime bien les jolies filles… »Hélène chante en Français et en Polonais, photo François-Xavier Gutton
Paulette a enchaîné sur la Yoyette : « La Yoyette, elle est encore jeunette. Faites l’amour en attendant que la Yoyette ait les 20 ans… » Lucienne, femme enfant, a choisi une chanson moins égrillarde : « C’est un p’tit oiseau qui prit sa volée, Qui prit sa-, À la volette, Qui prit sa volée… »Josette et Lucienne, photo François-Xavier Gutton
Sacrée Colette !Et puis Colette (« mon nom de scène, c’est Coxon la Déglinguée ») s’est levée. Et malgré son respirateur, le câble sous le nez, la valise d’oxygène à ses pieds, elle a, magistrale, chanté une histoire de sa composition : « La veuve espagnole pleure son mari mort, La veuve espagnole se meurt de remords […] Sans mari, ce n’est pas marrant, On ne peut plus faire de cachotteries […] L’amant saisit l’occasion, Si tu es libre, épouse-moi. Deux mois après, la veuve s’ennuie. Comme elle a du tempérament, elle se met en quête d’un amant […] Quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a ! »
On ne s’ennuie pas à Sainte-Thérèse. Nous aussi, quand on aura 85 ans, on chantera, on bougera, on rira, malgré les béquilles, les déambulateurs, les respirateurs ou les douleurs aux genoux.Photo François-Xavier Gutton
Mathilde Duchatelle
